Le Parti de Moncef Marzouki contre la nouvelle loi bancaire

Sadok Jebnoun Harak Tounes el Irada L'Economiste Maghrébin

Ces derniers temps, les banques tiennent la vedette de débats et moult discussions, surtout en cas de  faillite. C’est au tour du Parti de l’ancien Président tunisien « Harak Tounes el Irada » qui a organisé une conférence de presse au siège du parti, au sujet de la loi bancaire adoptée aujourd’hui en plénière à l’ARP.

Selon Sadok Jebnoun, consultant en stratégie de l’investissement et membre du bureau exécutif, cette loi n’apporte aucune nouveauté stratégique quant au niveau de la relance économique de la Tunisie, mais aussi à la construction d’un secteur bancaire qui doit être un soutien réel des entreprises tunisiennes en Tunisie ou à l’étranger.

« Le fond du problème, a fait savoir M. Jabnoun, est que le FMI et la Banque mondiale nous ont imposé une série de lois successives, sans qu’il y ait réellement de vrai engagement international envers la Tunisie. Il n’y a pas non plus un vrai plan Marshall comme ce qui a été proposé par l’Union européenne à l’Ukraine, d’un montant de 35 milliards d’euros. A la Tunisie, on ne laisse que des miettes et on lui demande des efforts pharaoniques. »

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Il juge, en d’autre termes, que la  situation actuelle est biaisée et complètement néfaste pour l’économie du pays. Il estime qu’il est impératif de relancer l’économie à travers une stratégie de sortie de crise, en partant de l’économie de la demande vers une économie de l’offre performante (créer des postes d’emploi, la promotion sociale tant désirée par les Tunisiens).

Et d’ajouter : « Nous pensons que les banques doivent avoir un cadre législatif qui les incite à changer d’approche, à même de les motiver à financer les technologies, les start-ups, etc. Or, le capital d’une banque tunisienne ne va pas au-delà de 75 millions de dinars, alors que le capital des banques africaines avoisine les 10 milliards de dollars. On est complètement dans une autre sphère. Nous sommes mal outillés face à des concurrents très aguerris. »

Pour s’en sortir, que faut-il faire?

On doit faire passer l’intérêt national en priorité. Il faut qu’il y ait l’élaboration de lois en totale phase avec les objectifs de l’économie nationale : une relance à l’immédiat, une stratégie de mutation économique vers l’économie de l’offre (accès à la valeur ajoutée et à la technologie, l’agriculture bio, etc.). Il faut que l’ingénierie financière soit très développée. Entre autres, il faudrait qu’il y ait davantage de lois souples qui s’adaptent aux conditions économiques, comme le Small Business Act. Tels les exemples qui nous viennent des pays scandinaves qui ont, en revanche, des lois très avancées.

Il conclut : « C’est ce que nous demandons, chose qui n’est pas impossible, il suffit qu’il y ait une véritable volonté politique, qui est totalement absente aujourd’hui. Nous pensons que cette loi aura besoin d’un amendement radical dans les trois prochaines années, en tenant compte des recommandations des experts-comptables et d’organismes concernés qui malheureusement n’ont pas été entendus lors de l’élaboration de ce projet de loi. »

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