Dirigeants d’entreprise : optimisme malgré un climat d’affaires contraignant

diplomatie économique L'Economiste Maghrébin

La Chambre tuniso-française de commerce et d’industrie (CTFCI) a sondé, pour la deuxième fois consécutive en 2016, les dirigeants d’entreprise afin de recueillir leur sentiment sur l’environnement des affaires en Tunisie pour l’année 2015/2016 et sur leurs résultats attendus pour 2016 ainsi que les perspectives pour 2017. Nous évoquons les perspectives économiques pour 2017 vues par les chefs d’entreprise.

Les chefs d’entreprise expriment un sentiment mitigé au sujet des perspectives : 45,5% des dirigeants s’attendent à une amélioration contre 31,6% qui les voient moins bonnes qu’en 2016 ; alors que 20,6% pensent que les perspectives économiques ne vont pas observer des changements notables.

Perspectives économiques selon le profil de l’entreprise

  •  Analyse selon le secteur : même degré d’optimisme entre les dirigeants dans les différents secteurs quant aux perspectives économiques pour 2017.
  • Analyse selon la région : la région n’a pas d’influence significative sur le degré d’optimisme des dirigeants en ce qui concerne les perspectives économiques pour 2017.
  • Analyse selon l’implication dans une activité d’exportation : Les dirigeants d’entreprises exportatrices sont plus optimistes que ceux des entreprises locales quant aux perspectives économiques pour 2017.  Quant aux entreprises partiellement exportatrices, 54,5% de leurs dirigeants pensent que les perspectives économiques pour 2017 vont être meilleures qu’en 2016.
  • Analyse selon la taille de l’entreprise : la taille de l’entreprise n’a pas d’incidence significative sur le degré d’optimisme de son dirigeant par rapport aux perspectives économiques pour 2017.
  • Analyse selon la nationalité de l’entreprise : Les dirigeants des sociétés françaises ou à participation française (53,3% d’entre elles) sont plus optimistes que les sociétés tunisiennes (43,4%) quant aux perspectives économiques pour 2017. Ce chiffre est de 50,0% pour les entreprises tunisiennes à participation française.

Le climat politique et législatif 

52,0% des dirigeants pensent que le programme présenté par le gouvernement d’Union nationale n’est pas convaincant contre 33,9% qui le trouvent convaincant. Toutefois, ils sont 46,8% à penser que ce programme est réalisable contre 38.2% qui pensent que ce programme n’est pas réalisable. 51,6% des entreprises pensent que l’adoption récente par l’ARP du nouveau Code sur l’investissement est une condition suffisante pour donner plus de visibilité aux hommes d’affaires et mettre fin à l’attentisme. Toujours est-il que 33,5% des répondants pensent que l’adoption de ce nouveau code ne va pas produire d’effets notables.

De plus, selon 87.4% des dirigeants des entreprises de l’échantillon, la tenue à Tunis de la conférence internationale sur l’investissement va redonner un bon signal aux opérateurs. Seuls 3,9% des répondants pensent que ladite conférence n’aura aucun effet. 80,3 % d’entre eux considèrent que la lutte contre la bureaucratie est la priorité des priorités.

L’action syndicale

71,6% des dirigeants pensent que l’action des structures syndicales au sein de l’entreprise est un facteur de dialogue. Ils sont 59,6% à penser qu’il s’agit d’un facteur de tension et 43,9% à penser qu’il s’agit d’un facteur de blocage du processus de production.

D’un point de vue externe aux entreprises, le climat des affaires se caractérise par des contraintes conjoncturelles ; principalement l’insécurité et l’instabilité politique et d’autres plus structurelles se rapportant à la corruption et à la lourdeur des procédures administratives. Il s’agit des mêmes contraintes qui sont ressorties en mars 2016, signalées par le baromètre sur la conjoncture. Néanmoins, les infrastructures sont globalement satisfaisantes en Tunisie et le coût de la main-d’œuvre reste un facteur compétitif.

D’un point de vue interne aux entreprises, certes 51,2% des entreprises pensent avoir des résultats bénéficiaires en 2017 mais environ 1 entreprise sur 4 pense avoir un résultat déficitaire. Les tensions sociales, notamment les grèves peuvent affaiblir davantage les entreprises.

Toutefois, les dirigeants sont optimistes quant aux perspectives futures : 50,9% s’attendent à une augmentation de leur chiffre d’affaires en 2017.

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