Youssef Chérif: « L’intérêt américain ne sera plus celui dont la Tunisie a bénéficié jusqu’en 2016 »

Après le Maroc, l’Allemagne et la France, le Chef du gouvernement Youssef Chahed effectue une visite officielle aux USA et ce du 9 au 13 juillet. Consolider la coopération tuniso-américaine,  tel est l’objectif déclaré de cette visite, faisant rappeler que depuis toujours, la Tunisie entretient une relation privilégiée avec les USA. 

D’après Youssef Chérif, expert en relations internationales, les USA sont un partenaire principal de la Tunisie dans sa transition démocratique.

Il ajoute: « Contrairement à Obama, la nouvelle Administration voit les choses sous un angle pratiquement opposé en ce sens que les priorités de l’ancienne Administration quant à la démocratie, l’universalité des droits de l’Homme et autres engagements ne sont plus celles de la nouvelle Administration. »

Et de poursuivre: « La Tunisie, qui était donc un pays suscitant la curiosité et l’intérêt des décideurs de Washington, se retrouve donc loin derrière. Il n’est pas anodin de dire que la visite du chef du gouvernement est arrivée presque six mois après l’investiture de Trump, et qu’il ne sera même pas reçu par ce dernier ni même par le Secrétaire d’Etat au Département Tillerson ».

Selon M.Cherif, les visites officielles ne sont pas nécessairement liées aux contrats économiques, les investisseurs américains n’étant pas influencés par leurs politiques.

Quant à l’Administration Trump, « ils ne voient pas de gains économiques à faire avec la Tunisie, qui est un petit pays, et qui n’est pas encore en mesure d’ouvrir les portes de l’Afrique, ni même de la Libye: donc pour l’accord de libre-échange, par exemple, je le vois mal être signé avec cette administration », a-t-il dit.

Et d’ajouter: « Par contre, c’est au niveau sécuritaire que la Tunisie peut être intéressante à la nouvelle administration. Le pays étant au centre de l’Afrique du Nord (menacée par le terrorisme et les cartels en tout genre), possède une armée qui a prouvé sa valeur et un appareil sécuritaire qui se maintient ».

Il conclut: “Par ailleurs, et contrairement aux forces armées de la région, en Tunisie il y a un contrôle démocratique et un respect des droits de l’Homme, ce qui n’est pas pour déplaire au Congrès (qui aura le dernier  mot pour accorder les financements, les baisser, laisser les aides à leur niveau actuel ou ignorer la demande de l’Administration Trump pour les coupes budgétaires proposées) ».

Avec le rang d’Allié Majeur Non-NATO des USA, la Tunisie peut donc continuer à être un véritable allié de cette administration dans sa lutte contre le terrorisme, « mais l’intérêt américain ne sera plus celui dont la Tunisie a joui jusqu’en 2016 », a-t-il rappelé. 

 

2 Commentaires

  1. Une analyse interessante de Youssef, Cherif en l’occurence. Le protocle aurait voulu que le PM Tunisien rencontre le Department state secretary. Il est interessant de noter que l’effort doit etre deploye avec le congres pour les aides.
    On peut toujours mieux faire evidemment mais il est toujours aise de critiquer….

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