Etalages anarchiques : entre application de la loi et nécessité de l’inclusion

emploi informel

Plusieurs campagnes ont été menées contre les étalages anarchiques ces jours-ci  au centre de Tunis : à la place Barcelone, à la rue Al-Jazira et à la rue Charles De Gaule.

La scène est devenue presque classique : des jeunes qui étalent leurs marchandises sur les sols des rues précitées et, quelques minutes plus tard, des forces de la police municipale font leur apparition pour les pourchasser. Elles se contentent de leur demander de prendre leurs marchandises et de quitter les lieux sinon leur marchandise sera confisquée. Bref l’histoire n’a plus rien de surprenant, bien au contraire : les passants se sont familiarisés avec ces parties de cache-cache. Ces jeunes osent même étaler leurs marchandises devant les boutiques et les grandes surfaces : nonchalance, concurrence déloyale, irrespect, on ne saurait l’expliquer.

Plusieurs solutions ont été proposées pour lutter contre ce phénomène faisant partie de l’économie informelle qui ronge l’économie nationale et accapare un pourcentage considérable du PIB national. Cependant, aucune décision n’a été prise à ce sujet. On a parlé de l’intégration de l’économie informelle dans le circuit de l’économie formelle et on n’a même proposé l’aménagement d’un espace pour ces commerçants ambulants, mais en vain. Les campagnes menées contre eux dernièrement par les forces de l’ordre- certains disent que c’est légitime- laissent à penser que seul le traitement sécuritaire du problème a été utilisé pour résoudre cet épineux dossier.

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Fakher Gafsi, le gouverneur de Tunis, s’est exprimé sur les ondes de Shems Fm à ce sujet. Pour lui, il s’agit uniquement de l’application de la loi. Et de juger que le phénomène est néfaste pour le pays, que ce soit sur le plan environnemental, esthétique, qu’économique. Pire encore, l’espace de Carthage, au centre-ville, qui devait être un espace aménagé par les autorités pour accueillir les marchands ambulants, n’est pas en mesure de les accueillir, et ce pour plusieurs raisons : en effet, il est situé à l’avenue de Carthage à quelques mètres de l’avenue Bourguiba, ce qui risque de perturber l’esthétique de la ville, et deuxièmement le coût de l’aménagement est de 8MD. « L’Etat n’est pas disposé à dépenser un montant de huit ou neuf MD pour les étalages anarchiques », affirme-t-il.

Ainsi, entre l’importance d’appliquer strictement la loi à tous les citoyens et la nécessité de mener une réflexion dont l’aboutissement est la régularisation de cette catégorie de commerce qui vit en marge de l’économie formelle, le dossier demeure ouvert.

Un récent rapport élaboré par le Think tank Joussour vient de voir le jour et estime que l’économie informelle en Tunisie représente 35% de l’économie nationale.

Les spécialistes, bien qu’ils soient unanimes sur la menace que représente l’économie informelle et la contrebande, demeurent catégoriques sur un fait : les mesures musclées, bien qu’elles soient nécessaires pour traiter ce phénomène, ne sont pas suffisantes, une démarche inclusive est à emprunter pour le résoudre.

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1 COMMENTAIRE

  1. Nous ne savons malheureusement encore pas ce que nous voulons!! Comment se fait il que l’on aie tous les moyens pour sanctionner un mauvais stationnement, dans les rues de la ville, et l’on ne puisse constater, verbaliser, et éventuellement sanctionner des vendeurs ambulants de « cancer », ou de téléphones portables de contrebande, qui se sont installés, justement entre deux voitures mal garées?? Pure propagande de complices intéressés, des grands barons de la contrebande !!!

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