Déchets électroniques : un problème environnemental d’un nouveau type?

déchets électroniques
Huguette Roe, Shutterstock

La technologie est parmi les facteurs qui ont le plus contribué au progrès de l’humanité. D’avancée en avancée, les performances s’améliorent avec une contrepartie dont on ne prête pas souvent attention. A mesure que l’humanité s’entoure de produits technologiques, les déchets électroniques s’accumulent, avec pour conséquence une pollution à laquelle il sera impératif de trouver une solution.

Cette pollution dommageable pour l’environnement et la santé a fait l’objet d’un rapport onusien tant la question semble préoccupante. Le rapport publié par l’Université des Nations unies (UNU), l’Union internationale des télécommunications (UIT) et l’Association internationale des déchets solides, dresse le constat d’une accumulation croissante des déchets électroniques qui s’accentue d’année en année. En effet, les pays du monde ont généré une quantité estimée à 44,7 millions de tonnes de déchets électroniques en 2016, soit l’équivalent de 6,1 kilogrammes par habitant, comparé aux 5,8 kg par habitant générés en 2014. Cette quantité est équivalente à près de 4 500 Tours Eiffel et représente une augmentation de 8% par rapport à 2014.

La quantité de déchets électroniques devrait augmenter à 52,2 millions de tonnes soit 6,8 kg par habitant, d’ici 2021. À l’échelle mondiale, et sur l’ensemble de ces déchets, seulement 8,9 millions de tonnes de déchets électroniques sont collectés et recyclés à travers le monde, ce qui correspond à 20% de tous les déchets électroniques générés. Les 80% restants font l’objet d’une mauvaise gestion. Ils sont en effet soit  incinérés, soit entreposés dans des décharges en plein air ou enfouis dans le sol.

Pourtant, les déchets électroniques regorgent de matériaux de valeur tels que l’or, l’argent, le cuivre et le platine qui pourraient être réutilisés. Ainsi ces matériaux représenteraient une valeur de 55 milliards de dollars, selon les estimations pour l’an dernier.

Les pays du monde ne sont pas sur un pied d’égalité en matière de production et de gestion des déchets électroniques. Bien qu’occupant la dernière place en termes de production totale de déchets électroniques, l’Océanie est le plus grand producteur de déchets électroniques par habitant (17,3 kg / habitant), avec seulement 6% de déchets électroniques collectés et recyclés. L’Europe est le deuxième producteur d’e-déchets par habitant avec une moyenne de 16,6 kg par habitant, et présente le taux de collecte d’e-déchets le plus élevé (35%). Les Amériques génèrent 11,6 kg par habitant et ne collectent que 17% des déchets électroniques générés, un taux comparable à celui de l’Asie (15%), qui génère moins de déchets électroniques par habitant avec un taux de 4,2 kg par habitant. L’Afrique ne produit que 1,9 kg par habitant, les informations étant peu disponibles sur les taux de collecte de ces déchets.

Si l’accumulation des composants électroniques expose à une nouvelle forme de pollution, elle pourrait constituer une nouvelle voie dans la création d’emplois relatifs à la gestion rationnelle des déchets électroniques. Il serait temps de regarder d’un œil différent ce nouveau type de déchets et investir afin de leur donner peut-être une nouvelle vie.

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