Le climat des affaires entre le marteau et l’enclume

 Des débats ont eu lieu aujourd’hui à Tunis, sous l’égide de l’Institut Tunisien  de la Compétitivité et des Etudes quantitatives  (ITCEQ), sur le climat des affaires  en Tunisie. Est-il favorable ou contraignant à l’investissement ? 

Reposant sur un échantillon de 1200 entreprises privées, cette enquête permet de connaître la perception des chefs d’entreprise sur les difficultés rencontrées. Pour qu’il y ait un terrain propice à un climat des affaires, il va falloir promouvoir l’investissement. L’étude a montré que l’indicateur de perception du climat des affaires a connu un recul substantiel de 2 points, soit 58.7 en 2016 contre 60.7 en 2015.

L’instabilité politique a été pointée du doigt comme étant un obstacle au développement des activités des entreprises. En chiffres,  51 % des entreprises la considèrent comme  une contrainte majeure pour le développement de leurs activités. En d’autres termes, cette instabilité a entraîné une attitude attentiste. Ainsi 39 %des entreprises ont préféré ne pas investir.

Evoquant la situation sécuritaire, près de la moitié des entreprises interrogées dénoncent le terrorisme comme étant un obstacle majeur à leur développement et 48% révèlent que la situation de la Libye nuit au climat des affaires et freine leur activité.

A propos de l’indicateur de perception relatif au climat social, il a connu une augmentation de la nuisibilité pour se situer au niveau 43.2 en 2016 contre 40. 5 en 2015.

Quant à la corruption, elle a connu une légère baisse de 5 points entre 2015-2016 passant de 58.2 à 53. Cela dit, seules 7% des entreprises déclarent que la corruption s’est relâchée par rapport à 2015, contre 56% qui estiment qu’elle s’est accentuée.

Outre  la corruption, le financement bancaire connaît lui aussi une baisse, “la plus importante” d’après l’enquête. Ce qui veut dire, que l’indicateur de perception a diminué de 8 points, soit 56.9 (2016) contre 65.5 (2015). Cette dégradation reflète les difficultés rencontrées des PME au niveau des crédits bancaires.

Et enfin au dernier volet, les procédures administratives et système judiciaire connaissent le même recul remarquable en 2016 pour descendre à 63.5 contre 68.4 ( 2015). Et dans le même contexte, les entreprises estiment que les délais de résolution des litiges commerciaux sont longs et que l’application des décisions judiciaires demeure encore difficile.

Comment expliquer  ces résultats?

Rencontré à l’issue de la conférence de presse, Heithem Zammali, sous-directeur de l’Institut Tunisien de la Compétitivité et des Etudes quantitatives, a fait savoir que la détérioration des indicateurs est expliquée par plusieurs facteurs dont le principal est celui de la corruption, suivi du financement bancaire ainsi que les procédures administratives et  le système judiciaire.

Il précise : « Ces facteurs ont des répercussions directes non seulement sur les activités des entreprises mais également sur les intentions d’investissement sur le moyen-long terme »

Et de poursuivre: « Les entreprises ayant été contraintes de verser des pots-de-vin ont connu un relâchement de 29% (2015) à 25 % (2016). Les pourcentages les plus élevés concernent  le dédouanement ».

Sur le volet de l’ALECA, M Zammali a signalé que  13% des entreprises déclarent qu’elles  sont bien informées du contenu de l’Accord de libre-échange, alors que 55% “ n’ont aucune idée du contenu”, tout en précisant: « Il va falloir  sensibiliser davantage la majeure partie d’entre elles ». 

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