CRES – BAD : 1092.000 travailleurs informels en Tunisie en 2015

Informel

L’emploi informel prend le dessus et sa propagation est un phénomène de taille. Tel est, entre autres, l’un des résultats de l’étude intitulée : « Protection sociale et économie informelle en Tunisie : défi de la transition vers l’économie formelle en Tunisie  »,  élaborée par le Centre de Recherches et d’Etudes Sociales (CRES) et la Banque Africaine de Développement (BAD).

L’étude présentée lors d’un séminaire, tenu aujourd’hui 23 mai à Tunis, sous l’égide du ministère des Affaires sociales, donne un éclairage sur les relations étroites entre l’économie informelle et la protection sociale, ainsi que sur les défis qui se posent concernant la transition vers l’économie formelle.

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Nidhal Ben Cheikh, directeur des recherches au sein du Centre de recherches et d’études sociales (CRES) a pris soin de présenter les résultats de l’étude. D’après l’économiste, le rapport est une tentative pour comprendre l’univers de l’économie informelle : « D’habitude les normes internationales définissent l’économie informelle notamment quand les individus ne paient pas de cotisations pour la sécurité sociale ».

Il a rappelé que pendant les derniers mois, plusieurs chiffres ont été avancés sur le pourcentage de l’économie informelle. Ainsi le rapport avance que l’emploi informel au sein de l’économie représente 32.2% en 2015 de la population occupée, soit 1092.000 travailleurs informels. « Ces individus ne paient pas de cotisation à la sécurité sociale et ils sont ainsi considérés dans le cadre de l’emploi informel », précise-t-il.

L’étude a démontré que ce taux a connu une grande hausse après la révolution. L’économiste a indiqué que le taux d’emploi a suivi une tendance baissière au cours de la période 2005-2011 avant de s’inscrire de nouveau nettement à la hausse sur la période 2012-2015. Le taux d’emploi informel qui culminait à un niveau de 34% en 2005 est passé à 28% en 2010 et puis à 32% en 2015. « Ce phénomène n’est pas sans soulever plusieurs interrogations, car quand les gens ne paient pas les cotisations, cela limite leur capacité à recevoir des pensions de retraite plus tard et cela est très important pour les politiques publiques en matière de lutte contre la pauvreté et contre l’emploi indécent », remarque-t-il.

Un autre constat de taille a été relevé : l’emploi informel est un phénomène qui concerne en premier lieu les jeunes qui ont accédé nouvellement au marché de l’emploi. « 60% des hommes et 83% des femmes occupant un emploi informel en 2014 sont âgés de moins de 40 ans ». Expliquant ce phénomène, Nidhal Ben Cheikh a indiqué qu’il s’agit d’une stratégie adoptée par les jeunes qui consiste à accepter des travaux qui ne donnent pas une sécurité sociale, mais après 40 ans les individus cherchent la stabilité à travers des emplois avec une sécurité sociale.

D’ailleurs l’étude mentionne que « les taux culminent à des niveaux élevés pour les tranches d’âges 15-19 et 20-24, soit respectivement 84% et 42%. Ce qui pourrait indiquer que les populations jeunes soient plus enclines à accepter des emplois précaires, peu décents et qui n’offrent pas de sécurité sociale ».

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1092.000 travailleurs informels représentent un réservoir important pour les caisses de sécurité sociale d’après l’économiste et peuvent assurer 30% des recettes annuelles des caisses sociales, soit 500 millions de dinars, dans le cas où ils sont intégrés dans le circuit formel. Cependant, l’économiste a reconnu que l’inclusion de toutes ces catégories demeure difficile.

Le spécialiste a indiqué que l’emploi informel peut être une solution parmi d’autres : « Si nous voulons que cette solution réduise la chute des indices des régime de sécurité sociale, cela doit être associé à des réformes paramétriques. S’ajoute à cela des campagnes de sensibilisation pour les travailleurs dans l’informel et un contrôle mené par CNSS.  En ce qui concerne, la méthodologie utilisée pour mener l’étude, les chercheurs se sont basés sur des données de l’INS, des caisses sociales et les ont confrontées. 

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