Télévisions tunisiennes : Comment être chroniqueur ?

Certains de nos chroniqueurs, qu’il est impossible de rater. D’autant plus que leur poids est somme toute important dans les grilles. Du fait que les programmes qu’ils animent sont, entre autres,  diffusés et rediffusés. Et qu’ils sont programmés en Access prime time (entre 18 heures et 20 heures) et en prime-time (après 20 heures).

Ils ? Ce sont les programmes dits de débats (talk programmes) qui constitueraient- selon notre estimation –  jusqu’à 15 à 20% des offres de nos chaînes. Des programmes faits d’émissions centrées sur l’actualité, mais aussi débattant de thématiques diverses et épousant des formes différentes.

Trois remarques peuvent être faites concernant les chroniqueurs de nos chaînes nationales. Et notamment concernant la foule de chroniqueurs que ces chaînes emploient.

Des chroniqueurs « tout terrain »

La première, et sans doute la plus importante, est que ces derniers savent en général parler de tout. Qu’il s’agisse  de faits politiques, sociaux ou culturels –et quelquefois économiques et juridiques-,  nos chroniqueurs ont toujours un regard et souvent un avis et un avis d’expert !

Evidemment –et faut-il le rappeler ? – cela n’est pas toujours le cas dans les chaînes de télévision occidentales et mêmes du monde arabe. Ces chaînes font intervenir les compétences idoines. A chaque chroniqueur en effet son domaine d’intervention. Qui l’actualité politique, qui les  faits juridiques, qui les questions de société,…

Une question qui mérite d’autant plus d’être posée –et c’est là la seconde remarque- que certains de nos chroniqueurs sont « tout terrain ». Ils interviennent dans bien des médias : à la télévision, mais aussi à la radio  et dans la presse écrite et électronique.

Une impression de déjà-vu, lu et entendu

Rien de plus normal, sommes-nous tentés de dire, s’ils arrivent à se renouveler. Or, ce n’est pas toujours le cas. Nos chroniqueurs colportent, en effet, les mêmes idées d’un média à un autre. Ce qui donne une impression de déjà-vu, lu et entendu.

Le fait que certains interviennent dans plus d’un média ne leur permet sans doute pas de bien soigner leur prestation. Et il est à se demander, quelquefois,  si les informations, analyses ou encore commentaires qu’ils donnent ne peuvent être apportés par un non spécialiste.

Troisième et dernière remarque :  certains participent souvent de la cacophonie qui s’installe  à certains moments dans les plateaux. Ils haussent le ton, criant et s’agitant dans leurs interventions au même titre que les invités présents et les acteurs des événements qu’ils commentent ou analysent.

Communicateurs, ils ne peuvent ignorer que la télévision est un « média froid » qui « privilégie la forme et l’apparence des personnalités ». La thèse est largement connue et s’est imposée depuis que le sociologue canadien Marshall McLuhan l’a popularisée dans son « Pour comprendre les médias » (Edition Mame/Seuil, collection Points, 1968). En mettant en exergue l’exemple de la supériorité acquise par le candidat à l’élection présidentielle américaine, John Kennedy sur un autre candidat, Richard Nixon, dans un débat resté dans la mémoire de plus d’un. Le débat du 26 septembre 1960.

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