Le yuan, la 5ème devise, fait sa promotion en Tunisie

Le FMI avait posé comme condition préalable à l’intégration du yuan le fait qu’il soit plus largement utilisé dans les transactions internationales.

C’est dans ce cadre qu’un débat a été organisé à Tunis sur la parité dinar tunisien – yuan. Objectif : mettre l’accent sur les moyens à mettre en œuvre pour promouvoir une coopération économique et financière avec la Chine et explorer des pistes de collaboration financière.

Quels sont les enjeux et les perspectives pour l’économie tunisienne de la parité dinar – yuan ? Comment le dinar tunisien doit se comporter dans une nouvelle dynamique financière planétaire ?  Le Yuan peut-il limiter la dépréciation du dinar tunisien et la raréfaction des devises des réserves tunisiennes ? L’introduction de la parité Dinar tunisien – yuan est-elle actuellement possible ?

Mohamed Sahbi Basli
Mohamed Sahbi Basli

« Ce débat est une première étape de la coopération financière tuniso-chinoise », a affirmé Mohamed Sahbi Basli, président du Conseil de coopération tuniso-chinois.

Organisée par le Conseil de coopération tuniso-chinois, la rencontre a été notamment rehaussée par la présence de Chedly Ayari, gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT).

«Sur le plan économique, nous n’avons pas su fructifier de manière judicieuse cette amitié sincère avec la Chine. Nous avons gardé avec les deux géants économiques asiatiques, la Chine et l’Inde, des rapports strictement orientés vers l’approvisionnement en matières premières occultant les mutations que ces deux pays ont enregistrées en matière d’innovation dans le domaine des technologies de l’information », a ajouté Mohamed Sahbi Basli.

Et de poursuivre : » Aujourd’hui, la Chine s’emploie à diversifier ses partenaires stratégiques à travers le monde. Si l’économie mondiale est une véritable autoroute, elle est balisée par la Chine qui est sa ceinture de sécurité. Un économiste principal au FMI a même considéré l’économie chinoise comme étant l’égale de celle de la Zone euro, du Japon et des Etats-Unis.

débatSelon des chiffres présentés par le représentant de l’ambassade de Chine en Tunisie, le volume des échanges commerciaux entre la Chine et la Tunisie est passé de 250 millions de dollars en 2005 à à 1.2 milliard de dollars en 2010. Le volume annuel des échanges tuniso-chinois s’élève à 1.5 milliard de dollars. Le stock des investissements des entreprises chinoises implantées en Tunisie dans divers secteurs a atteint plus de 150 millions de dollars.

Toutefois, il y a, selon l’économiste Hachemi Alya, un problème qui soulève des interrogations auprès des autorités chinoises, à savoir que l’état actuel du tourisme tunisien ne peut attirer davantage de touristes chinois. «Comment convaincre les entreprises chinoises à investir en Tunisie ? Comment attirer plus de touristes chinois vers la Tunisie ? Est-ce que la Tunisie est prête à  changer sa politique et se tourner vers la Chine ? Qu’est-ce que la Chine peut apporter à l’économie tunisienne ? », s’est interrogé Hachemi Alya.

Pour Chedly Ayari, les ressources humaines demeurent notre élément compétitif. « Il faut, à mon sens, exploiter cet avantage comparatif humain qui n’a immigré nulle part. Cet avantage a besoin d’être activé. Je pense que le partenariat avec la Chine doit être axé sur la technologie et la finance », a-t-il expliqué.

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