Le pourquoi et le comment de la « Radio du peuple »

Ugtt radio L'Economiste Maghrébin

L’UGTT aura sa propre radio. La  centrale syndicale, qui dispose déjà d’un hebdomadaire arabophone (Ech-Chaab), sait  qu’on ne peut, à l’heure du tout communicationnel, faire l’économie d’une stratégie globale qui devra notamment diversifier les supports capables de lui permettre de s’adresser aux quelques 750 000 adhérents de cette organisation. Et même au-delà.

La principale centrale syndicale ouvrière, l’UGTT (Union Générale Tunisienne du Travail), devra lancer bientôt sa radio. L’annonce a été faite par le Secrétaire général sortant de cette organisation, Houcine Abassi, le 23 janvier 2016, à l’ouverture de son 23 ème congrès. Elle devra être financée par une partie de l’argent servi à l’UGTT (468 000 dinars) pour l’obtention du prix Nobel de la paix en 2015.

L’annonce concernant la création de cette radio, qui aura pour nom la «Radio du peuple», n’est certes pas nouvelle. Elle date d’il y a quatre ans (2012). Et rentre dans le cadre d’un vaste projet capable de revigorer la politique de communication de la centrale syndicale.

L’UGTT sait qu’elle devra être plus réactive

L’UGTT, qui dispose déjà d’un hebdomadaire arabophone (Ech-Chaab), sait  qu’on ne peut à l’heure du tout communicationnel faire l’économie d’une stratégie globale qui devra notamment diversifier les supports capables de lui permettre de s’adresser aux quelques 750 000 adhérents de cette organisation. Et même au-delà.

Au programme également, nous assure-t-on, une plateforme moderne faite d’informations et de documents syndicaux. Mais aussi une plus grande place réservée aux réseaux sociaux.

Mais il y a beaucoup plus : l’UGTT sait qu’elle devra être plus réactive dans un paysage politique de plus en plus mouvant. Et dans lequel la Centrale n’a pas, pour ainsi dire, toujours que des amis. En témoigne ce que des syndicalistes ont considéré, il y a quelques mois, comme une véritable campagne contre l’UGTT et des propos tendancieux.

Une force de frappe

La radio, on le sait, favorise une quasi instantanéité des réactions et permet de toucher une plus grande audience que la presse écrite. Outre le fait qu’elle constitue une force de frappe en matière de débat et de conviction de l’opinion. On le voit depuis la Révolution.

Un média qui va comme un gant à une institution qui a toujours joué un rôle de premier plan depuis l’indépendance- et bien avant- et qui a acquis- depuis notamment l’obtention du prix Nobel de la paix- une stature bien internationale et bien méritée.

Les 468 000 dinars seront-ils suffisants?

L’Internet semble être le bon vecteur pour entamer une bonne expérience. Le passage à la diffusion terrestre et par satellite devra, par la suite, venir renforcer les acquis.

La partie des 468 000 dinars promis au lancement de la radio seront-ils cependant suffisants? La réponse est oui. Car, cela dépendra beaucoup des ambitions de la «Radio du peuple», à la fois concernant le matériel technique (studio, émetteurs,…) et l’audience. Ainsi qu’en matière de programmation et de qualité des intervenants (journalistes et animateurs notamment). Des radios tunisiennes ont démarré avec moins que cela.

La «Radio du peuple» prendra-t-elle la forme d’une radio associative? Sans doute. La Tunisie compte déjà une dizaine de radios associatives qui sont en train d’enrichir un vécu audiovisuel qui a réellement éclaté depuis le 14 janvier 2011.

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