« La France continuera d’être mobilisée aux côtés de la Tunisie »

C’était le 5 septembre à la Résidence de France à  Tunis : le discours de départ de l’ambassadeur de France, M. François Gouyette. Le nouvel Ambassadeur de France, M. Olivier Poivre, prendra ses fonctions le 11 septembre, à l’aube d’une nouvelle période.

François Gouyette a pris ses fonctions à la veille de l’attaque contre l’ambassade américaine, en septembre 2012, début d’une longue période émaillée de violences, à travers notamment les assassinats politiques de l’année 2013. Ce climat tendu aura profondément   marqué la  première partie de son séjour. La menace terroriste aura également lourdement éprouvé la Tunisie et la France au cours de l’année 2015, ainsi qu’en 2016, lors d’attentats effroyables. Extraits du discours de M. François Gouyette :

« Les intérêts, les peuples et les destins de nos pays sont durablement et intimement liés, et où les visites et les échanges bilatéraux  sont si nombreux.

A l’inverse, le lancement du dialogue national est sans doute l’un des souvenirs les plus heureux de mon passage en Tunisie. Une sortie de crise se dessinait enfin, un mécanisme de dialogue tuniso-tunisien se mettait en place, sans aucune médiation internationale, et nous reprenions espoir dans le processus de transition ! Ma joie fut grande lorsque le comité Nobel décida d’en récompenser les principaux acteurs : ce prix Nobel de la paix 2015 a rappelé à chacun des diplomates déjà en poste en Tunisie en 2013 combien le soulagement fut grand pour tous à cette époque, comme l’admiration que nous éprouvions alors pour nos amis tunisiens. Je me suis senti, enfin, particulièrement chanceux d’avoir pu assister à l’adoption de la nouvelle Constitution, à la tenue des premières élections libres et démocratiques du pays, à l’instauration de la deuxième République tunisienne.

Le chemin parcouru  est immense, mais les défis qu’il reste à relever le sont tout autant : il s’agit désormais de satisfaire les attentes économiques et sociales qui se sont exprimées en 2010 et 2011, de parachever la démocratie et l’Etat de droit, de redresser l’économie et de créer des dynamiques de développement plus égalitaires, de lutter pour la sécurité dans l’environnement régional difficile. Je souhaite, à cet égard, plein succès au nouveau gouvernement de M. Chahed.

La France continuera d’être mobilisée aux côtés de la Tunisie, notamment pour l’accompagner dans les grands rendez-vous de la rentrée. A commencer par la conférence internationale des bailleurs et des investisseurs « Tunisia 2020 », qui se tiendra à Tunis fin novembre et dont la France souhaite l’entière réussite.

[…] Dans tous les domaines, nous avons œuvré, ensemble, pour approfondir et dynamiser la coopération entre la France et la Tunisie, que ce soit la coopération de défense et de sécurité, l’aide publique au développement ou encore la mobilisation de nos entreprises françaises pour qu’elles puissent apporter leur contribution à la reprise de la croissance et à la création d’emplois en Tunisie. Nous n’avons cessé de marquer notre pleine disponibilité auprès de nos partenaires tunisiens pour leur fournir notre aide et notre expertise dans la consolidation de l’Etat de droit et  le parachèvement de l’architecture institutionnelle et l’organisation administrative du pays. Nous avons aussi su maintenir à un haut niveau d’ambition nos échanges culturels, artistiques, scientifiques et universitaires.

Je suis fier des avancées accomplies et des résultats obtenus dans tous ces secteurs, dont nous avons été, collectivement, les artisans.

A la veille de notre départ vers de nouveaux horizons, c’est donc avec un pincement au coeur que mon épouse et moi-même quittons un pays que nous avons tant aimé ; c’est aussi  avec la satisfaction que nous procure tout ce qui a été accompli durant ces quatre dernières  années ; et c’est enfin avec beaucoup d’espoir et de confiance en l’avenir de la Tunisie et en celui de la relation bilatérale.

Je lui souhaite le meilleur et je sais que je laisse la relation bilatérale franco-tunisienne entre de bonnes mains. Je sais qu’il a pleinement conscience de l’enjeu que représente, pour notre pays, pour la région et pour l’Europe, la pleine réussite de la Tunisie.

Vive la France, vive la Tunisie, vive l’amitié franco-tunisienne ».

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