Quelle stratégie énergétique de la Tunisie à l’horizon 2030 ?

Dans le cadre d’une série de rencontres pour prospecter les pistes de la relance de l’économie tunisienne, la Chambre tuniso-française de commerce et d’industrie (CTFCI) a organisé aujourd’hui à Tunis un débat sur le thème : quelle stratégie énergétique de la Tunisie à l’horizon 2030 ?

ctfci-l-economiste-maghrebin-1200x680Pour Foued Lakhoua, président de la CTFCI, l’objectif consiste à cerner une problématique d’ importance stratégique parce que les choix qui y seront opérés auront de grandes répercussions sur l’économie tunisienne. Il s’agit également d’encourager les investissements dans les énergies renouvelables et faire face à la poursuite du déclin en ressources en gaz.

Animé par Mme Héla Cheikhrouhou, Ministre de l’Energie, des Mines et des Energies Renouvelables, ce débat a été rehaussé par la présence d’un certain nombre de professionnels et d’experts du secteur.

Le secteur énergétique tunisien a été marqué ces dernières années par la baisse de production nationale des hydrocarbures à un rythme annuel d’environ 10%. La stratégie énergétique adoptée en plénière au mois de novembre dernier consiste essentiellement à reconstituer,  à l’horizon 2030, la capacité de production de la Tunisie.

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Mme Héla Cheikhrouhou

La ministre a précisé que la stratégie énergétique de la Tunisie à l’horizon 2030 s’articule sur trois axes.

Le premier axe est lié au nouveau Code des hydrocarbures. C’est pourquoi, une équipe de réflexion œuvrera à travailler sur ce volet.

Le deuxième axe est lié au rôle de l’Etat dans ce domaine comme par exemple la recherche des compétences spécialisées.

Le troisième axe consiste à faire des actions pour faire connaître les activités Oil & Gas quant à la disponibilité des ressources. Cet axe vise aussi à encourager les investisseurs dans le domaine du stockage. Dans le même contexte, la ministre a annoncé qu’une commission mixte tuniso-algérienne tiendra une réunion au cours du mois de février prochain pour examiner le renforcement de la coopération sur le futur passage du gaz. La ministre a également annoncé qu’il y aura des études spécifiques à l’instar d’une étude sur la capacité de raffinage en Tunisie et l’examen de la création d’une nouvelle raffinerie.

La ministre de l’Energie n’a pas manqué de rappeler le volet relatif au développement du secteur électrique. Elle a dans ce sens mis l’accent sur le Plan solaire, l’efficacité énergétique et le fonds de transition énergétique qui n’est pas encore opérationnel.

Evoquant la production de l’électricité à partir des énergies renouvelables, la ministre a souligné que l’objectif consiste, entre autres,  à optimiser la création de nouveaux postes d’emploi et la production de l’électricité. « La STEG aura un rôle très important dans ce domaine. En 2030, 30% de la capacité de la Tunisie seront produits à partir des énergies renouvelables. La priorité sera accordée aux initiatives créatrices d’emplois  », a précisé la ministre.

Manifestement, plusieurs lacunes et défaillances marquent aujourd’hui le secteur énergétique en Tunisie. Les professionnels et les investisseurs intervenant au débat ont soulevé des manquements liés à la fiscalité, à la réglementation, aux procédures administratives, au foncier, à la cogénération, aux tarifs de l’électricité et du gaz…

Pour certains investisseurs étrangers, la fiscalité exceptionnelle n’encourage pas les investisseurs. La réglementation est caractérisée par un manque de visibilité  et de cohérence dans les critères de choix dans les appels d’offres. Aujourd’hui, plusieurs dossiers sont encore bloqués au niveau des différentes administrations.

Les problèmes fonciers, la difficulté de raccordement au réseau de la STEG entravent encore la réalisation de certains investissements. «  Il faut raccourcir les délais », a revendiqué un investisseur français installé en Tunisie actif dans le domaine de la cogénération.

Surpris par l’augmentation des tarifs de l’électricité et du gaz, il a précisé que la loi interdit la vente de plus de 40% de l’énergie produite à partir du gaz sous forme d’électricité alors que les hausses des tarifs sont, selon lui, très élevés.

Brahim Debbach (Ennakl automobile) a, quant lui, appelé la ministre à œuvrer à améliorer la qualité des carburants (essence). « Les entreprises et les établissements pourraient donner l’exemple. La STEG, par exemple, pourrait se doter d’un parc automobile de véhicules électriques ».

En réponse aux interrogations des intervenants, Mme Héla Cheikhrouhou a précisé que ce débat n’est que le début du dialogue. S’agissant de l’augmentation des tarifs de l’électricité et du gaz, Mme Cheikhrouhou a précisé qu’elles sont en conformité avec la loi de finances 2017 et n’auront aucun impact sur les investisseurs et les investissements.

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