Un million de voix pour garder le pouvoir : soleil des hyènes ou crépuscule des loups ?

gouvernement Carthage 2

Hyène, carnivore terrestre connu pour son cri ressemblant à un rire désagréable ; on dit aussi un rire jaune ; et avec ce rire là, on ne plaisante pas. Surtout, si avec un million de voix, voire un peu plus, vous arrivez par je ne sais quel passe-passe électoral et autre compromis boiteux, à défier les lois de la pesanteur, en prenant en otage onze millions d’habitants dans leur majorité d’honnêtes citoyens, en foutant en l’air leur présent, et en hypothéquant leur avenir, c’est que vous êtes vraiment très forts ; à moins que vous ne profitiez pleinement de la lâcheté, de la veulerie et du manque de courage de vos adversaires politiques, pour diviser et régner. 

Ne dit-on pas que le pouvoir appartient à ceux qui se lèvent tôt ? Vous faites tout pour faire émerger un système de gouvernement à votre solde, et le tour est joué. On appelle ça, se servir pour le bien de la communauté…chez nos islamistes maison, on a la main sur le cœur et les quatre doigts dans les yeux des concurrents en signe de ralliement. Notre rusé président aura beau y faire, rien à faire, les affaires sont les affaires, par la grâce de saint Erdogan.

A Ennahdha, on est laudateurs à souhait ; l’ambigüité et l’ambivalence sont une seconde nature ; alors, on en use et on en abuse et feu à volonté pour mieux laminer des fronts surgis de nulle part pour cas de force majeur, et qui se composent, se décomposent puis se recomposent sans que la population n’y prête vraiment attention ; un cirque en appelant un autre.

Des politiciens qui tiennent à peine le rang, et trop quelconques pour soutenir le poids. Quand à jouer du piano debout, ça, c’est une autre histoire. Marche imperturbable vers un autre accomplissement avec dans la ligne de mire deux échéances politiques qui scelleront le visage futur du pays. Pas question de rater cet autre rendez-vous avec l’histoire quitte à lâcher sur la toile la meute, cette armée des ombres pour salir, démolir et menacer de toutes les foudres tous ceux qui s’avisent de se mettre en travers d’un rêve depuis toujours caressé.

Face aux égos démesurés d’états-majors en mal d’identité, de visibilité et de crédibilité, ce sera pour les sorciers de la piété d’ici-bas et des plaisirs infinis de l’au-delà, maintenant ; et ne dites jamais jamais ! Avec un million de voix, on rafle la mise et on ramasse le pactole sans même s’abaisser. Dans la famille des hyènes, c’est ainsi, on ne dit rien, on ne lâche rien sans donner l’air d’y toucher, et on reste soudés quoi qu’il arrive. Surtout, on fait comme si on affichait un profil bas pour mieux sauter et arriver enfin au bout de ce voyage vers le futur.

Cela mérite bien quelques reniements d’autant que c’est le grand manitou de la foi expurgée de ses démons et compagnie, qui l’ont recommandé et bien dit. L’absolution comme vous le voyez, a un nom. Que notre vénérable et intarissable cheikh Mourou ou encore notre ancien garde des sceaux Noureddine Bhiri s’émeuvent et rivalisent d’indignation en apportant à l’infatigable Samia Abbou soutien indéfectible à la suite des injures dont elle a fait l’objet sur la toile et les menaces de mort qu’elles a reçues de la part d’âmes fiévreuses incontrôlables et incontrôlées, cela nous édifie sur la compassion et ses sœurs, alors que tout le monde sait à peu prés, d’où viennent les tirs croisés et les flèches empoisonnées. C’est comme si nos honorables députés versaient des larmes de crocodiles sur une âme qui est tout, sauf en peine. Je vois mal notre petit bout de femme baisser les bras devant une mort aux trousses que personne ne souhaite, même s’il devient de plus en plus clair que les apôtres de la violence verbale et physique sont de retour.

A Montplaisir, on fait mine de ne pas savoir en s’efforçant de montrer patte blanche, alors que ses enragés sont déjà lâchés ; et ce n’est pas un hasard. On ne va tout de même pas faire prendre aux Tunisiens qui en ont déjà assez comme ça, les vessies pour des lanternes. Trêve de mauvaise plaisanterie. Un éléphant réel, supposé, ou présenté comme tel, ne peut pas tromper tout le temps.

Le pachyderme pourra toujours nous dire, j’ai un million de poumons qui sont en état de mobilisation permanente pour chanter mes louanges et tout mettre en œuvre pour que le pouvoir reste à la maison. Il n’a pas tort, même si parier en politique comme ailleurs, ne veut pas dire nécessairement gagner. Bien sur, les municipales si encore une fois elles se reconfirment, peuvent donner lieu, on l’espère, à un coup d’éclat de la part des listes indépendantes qui n’auront pas été récupérées, ce sera incontestablement une bonne chose pour la démocratie et le processus transitionnel.

Chez les barbus sans barbe, on n’est pas machiavélique pour rien, et tant pis pour ce « Nous nous sommes tant aimés » mis au placard, juste le temps suffisant pour le précieux allié de circonstance de se refaire une santé et une virginité même virtuelles, même si les dés sont pipés. Sauf que dans les jeux de pouvoir tout comme dans les jeux de hasard, tout reste possible ; le meilleur comme le pire.

Tout d’abord dans «Seuils interdits » qui l’a fait connaitre au public, ensuite dans « Soleil des hyènes » qui l’a confirmé, Ridha Béhi, notre emblématique cinéaste et enfant de Kairouan nous a avertis, en abordant des thèmes qui à quelques variantes près et  plus de trois décennies plus loin, restent dans le tempo d’aujourd’hui.

Cela dit, la Tunisie parmi les cinquante pays les plus innovants dans le monde, sur une liste de quatre vingt. Je trouve cela formidable même si j’ai de la peine à le croire. Dans le top cinquante ? Comment cela a-t-il pu se produire dans un pays où l’innovation est la grande absente ?

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