L’artisanat, une histoire de tradition et de passion

Tapis tunisien

 Vingt exposants ont été invités à la foire de l’artisanat qui s’est  tenu du 24 au 26 janvier dans le hall de l’Utica. Entre artisanat, bien-être, et gastronomie les exposants ont étalé tout leur savoir-faire. 

Il est 14h30 de l’après midi de mercredi, Sawssen Laajili, une jeune artisane venue de  Nabeul, créatrice de bijoux (  Amber, Jouher, les pierres semi-précieuses et Morjène) travaillait auparavant dans le secteur du tourisme il y a trois ans de cela, après une formation dans le secrétariat.  Mais la crise a frappé durement le secteur. Elle nous confie: « J’avais senti que j’allais me retrouver au chômage, car durant cette période, le tourisme était en crise. Je me suis dit qu’il fallait aller de l’avant. Et comme j’avais cette passion de créer des bijoux à partir de matériaux, autant se lancer dans cette aventure.  Et voilà que je viens d’intégrer un nouveau style, une pochette traditionnelle, un couffin original ». Elle ajoute: « Nous avons des produits uniques, haut de gamme. Mais ce qui nous manque aujourd’hui  est l’encouragement et surtout comment mettre en valeur nos produits ».

traditionPour Assia Chalweh, un autre style d’artisanat, celui du design. Cela fait des années qu’elle est designer mais concrètement, son projet a démarré il y a deux ans dans son propre local. Elle nous raconte ses débuts : »J’ai fait des études en sciences, technologie et design. Après le diplôme, je travaillais comme freelance, en créant des poufs originaux et tendance.  Je suis partie de rien avec zéro moyen et zéro crédit, j’ai commencé à travailler à la maison ».

D’où lui vient-il cet intérêt? Elle a répondu:  « Avant je voulais créer des poufs pour moi, après  la famille et des amis m’en ont demandé. Et à partir de là,  j’ai créé ma page facebook. Avec de la persévérance, j’ arrive à exporter vers les USA, le Canada, la France, l’Angleterre et la Côte d’Ivoire et  bien entendu le marché local. Avec ces créations, j’essaie de collaborer avec plusieurs métiers d’artisanat comme le traitement du cuir, le bois d’olivier. En somme, j’essaie de combiner entre les matériaux nobles et naturels, qui sont destinés à l’export. Ce qui manque aujourd’hui, comment promouvoir le e-export le e-commerce des plate-formes de B to C. Le monde change et nous nous devons de faire de même”, ajoute-t-elle. Et de poursuivre: « Nous avons un énorme potentiel, que malheureusement on ne  met pas en valeur, à savoir nos traditions et nos coutumes. Il suffit de prendre l’initiative et de ne pas se lamenter sur son sort.  Soyons optimistes. Il faut croire en ses rêves ».

Un peu plus loin dans un autre stand, Khansa Ayari, une jeune styliste-modéliste venue de Siliana. Elle est dans le domaine depuis 2001. Sa difficulté à elle  c’est comment écouler ses produits dans sa région. Elle nous confie: “ Ce genre d’événement n’existe pas à Siliana, il faut se déplacer à Tunis pour exposer. Mais pour le coût, tout est cher. Je me souviens  que pour pouvoir exposer à Maaredh laaroussa ( foire de la mariée), on nous avait demandé de payer 1800 dinars pour un stand comme celui-ci, qui est gratuit à l’UTICA, même si les visiteurs ne sont pas nombreux, probablement par manque de publicité ». 

 kaakUn autre stand expose les pâtisseries typiquement tunisiennes,  en particulier kaak de Zaghouan plus connu comme kaak nessri, la spécialité d’ Amira Jlassi de Zaghouan.  Devenue passionnée de la pâtisserie tunisienne, elle a choisi son destin, après avoir obtenu sa maîtrise en comptabilité. Elle indique: « J’aime bien la pâtisserie. L’idée c’est que je voulais travailler coûte que coûte. Face à la montée du chômage dans la région, elle a choisi une autre destination. Sa difficulté du moment: comment exporter son produit à l’étranger. « Je veux exporter, on a quelque chose d’unique, 1 kg de kaak nessri  coûte 28 dinars », souligne-t-elle. 

 

nesrineNesrine Nahdi,  une autre créatrice de bijoux, cela fait cinq ans qu’elle est artisane, après un Bac en économie gestion, elle n’a pas terminé ses études supérieures car sa passion est la création et l’imagination. Pour elle, ce qui bloque aujourd’hui c’est  la lourdeur administrative. Or pour exposer on lui demande une panoplie de papiers. « En fait,  aucune facilitation, pour avoir un crédit, il faut que je m’endette de 4000 dinars pour pouvoir acheter du matériel. Mais aussi, il y a un autre point celui de  la concurrence déloyale de certaines dans ce métier qui  essaient de faire baisser les prix à tout prix », conclut-elle.

Elles sont artisanes  et fières de l’être. Pour elles, la seule envie est  de voir leurs créations plus présentes sur le marché local et pourquoi pas à l’étranger. Mais le plus souvent, elles ne demandent qu’une chose continuer à rêver, à créer car seul le savoir-faire demeure.

 

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