BCE: “Aucun pays n’est à même de faire face au terrorisme tout seul”

Lors de sa visite à  l’occasion des travaux  de la Conférence “One Planet Summit” à Paris, le président de la République, Béji Caïd Essebsi, est revenu sur plusieurs sujets, au cours d’une  conférence de presse conjointe avec son homologue français, Emmanuel Macron. 

Objectif : “Renforcer la coopération bilatérale des deux pays”, c’est ce qu’ont affirmé les deux Chefs d’Etat. “Il est important d’unir les efforts et de renforcer la coopération au niveau sécuritaire”, tout en précisant : “Aucun pays ne peut faire face seul au terrorisme”. “La Tunisie se trouve en première ligne face à ce phénomène”, a indiqué M. Essebsi.

Il a également ajouté que la Tunisie réitère son soutien à une sortie de crise en Libye fondée sur le consensus et le dialogue. Evoquant le classement de la Tunisie sur la liste des paradis fiscaux, M Caïd Essebsi a  fait savoir que cette décision est injuste.  Il a déclaré à ce propos:  ” L’affaire du paradis fiscal est une affaire injuste. D’ailleurs, nous sommes étonnés d’une telle décision négative en termes d’investissement, mais ce qui est fait est fait. Nous ne savons pas quel est l’objectif derrière une telle décision, la Tunisie ne mérite pas de figurer sur cette liste”.

De son côté, M. Macron a fait savoir que la France a proposé lors de la réunion d’Ecofin ( 5 décembre 2017) d’inclure une clause  de revue des engagements qui permette de revoir la liste à tout moment. Cette disposition pourrait ainsi permettre à la Tunisie de sortir de la liste sans attendre la révision annuelle, “ sous réserve de l’analyse du groupe du code de conduite de l’UE”.

La reconversion de la dette en projets

En matière de reconversion de la dette, le président Emmanuel Macron a souligné: “Nous sommes parvenus à des accords utiles pour faire avancer des projets structurants et attendus en matière de santé ( construction des hôpitaux). Ce dont je me félicite. Nous sommes ouverts pour poursuivre ce dialogue dans le champ de l’éducation supérieure sur la base de mécanismes comparables à ce niveau.  Il précise: “Notre coopération économique ne doit pas se réduire à ces mécanismes de reconversion de dette mais également à une relance de la ré-intensification économique, qui sera pour moi une occasion de le discuter le 2 février 2018 en Tunisie, en mettant l’accent sur d’autres domaines au-delà de l’éducation, tels que la  culture, le tourisme, le numérique, l’énergie et la santé.

La lutte contre le terrorisme

Le président de la République a rappelé  qu’ aucun pays n’est à l’abri du terrorisme, tout en précisant: “Contrairement à la réputation qu’on nous fait, les Tunisiens occupent le 4° rang dans le classement des pays ayant le plus grand nombre de terroristes. Et évidemment aucun pays ne saurait y faire face tout seul.  De plus, la Tunisie se trouve en première ligne de par sa position géographique. Nous souhaiterions mettre en place une stratégie commune avec tous les pays menacés de terrorisme. La Tunisie  demeure vigilante afin de pouvoir se défendre dans les meilleurs conditions”.

Abondant dans le même sens, le président Emmanuel Macron a déclaré : “Il nous faut intensifier nos échanges pour faire face à ce fléau universel sur le plan civil, militaire, judiciaire, policier afin de prévenir  toute forme de terrorisme, en ciblant tout financement à destination de terroristes”.

Le dossier palestinien

Béji Caïd Essebsi n’a pas mâché ses mots et que le dossier palestinien doit revenir sur la table des négociations. Il a déclaré: “Je pense qu’il y a une question que nous devons évoquer, c’est celle de Jérusalem, celle que nous appelons Al Qods. L’initiative qui a été prise par le président américain Trump, qui est aussi notre ami, a été une initiative en dehors de la légalité internationale”.  Et de poursuivre: “Al Qods ou Jérusalem  a un statut particulier, remontant à  1947 dans la résolution 181 du 29 novembre 1947, approuvée heureusement par les USA et l’Union Soviétique, et puis il y a eu la résolution du Conseil de sécurité qui a confirmé le statut  particulier d’Al Qods”.

“Le problème d’Al Qods ne regarde pas uniquement les Israéliens et les Palestiniens, c’est une cause assumée par l’ensemble du peuple musulman et arabe. Toute initiative de paix qui jusque-là a été pilotée par nos amis américains semble avoir fait son temps. Il faut réfléchir à d’autres solutions, assez  rapidement,  parce que la situation risque de se détériorer davantage et que la violence va prendre le pas sur la raison”.

Il conclut: “Je pense que nous sommes d’accord sur l’importance de cette question et resterons en contact pour essayer de comparer nos positions. La France, par la bouche de son président, a pris des positions que nous respectons et que nous saluons parce qu’elles vont dans le bon sens. La Tunisie réitère son amitié au peuple américain et continuera à avoir des contacts francs et objectif pour faire avancer  les choses car cette question n’a  que trop duré”.

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Publié le 12/12/2017 à 08:41

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