Démocratie interne : quand la leçon vient de la société civile

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L’ancienne présidente de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (UTICA), Ouided Bouchamaoui, a préféré retirer sa candidature à la course à la présidence de l’UTICA. Cet acte n’annonce pas uniquement la fin de son parcours à la tête de la centrale patronale, mais il vient rappeler, aussi, que le dernier membre du quartet a quitté son organisation, tout en respectant la démocratie interne, comme les trois autres membres d’ailleurs.

Faut-t-il encore rappeler cette vérité? Jusqu’à la date du 17 janvier, il était prévu que Mme Bouchamaoui se représente aux élections du bureau exécutif de l’UTICA. Surprise: à la dernière minute, la seule femme du quartet a annoncé qu’elle se retirait de la course, la matinée même du 16ème congrès. Cet acte vient nous rappeler que le dernier membre du quartet, encore en fonction, vient de quitter l’organisation qu’il dirigeait.

Les membres du quartet, auxquels la Tunisie doit son seul prix Nobel et qui ont su faire éviter à la Tunisie un bain de sang et une guerre civile fratricide, ont su respecter les règles de la démocratie dans leur organisation et ont quitté leur mission la tête haute.

Qu’on en juge: Houcine Abbassi, l’ancien secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), ne s’est pas présenté aux élections, étant donné que le règlement intérieur de la centrale ouvrière ne le lui permettait pas. Il s’est donc contenté de présider le congrès, avant d’effectuer une passation en bonne et due forme, suite à la proclamation des résultats, dans une ambiance émouvante. Son mandat a connu la résolution d’un nombre important de dossiers compliqués, à l’instar du mécanisme 20, du mécanisme 16, des négociations sociales dans le secteur privé et d’autres dossiers.

Après avoir dirigé la Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH) de 2011 à 2016, Abdessattar Ben Moussa l’a quittée, pour céder la place au niveau président élu Jamel Msalem. Durant son mandat, la ligue a défendu bec et ongle des propositions émancipées et progressistes pour la constitution de 2014.

L’ancien bâtonnier de l’Ordre des avocats de Tunisie, Mohamed Mahfoudh, après avoir été à la tête de l’ordre pendant un seul mandat, conformément à la loi, de 2013 à 2016,  a cédé la charge à Ameur Meherzi.

Il est bel et bien clair que la démocratie est une pratique enracinée pour les quatre organisations du quartet, la preuve en est que chaque président a quitté l’organisation démocratiquement, comme il vient encore d’être démontré. Cependant, les partis politiques, qui crient à cor et à cri, pour l’application de la Démocratie sont loin de l’appliquer, même au sein de leurs propres structures.

A titre d’exemple, le parti au pouvoir, Nidaa Tounes, n’a pas encore tenu son congrès et aucune date n’a été fixée. N’est-ce pas une entorse à la plus simple des règles démocratiques? Cette situation n’épargne pas n’ont plus les partis de gauche: Hamma Hammami est encore à la tête d’un parti fondé en 1986, avec toutefois la précision que de 1986 à 2010, Hamma Hammami était le porte-parole du Parti communiste des ouvriers de Tunisie. Suite à son congrès tenu en 2011, il est élu secrétaire général. Plus que 25 ans à la tête d’un parti semble être une pratique qui n’a rien à voir avec la démocratie… Le culte de la personnalité règne encore en maître sur les partis politiques. Quant au Mouvement Ennahdha, malgré la tenue de nombreux congrès, il reste attaché à une vieillie figure fondatrice, à savoir Rached Ghannouchi.

En démocratie tout est question de pratique…

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