La piteuse fin de Sarkozy

Dimanche 20 novembre 2016, une date que Nicolas Sarkozy n’oubliera pas de sitôt. C’est très probablement la journée la plus noire de sa vie. Avec un égo surdimentionné et une confiance excessive en soi, l’ancien président, qui se prenait déjà pour le futur président, s’était  présenté aux primaires de la droite avec l’assurance de ne faire qu’une bouchée de ses deux concurrents, François Fillon et Alain Juppé.

Les millions d’électeurs de ces primaires de la droite française ont une idée différente de celle que se faisait Sarkozy de lui-même et lui ont par conséquent infligé une défaite humiliante qu’il ruminera tout au long de sa triste retraite.

Il faut dire que le type ne manque pas de culot. Avec toutes les casseroles au bruit assourdissant et aux odeurs nauséabondes  qu’il traîne derrière lui, Sarkozy, jusqu’à cette journée fatale du 20 novembre, pensait très sérieusement redevenir président de la république en 2017, après avoir échoué à se faire réélire en 2012.

Il avait réussi à se faire élire en 2007 grâce entre autres à l’argent libyen qui lui était envoyé par Kadhafi. Trois valises contenant 5 millions d’euros étaient remises à Sarkozy quand il était ministre de l’Intérieur et se préparait à s’engager dans la campagne présidentielle. Cet argent fut remis à l’intéressé par le Franco-Libanais, Ziad Takieddine dont le témoignage peut être consulté sur Youtube (https://www.youtube.com/watch?v=WmvSyRGVTew)

Deux jours seulement après la divulgation de l’affaire des valises de l’argent libyen, l’ancien ministre du Pétrole de Kadhafi, Chokri Ghanem, était découvert noyé dans le Danube. La justice française a pu mettre la main sur le carnet de cet ancien ministre, qui rend compte de réunions et de versements en faveur de l’ex-président français…

Revenons maintenant au mois de septembre dernier. Le Parlement britannique avait alors rendu public le rapport d’une commission qui accuse directement David Cameron d’avoir agi en amateur dans la guerre en Libye. Mais c’est Nicolas Sarkozy qui nous intéresse ici. D’après le rapport britannique, l’ancien président français a joué un rôle déterminant dans la guerre contre la Libye. Pourquoi ? Parce que, toujours selon le rapport britannique, il voulait à travers cette guerre «augmenter l’influence française en Afrique du Nord et au passage améliorer sa popularité».

Cette explication est un peu tirée par les cheveux. La France est suffisamment présente et influente en Afrique bien avant la naissance même de Sarkozy. Quant à l’amélioration de la popularité, on ne voit vraiment pas comment Sarkozy pouvait améliorer sa popularité en détruisant le régime de l’homme qu’il avait reçu en grande pompe à Paris en décembre 2007, et à qui il avait même permis de dresser sa tente et d’attacher sa chamelle dans le parc de la résidence officielle de l’Hôtel Marigny…

En fait, la raison principale qui avait poussé Sarkozy dans la guerre destructrice contre le régime libyen, c’est de voir disparaître son bienfaiteur de la surface de la terre. Car tant que Kadhafi est en vie, Sarkozy ne pourra se défaire de l’idée, certainement trop pesante pour son ego gonflé, que s’il était devenu président, c’est aussi grâce à la générosité de Kadhafi. Et puis tant que son bienfaiteur est en vie, il vivra lui Sarkozy dans la hantise de voir un jour les secrets relatifs aux valises bourrées d’argent liquide et circulant entre les aéroports de Syrte et du Bourget rendus publics à tout moment. D’où l’idée extrêmement tentante de l’ancien président d’enterrer ces secrets trop compromettants sous les décombres du régime libyen.

Evidemment, le motif avancé par Sarkozy pour s’engager dans la guerre contre son bienfaiteur était trop honnête, trop généreux et trop humaniste : « Sauver le peuple libyen du génocide que Kadhafi se préparait à commettre »…

Près de six ans après, l’incendie allumé par Sarkozy avec la complicité de son ami britannique David Cameron et son amie américaine Hillary Clinton consume toujours la Libye, son peuple et ses richesses. Le désastre accompli par Sarkozy ne s’est pas limité au territoire libyen. N’eût été la vigilance des forces armées et de sécurité tunisiennes, le feu se serait propagé en Tunisie.

Alors que la guerre destructrice bat toujours son plein en Libye six ans après son déclenchement, Sarkozy, comme si de rien n’était, se présenta pour un autre mandat présidentiel. Dans son for intérieur il a dû sûrement être encouragé par l’exemple de George W. Bush. Cet autre président-catastrophe n’a-t-il pas été réélu en novembre 2004, bien qu’il engageât son pays dans une guerre désastreuse sur la base d’un mensonge en mars 2003?

Les Français se sont avérés plus intelligents que les Américains. Ils ont barré la route du palais de l’Elysée à celui qui l’avait habité de mai 2007 à mai 2012, mais qui était sans aucun doute le moins compétent et le moins honnête des locataires.

Cachant mal son désespoir de s’être fait battre par son ancien Premier ministre François Fillon et son rival André Juppé, Sarkozy a tout de même eu la force de remercier ses partisans et de les informer qu’il partira à la retraite « avec plus de passions privées et moins de passions publiques ».

Pour se consoler, il pourra suivre avec beaucoup de « passion privée » son « œuvre » à travers les journaux télévisés où la Libye est toujours à feu et à sang. Il pourra se consoler aussi en pensant aux autres défaites humiliantes de ses compères du désastre libyen, David Cameron et Hillary Clinton.

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