Sécurité hydrique : quelle stratégie?

Comment mieux sécuriser nos ressources en eau face aux changements climatiques? En plus clair,  allons-nous manquer d’eau? Quelques experts, enseignants chercheurs de la sécurité hydrique sont réunis en ce vendredi 9 décembre au colloque organisé par  le Centre tunisien pour les études de la sécurité globale (CTESG) (Tunisian Center for Global Security Studies) pour esquisser des réponses.

L’heure est désormais aux solutions pour améliorer la gestion de l’eau, car l’eau est une ressource rare. Aujourd’hui, nos demandes en eau ont doublé depuis les cinquante dernières années.

D’après Mokhtar Ben Nasr,  président du CTESG,  les réserves en eau se rapprochent du niveau limite, ce qui risque de conduire à des pénuries dans les années à venir. “Or notre potentiel en eau dépend des changements climatiques. Il va falloir se pencher sérieusement sur la question en imaginant les stratégies possibles”, affirme-t-il.

D’après lui, il y a un élément clé à utiliser comme la sensibilisation à travers  des spots publicitaires où   la société civile a un rôle très important à jouer, idem pour les politiciens, afin de garantir une vie convenable pour nos populations et pour les prochaines générations.

Bien que l’eau soit un enjeu de développement économique et de puissance, il peut être une source de conflits. D’où la question sensible du partage de l’eau d’une région à l’autre, ce qu’on appelle la “diplomatie de l’eau”, suggère M. Ben Nasr.

Il faut qu’il y ait une coopération sur le plan régional, national et avec nos pays voisins le Maroc et l’Algérie. Il va falloir penser ensemble sur la manière de gérer l’eau et  bâtir une stratégie pour garantir à l’avenir une meilleure sécurité hydrique« , souligne-t-il.

De son côté, Raoudha Gafrej, universitaire, a indiqué qu’en effet, la dotation actuelle des ressources hydriques, qui est moins de 400 m3 /per capita/an, sera davantage fragilisée par les changements climatiques si l’on comptabilise l’augmentation galopante des besoins et surtout les diminutions d’environ 28% à l’horizon 2030.

Selon Jemaïl Hajri, universitaire, il y a le revers de la médaille à prendre en considération car si la sécurité hydrique dépend essentiellement des changements climatiques ces derniers peuvent être à l’origine d’une sévère pénurie :   « En 2020, selon les experts, nous risquons une pénurie d’eau surtout avec une croissance démographique galopante. Aujourd’hui, il y a urgence de faire appel à l’éveil de la conscience pour parer à ce déficit en eau”.

En somme, la solution ne peut être qu’une stratégie globale qui implique tous les acteurs et qui considère la sécurité hydrique comme une partie de la sécurité nationale voire de la sécurité maghrébine. Faute de quoi,  la meilleure prise de décision concernant la gestion et la protection des ressources en eau sera nulle.

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