Mortalité néonatale : il y a urgence à agir

Mortalité néonatale

La disparition d’un être cher est un drame, celle d’un enfant qui vient de naître est encore plus insoutenable. Avec des décès parmi les nouveau-nés qui se comptent par millions chaque année dans le monde, il y a urgence à agir, et ce, sur différents plans.

Afin d’attirer l’attention sur la nécessité d’une coopération solide entre les gouvernements, les entreprises, les prestataires de soins de santé, les communautés et les familles pour donner à chaque enfant une chance de vivre, l’UNICEF vient de publier un  rapport intitulé « Pour chaque enfant, une chance de vivre : l’urgence de mettre fin à la mortalité néonatale ». De même que le rapport appelle ces intervenants à œuvrer pour la mise en place d’une couverture sanitaire universelle de manière à réduire au maximum les décès évitables parmi cette population.

Des efforts ont été déployés auparavant de manière à réduire significativement la mortalité chez les enfants âgés de 1 mois à 5 ans. Seulement chez les enfants de moins d’un mois, ces progrès sont moins palpables. En effet, 7 000 nouveau-nés meurent chaque jour, et chaque année on déplore le décès de  2,6 millions de bébés âgés de moins d’un mois. A ce chiffre effroyable, s’ajoute un million de décès d’enfants le jour même de leur naissance, et 2,6 millions d’enfants mort-nés tous les ans.

Dans l’écrasante majorité des cas, ces décès auraient pu être évités compte tenu du fait que plus de 80 % des décès de nouveau-nés sont dus à un accouchement prématuré, à des complications pendant le travail et l’accouchement et à des infections telles que les septicémies, les méningites et les pneumonies.

Le Pakistan est en tête du classement mondial des décès parmi les enfants de moins d’un mois, avec 45,6 décès pour 1 000 naissances vivantes. A un autre extrême, le Japon se distingue par un taux de mortalité néonatale de 0,9 décès pour 1000 naissances vivantes, soit le plus bas du monde.

Dans la catégorie des pays à revenu intermédiaire (tranche inférieure), la Tunisie occupe la 47ème place du classement (du taux le plus élevé au plus faible), avec un taux de  8,1 décès pour 1 000 naissances vivantes, précédée de l’Égypte classée 33ème avec un taux de  12,8 décès pour 1 000 naissances vivantes, et du Maroc classé 26ème avec un taux de  17,8 décès pour 1 000 naissances vivantes.

Le rapport n’omet pas de rappeler qu’au sein d’un même pays les disparités entre les régions sont parfois très marquées. Parallèlement à la mise en place d’un système de santé garantissant un meilleur accès aux soins, il est question d’optimiser la qualité des prestations de santé. Ces deux objectifs interdépendants ne peuvent être atteints que s’il existe une réelle volonté politique, notamment la mise en place de la couverture sanitaire universelle, qui permet d’uniformiser la qualité des soins quels que soient les revenus de l’individu.

Dans cette problématique très particulière, la question de l’autonomisation de la mère est cruciale, en agissant favorablement sur le niveau d’instruction, de participation aux processus décisionnels et d’autonomisation économique par rapport aux hommes.

Si certaines épidémies ou fléaux mondiaux ont reculé ou disparu, c’est le fait de  politiques de santé mondiales efficaces. Il n’y a donc aucune raison que les plans d’action visant à réduire la mortalité des enfants de moins d’un mois ne soient pas un succès.

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