La guerre en Syrie : les dés sont jetés

Aux dernières informations (le 12 décembre à 19 heures), les forces gouvernementales syriennes ont récupéré 96% de la ville martyre d’Alep-Est et les terroristes se sont retranchés dans une zone ne dépassant pas les huit kilomètres carrés.

Aux dernières informations aussi, des milliers se sont rendus avec leurs armes et des centaines de cadavres jonchent les rues ou sont enterrés sous les décombres.

Les dés sont donc jetés à Alep, même si la guerre va continuer encore pour quelque temps ailleurs en Syrie. Il a fallu quatre ans pour que la deuxième ville du pays soit libérée des terroristes-marionnettes dont les fils étaient tirés principalement à partir de Ryadh, Doha, Ankara et Washington. Ces fils qui ont tenu quatre ans semblent maintenant rompus. Avec l’impossibilité pour les Saoudiens, les Qataris, les Turcs et les Américains de financer, d’armer et d’orienter leurs terroristes-marionnettes en Syrie, ceux-ci se trouvent désorientés, à court d’argent et d’armement et n’ayant plus d’autre choix que la reddition, la fuite ou la mort.

Les images de cadavres de terroristes enterrés sous les décombres ou qui jonchent les rues d’Alep, de Mossoul et de Syrte symbolisent l’effondrement dramatique du projet mis au point pour le monde arabe dès le début de ce siècle par les néoconservateurs américains sous l’appellation cynique et indécente d’ « anarchie créatrice ».

Ce projet, à la réalisation duquel se sont joints les Saoudiens, les Qataris et les Turcs, visait à détruire les régimes en place dans le monde arabe (à l’exception des monarchies pétrolières pro-occidentales) conformément aux intérêts bien compris d’Israël, même si cela nécessite la transformation de la vie de 300 millions de citoyens arabes en enfer. Et de fait, depuis le début de la concrétisation du projet de l’ « anarchie créatrice » en 2011, la vie de dizaines de millions de citoyens arabes était transformée en enfer, grâce à la complicité de l’islam politique et au recrutement de dizaines de milliers de jeunes Arabes endoctrinés et envoyés en Irak, en Syrie et en Libye après avoir été « programmés » à tuer et à se faire tuer dans des attentats-suicide.

Il faut dire que le projet américain de l’ « anarchie créatrice » a connu son premier coup dur avec la manifestation du 30 juin 2013, quand 30 millions d’Egyptiens ont manifesté au Caire et dans les grandes villes égyptiennes contre les Frères musulmans, exigeant le départ de Mohammed Morsi et de sa clique. L’enterrement du projet est en train de se poursuivre à Mossoul, à Alep, à Syrte et bientôt à Raqqa, Idlib et Deir Ezzor.

Le coup dur reçu par le projet des néoconservateurs américains le 30 juin 2013 en Egypte n’a pas découragé ses promoteurs. La Syrie deviendra alors une source de déstabilisation pour tout le monde arabe, si seulement le régime de Bachar s’effondre et Al Qaida avec ses différentes facettes s’installe à Damas. Et ce scénario cauchemardesque a failli se produire, n’eût été l’intervention décisive de la Russie dans la guerre le 30 septembre 2015.

L’entrée en force de Poutine dans l’arène syrienne à un moment où l’armée syrienne était à bout de souffle et les terroristes gagnent chaque jour du terrain a rapidement inversé le rapport de forces sur le terrain et permis à l’armée syrienne de se ressaisir et de passer à la contre-offensive récupérant peu à peu les zones, les régions et les villes perdues en 2012, 2013 et 2014. Il n’est guère étonnant dès lors que le président russe soit la personnalité la plus détestée dans les cercles du pouvoir à Washington, à Londres, à Paris, à Ryadh, à Doha et à Ankara, même si la situation désastreuse dans laquelle se trouve Erdogan l’a poussé à tendre la main à Poutine, c’est-à-dire à son pire ennemi.

Car, en dernière analyse, c’est Poutine qui a donné le coup de grâce au projet de déstabilisation à grande échelle du monde arabe. Le maintien au pouvoir de Bachar et de son régime est déterminant dans le rétablissement de la stabilité dans la région du Moyen-Orient et dans la protection de la Tunisie, de l’Algérie et du Maroc de la déferlante terroriste, heureusement en plein reflux.

Ce qui est extraordinaire, c’est que le système Obama, bien qu’il lui reste moins de six semaines au pouvoir, ne veut pas jeter complètement l’éponge et lâcher les terroristes qu’il a entretenus en Syrie et ailleurs depuis 2011. En effet, Obama a, encore une fois, regardé ailleurs quand Daech a entrepris le jeudi 8 décembre de réoccuper Palmyre huit mois après avoir été expulsé de cette ville historique.

Alors que l’aviation russe et l’armée syrienne étaient occupées à Alep, plusieurs groupes de terroristes daéchiens ont parcouru des centaines de kilomètres entassés dans leurs pick-up 4X4 sans que l’aviation américaine ne bouge. Jusqu’à la dernière minute de son interminable règne à la Maison-Blanche, le lauréat du Prix Nobel de la paix aura œuvré à nourrir la guerre, la déstabilisation et le terrorisme dans le monde arabe. Vivement le 20 janvier.

Le 20 Janvier justement Trump fera son entrée à la Maison-Blanche avec une nouvelle équipe. La bonne nouvelle est qu’il a déjà nommé au poste de Secrétaire d’Etat Rex Tillerson, le PDG d’Exxon-Mobil. En quoi c’est une bonne nouvelle ? Il est l’ami de Poutine depuis les années Eltsine et est décoré de l’Ordre de l’Amitié, une distinction que lui a accordée le président russe. Il est donc peu probable que le nouveau Secrétaire d’Etat s’emploie à mettre les bâtons dans les roues de Poutine, comme l’a fait pendant des années ce pauvre Kerry qui a failli attraper une dépression nerveuse le jour où le Congrès a voté « Non » au bombardement de Damas au moment même où Obama, Hollande et Cameron s’apprêtaient à faire subir à Bachar Al Assad le sort de Mouammar Kadhafi.

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