Chahed rejette la proposition de création de camps de réfugiés en Tunisie

Le Chef du gouvernement, Youssef Chahed, était en visite depuis le 14 février en Allemagne.   Lors de sa rencontre  avec la Chancelière allemande, Angela Merkel, la question du rapatriement de Tunisiens n’ayant pas bénéficié du droit d’asile a été évoqué.

La thématique est devenue brûlante aussi bien du côté tunisien que celui du côté allemand. Dans son allocution, le Chef du gouvernement a fait savoir qu’il s’agit d’un  sujet très sensible. Comme il a également ajouté que le cas d’Anis Amri ne représente pas la Tunisie. Il a précisé: « Anis Amri n’était pas un terroriste quand il a quitté la Tunisie en 2011, il n’y avait aucun signe qu’il ait été radicalisé en Tunisie, il s’est plutôt radicalisé dans les prisons italiennes. Et concernant les documents d’identité, les autorités tunisiennes ont agi correctement ».

Par ailleurs, Mme Merkel a souligné:  « Nous avons discuté comment améliorer le rapatriement des personnes  pour le rendre volontaire, en offrant de l’éducation, une aide pour redémarrer », tout en signalant qu’environ 1.500 des 30.000 Tunisiens en Allemagne n’ont pas été autorisés à rester .

L’année dernière, quelque 116 demandeurs d’asile déboutés ont été renvoyés en Tunisie, a-t-elle déclaré. « Ce n’est pas suffisant. », poursuit-elle.  Reconnaissant que l’Allemagne et la Tunisie étaient à la fois des cibles pour les terroristes internationaux et «tragiquement» liées par l’attaque de Berlin, Merkel a déclaré qu’ils devaient partager des informations de sécurité.

Dans une interview au journal allemand “Bild”, Youssef Chahed a rejeté les critiques selon lesquelles la Tunisie était lente à reprendre les demandeurs d’asile échoués d’Europe, y compris le cas du terroriste Anis Amri.

Selon lui, le plus gros problème pour l’Europe, « ce sont les réfugiés qui vont de Libye en Italie », a-t-il déclaré, ajoutant que les autorités allemandes devaient fournir la bonne documentation pour pouvoir renvoyer les demandeurs d’asile en Tunisie.

A propos de l’initiative de Mme Merkel sur la création de camps de réfugiés dans le pays, le Chef du gouvernement s’y est opposé en insistant que pour stopper le flux de migrants qui arrivent en Europe depuis la Libye, il faut régler la crise libyenne. « Nous devons parler, calmement et respectueusement des possibilités qui existent dans ce domaine « , avait insisté la Chancelière.

M. Youssef Chahed a rétorqué :  » Nous n’avons pas  les capacités de créer des camps de réfugiés. Alors que si nous résolvions le dossier libyen, il y aurait moins de passeurs qui sont en train de  profiter du  chaos  qui règne en Libye à cause de l’absence d’un Etat de droit ».

Alors que la plupart des réfugiés de Syrie, déchirée par la guerre, un refuge temporaire leur a été accordé, alors que les demandeurs tunisiens, algériens  et marocains ont été déboutés. Pour la simple raison que leurs pays sont considérés stables. Rappelons que l’année dernière, le taux de réussite des demandes d’asile était de 3,5% pour les Marocains, de 2,7% pour les Algériens et de 0,8% pour les Tunisiens.

En guise de réponse,  Mme Merkel a offert plus d’aide à la Tunisie pour « obtenir plus de formation professionnelle, améliorer sa sécurité intérieure, obtenir plus d’investissements », dans le but de persuader les Tunisiens de rester dans leur pays d’origine. « Il s’agit d’un partenariat qui vise à persuader les candidats à l’émigration qu’en restant dans son pays, le climat sera de plus en plus favorable », a-t-elle expliqué.

Mais qu’en est-il sur le plan économique?  

Zied Laâdhari, ministre de  l’Industrie et du Commerce, a fait savoir que l’Allemagne soutiendra l’adhésion de la Tunisie au projet  » Compact for Africa « pour le développement de l’investissement et de l’entrepreunariat en Afrique,  lors du sommet du G20 qui se déroulera en juillet 2017.

Ce lancement intervient après la rencontre  du Chef du gouvernement avec le ministre fédéral allemand des Finances, Wolfgang Shauble.  Celui-ci a jugé  nécessaire à ce que la Tunisie intègre ce programme, qui,  à travers l’appui des institutions financières, va certainement redresser l’économie tunisienne.

Mme Merkel fera bientôt le déplacement en Tunisie, en Algérie et en Egypte pour discuter du dossier libyen.

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