Bâtiment : les professionnels tirent la sonnette d’alarme

La Fédération nationale du bâtiment relevant de l’UTICA a organisé, aujourd’hui, une conférence de presse portant sur les difficultés du secteur et les solutions pour y faire face.

Les professionnels du secteur ont tiré la sonnette d’alarme quant aux difficultés que connaissent le secteur du bâtiment et matériaux de construction, et ce, afin d’attirer l’attention des pouvoirs publics sur sa situation difficile, dans le but d’éviter qu’elle devienne plus grave et que les solutions deviennent plus douloureuses.

Aujourd’hui, la compétitivité des entreprises qui opèrent dans ce domaine est mise à rude épreuve en raison de la levée de la subvention sur la consommation d’énergie, les augmentations salariales successives, la baisse de la productivité et l’augmentation des impôts, ce qui a provoqué une baisse de l’investissement, de la compétitivité et des exportations du secteur.

Ainsi, les importations dans ce secteur ont plus que triplé ces dernières années. Ces importations ne sont pas, selon leurs dires, justifiées.

Face à cette augmentation, il y a des usines actives, par exemple dans le sanitaire en Tunisie, qui ont fait des investissements de plus de 50 millions de dinars et qui ont aujourd’hui des produits stockés d’une valeur dépassant les 100 millions de dinars.

Sachant que les industriels sont obligés d’importer des matières premières en payant des taxes alors que les importateurs des produits finis ne payent pas ces taxes. Il va sans dire qu’il s’agit, d’après les professionnels, d’une concurrence déloyale.

Face à cette situation, des efforts énormes sont déployés de la part des professionnels visant à préserver le secteur et la main-d’œuvre, ainsi qu’à améliorer les exportations.

Quant aux pouvoirs publics, ils sont appelés à rationaliser et contrôler les importations et à réviser le cahier des charges organisant les opérations d’importation, pour que la concurrence soit une concurrence à armes égales.

Ils sont appelés, également, à combattre le commerce parallèle et la contrebande pour préserver l’industrie tunisienne.

En ce qui concerne le programme du premier logement et celui des logements sociaux, les pouvoirs publics sont appelés à exiger que les produits qui seront utilisés dans ces deux programmes soient des produits de fabrication locale.

En outre, les professionnels n’ont pas manqué de souligner que le pays souffre, aujourd’hui, d’un déficit commercial énorme qui a augmenté de plus de 50% ces derniers mois.

Il souffre également de la dévaluation du dinar tunisien et d’un manque de liquidité bancaire, ainsi que d’une détérioration de tous les indicateurs économiques et financiers.

Au final, ils ont mentionné que face à la baisse de la contribution de cette industrie dans le PIB, passant de 24 à 15% actuellement, les pouvoirs publics doivent agir immédiatement, sinon des milliers de postes de travail seront détruits.

Chiffres clés du secteur du bâtiment et matériaux de construction

• 40 000 emplois directs

• 814 millions de dinars d’investissements

• 1146 millions de dinars de valeur ajoutée

• 300 millions de dinars d’exportations

1 COMMENTAIRE

  1. Où bien les formalités nécessaires à effectuer des importations sont effectuées et autorisées par des inconscients (ce que je ne crois pas) où bien elles sont sciemment effectuées pour le bénéfice d’importateurs qui graissent largement la patte de ceux qui sont aux postes clefs des circuits d’importation (ce que je crois).
    Là, si pour faire plaisir à des (petits) lobbies d’intérêts (mesquins) et à des fonctionnaires corrompus, on ruine le pays au vu et au su de tout le monde, on a la démonstration, outre l’inconscience notoire des gouvernants, du manque patriotisme, d’absence de probité, d’inexistence d’honnêteté intellectuelle de ceux qui sont aux commandes du secteur des importations et qui sont au courant de cet état de choses.

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