Tunisie – Europe : une histoire de 40 ans

Aleca Tunisie UE L'Economiste Maghrébin

Quarante ans de partenariat entre la Tunisie et l’Europe ressemblent de plus en plus à un âge de réflexion sinon de maturité. Pourtant, aujourd’hui on parle de projection vers le futur. Les relations entre la rive sud et la rive nord de la Méditerranée sont des relations historiques, tissées sur la base de liens solides.

La troisième journée de conférence dédiée au thème «Le positionnement de l’économie tunisienne dans son environnement régional et euro-méditerranéen», dans le cadre des Journées de l’Europe, a permis le partage de point de vue d’experts européens et tunisiens. C’est dans ce contexte que le débat a eu lieu au palais des congrès, à Tunis.

Peut-on parler de choix d’intégration de l’économie tunisienne dans cette zone qu’on appelle euro-méditerranéenne.

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Présente lors de ce panel, Patricia Augier, présidente du Comité scientifique du réseau Femise, économiste à l’Institut de la Méditerranée, met l’accent sur l’intérêt que représente l’ALECA (Accord de libre échange complet et approfondi) en Tunisie.

Union europeenne Tunisie L'Economiste Maghrébin

Il s’agit d’une question cruciale. Pour Mme Augier, il s’agit avant tout de compléter et d’approfondir la zone de libre échange (1995) avec des produits à forte valeur ajoutée.

Par ailleurs, M. Mosbah, ministre conseiller chargé des questions économiques à la présidence du gouvernement voit l’ALECA comme un accord ambitieux qui servira à renforcer la compétition et la compétitivité; ce qui permettrait en l’occurrence d’améliorer l’économie du pays en crise.

Comment mieux positionner les produits tunisiens sur le marché européen ? Telle est l’autre piste de réflexion d’un grand nombre d’experts présents. Quels sont les secteurs concernés?

Marie-Alexandra Veilleux, chef du bureau de la Banque européenne de reconstruction et développement (BERD) en Tunisie a donné l’exemple de la filière de l’huile d’olive et ce qu’il faut faire pour valoriser sa production.

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Elle déclare: «On a commencé une première opération qui s’est renouvelée l’année dernière avec le groupe espagnol Borges, le leader en termes d’exportation d’huile d’olive. Ce dernier est présent depuis 20 ans en Tunisie, s’est associé avec un groupe tunisien, a stabilisé sa base d’approvisionnement en huile d’olive. Et d’ailleurs, ils nous ont demandé de les accompagner en fonds de roulement».

Elle ajoute : «Encore une fois un groupe européen qui continue ses activités en Tunisie, mais aussi qui nous a permis avec cet engagement de lancer un dialogue politique. Avec le FAO, on a fait un diagnostic de la production de l’huile d’olive. Cela dit, l’objectif c’est de réfléchir sur l’avenir de la filière l’huile d’olive en Tunisie, sur la montée en gamme et comment créer le Made in Tunisia embouteillée à l’export. J’ai cité l’exemple de Borges, ce  leader espagnol de l’huile, mais l’huile d’olive est vendue comme étant un label espagnol et non un label tunisien. C’est un vrai problème du secteur de l’huile d’olive, on espère à travers le dialogue politique que l’huile d’olive tunisienne devienne un produit du terroir, de niche, exportée comme telle en Europe, en Amérique du Nord.»

Laura Baeza UE Tunisie L'Economiste Maghrébin

Le mot de clôture a été prononcé par l’Ambassadeur de l’Union européenne en Tunisie, Laura Baeza, qui a voulu faire passer trois messages : «Dans nos relations avec les partenaires, comme les Etats membres, nous ne devons pas confondre la fin et les moyens. Il faut regarder l’horizon, à savoir la paix civile et les biens communs. Or nous avons aujourd’hui dans la société des jeunes qui, en apparence, ont tout pour être heureux et qui s’engagent dans des aventures mortifères. Nous devons réfléchir à cette question, quel idéal, quelle réponse apporter aux jeunes. Mon deuxième message, c’est d’insister sur la culture et l’éducation, pour que les jeunes d’aujourd’hui soient les adultes de demain épanouis et responsables, capables d’apporter à la société et de contribuer à la solidarité entre les générations. Sans éducation, et sans éducation des femmes en particulier, les sociétés courent le risque d’être déséquilibrées et de grandir de manière désordonnée».

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Une société harmonieuse nécessite la participation de tous à faire des choix personnels, a-t-elle dit, en poursuivant : « Nous croyons fermement que l’éducation, l’égalité homme-femme sont les conditions du succès dans le monde de demain. Croire en la capacité humaine de la volonté humaine à faire changer les choses. Comme disait Hegel : Rien de grand ne s’est  accompli dans le monde sans passion. L’Union européenne est présente ici parce qu’elle croit que les conseils que nous apportons à notre amie, notre alliée la Tunisie, nous permettront de progresser ensemble autour d’une Méditerranée qui doit être réconciliée avec elle-même, sur un pied d’égalité entre le Nord et le Sud. Telle est ma conviction et le sens du combat que j’ai toujours mené.»

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