Le Front populaire exige l’ouverture d’une commission d’enquête

Front Populaire

La cherté de la vie, le pouvoir d’achat en baisse, l’appauvrissement de la classe moyenne, la crise économique affaiblissent le quotidien des Tunisiens. “Une réalité que l’action gouvernementale semble oublier”,  a affirmé Hamma Hammami, le porte-parole du Front populaire, lors d’une conférence de presse tenue au siège du parti.

Revenant sur les accusations du chef du gouvernement à l’égard du Front populaire, le désignant comme fomenteur des turbulences sociales nocturnes, et qui ont agité la toile depuis hier, M. Hammami a répondu. “Ce genre d’accusations n’est pas nouveau. D’ailleurs, il n’est ni le premier ni le dernier à nous avoir pointé du doigt. Les gouvernements qui se succédé depuis la révolution, du gouvernement de Mohamed Ghannouchi, en passant par  celui de Béji Caïd Essebsi, pour arriver à ceux d’Habib Essid et de Youssef Chahed n’ont cessé d’accuser le Front populaire, d’une manière radicale, d’être le vecteur de violences et de vandalisme.”

Il a également rappelé que les attaques à leur encontre remontent à des années, citant ainsi Béji Caïd Essebsi en 2011, à l’époque où il était premier ministre provisoire, Ali Laârayedh, lors des événements de Siliana, Habib Essid en 2016 et enfin, deux ans plus tard, Youssef Chahed. Et de poursuivre: “Pour ne pas montrer leur échec,  ils jettent la responsabilité sur le Front populaire. Cela ne nous a jamais fait peur, mais bien au contraire, nous continuerons à mener le combat car le parti a toujours été aux côtés des protestations pacifiques et le restera.”

Et d’ajouter: “Rappelez-vous qu’en 2014, les barons de la mafia ont poussé Nidaa Tounes et Ennahdha à gouverner. Quand Youssef Chahed prétend que les bandes mafieuses seraient en relation avec le Front populaire, il oublie que ces bandes de mafieux et cette économie parallèle l’ont aidé à se retrouver au pouvoir. Ce n’est pas moi qui l’invente, il suffit de revenir à certaines déclarations de son propre parti.”

De son côté, Mbarka Brahmi, députée du Front populaire n’a pas mâché ses mots. Elle réaffirme que les mouvements de protestation sont légitimes dans la journée, en abhorrant les actes de vandalisme. Elle précise: “Quand les gens ont faim et n’arrivent pas à subvenir au minimum de leurs besoins essentiels et quand les dirigeants du gouvernement s’attribuent des privilèges et ne sont pas à l’écoute des citoyens, il y a vraiment urgence d’agir car leur attitude laisse à désirer.”

Par ailleurs, Mohamed Jemour, vice-secrétaire général des Patriotes démocrates unifiés a estimé que le chef du gouvernement a perdu la boussole. Il déclare: “Il s’agit d’une personne très énervée, qui veut détourner la réalité du peuple tunisien. Je crois que sa déclaration a pour objectif de satisfaire le chef du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi, qui pour rappel, était le premier à pointer du doigt le Front populaire.

Il conclut: “Le Front populaire est fier de se trouver aux côtés des citoyens qui militent pacifiquement et sera toujours  en faveur de la justice sociale, d’un développement équilibré dans toutes les régions. Si Youssef Chahed nous menace, nous avons une expérience d’opposition aussi bien durant le régime de Bourguiba, que celui de Ben Ali. Et nous serons toujours fiers de continuer notre combat.”

Le Front populaire exige l’ouverture d’une commission d’enquête nationale indépendante regroupant des personnalités neutres connues pour leur indépendance et la connaissance de la situation du pays, afin de mener une enquête sur les récents événements.

 

Par

Publié le 11/01/2018 à 15:15

L'Economiste Maghrébin & L'Economiste Maghrébin by L'Economiste Maghrébin