Les jeunes en Tunisie : l’actuel et le devenir

Comment permettre au jeune Tunisien d’accéder à une véritable conscience de soi? C’est en partie le sujet du colloque organisé par le Forum de Carthage pour la sécurité et le développement, ayant pour thème: “Les jeunes en Tunisie : l’actuel et le devenir”.

Identifier les enjeux et les défis auxquels se trouve confronté le pays. Tel est le contexte de réflexion choisi pour cette manifestation. Le débat a porté sur plusieurs problématiques telle l’identité nationale.

Pour une majeure partie aussi bien des intervenants que des participants, la question est à la fois d’ordre aussi bien politique que  pédagogique : comment empêcher les jeunes de partir vers les zones de tensions, que faut-il faire pour les dissuader?

Selon Ridha Sfar, ancien ministre délégué à la Sécurité nationale, la solution réside dans la recherche de nouvelles alternatives. “Quand je dis d’autres alternatives, c’est avant tout penser à plusieurs plans d’action stratégiques sur le long terme, déclare-t-il. Il faut créer une dynamique entre les différentes institutions pour que les choses se mettent sur le droit chemin, avec une vision, une conception. Cela dit, il faut qu’il y ait une bonne gouvernance. C’est vrai qu’il est important d’agir en aval, d’où la contrainte, mais n’est-il pas mieux d’agir en amont ? C’est pour cela que j’ajouterais qu’il faudrait chercher les causes”.

Sur un autre plan, les jeunes en Tunisie se trouvent de plus en plus exposés à la radicalisation. Ils sont 10500 Tunisiens à avoir  basculé dans le terrorisme  et rejoint les rangs de Daech en Syrie, selon le rapport récent d’un institut de recherches allemand. Le même rapport laisse entendre que 4200 Tunisiens dont 43 femmes sont morts depuis le début du conflit syrien. La question que l’on se pose est de savoir comment lutter contre les tentatives de leur endoctrinement.

Pour sa part, Tahar Refaï, président du Forum de Carthage pour la sécurité et le développement, a fait savoir que la question donne beaucoup à réfléchir quand on calcule le nombre de la population et le nombre de terroristes. C’est pour cela qu’il faut penser à la prévention et aux solutions.

Il ajoute: “ Il faut comprendre que certains d’entre eux n’agissent pas sous le commandement de cellules terroristes. Ils ont une préparation sommaire au terrorisme, ce sont les loups solitaires. Il est clair que le ministère de l’Intérieur est en train de jouer son rôle, il opère dans la discrétion, c’est la nature même du travail du ministère. Mais quel que soit son rôle, je pense que les succès des missions du ministère de l’Intérieur ont permis à la Tunisie d’éviter le pire.”

Qu’en est-il du mode de comptage?

Rencontré lors du colloque, Bassel Torjman, expert dans les affaires des groupes terroristes dans le Grand Maghreb, a souligné que le nombre des terroristes partis dans les zones de tensions, dépasse le chiffre des différents rapports.“A mon avis, ils sont plus que 50 000 Tunisiens qui ont quitté le territoire depuis 2011, mais le gouvernement a annoncé un chiffre de 25 000 qui ont quitté clandestinement le pays. A mon sens, ils sont beaucoup plus, parce qu’il faut comprendre que beaucoup de Tunisiens ont des passeports libyens, comment ont-ils obtenu ces passeports, par quels moyens, là ce sont de vraies questions, il faudrait se concerter à ce sujet”.

Par ailleurs, abordant la question des incidents de Ben Guerdane, “Mokhtar Ben Nasr, colonel major à la retraite, a indiqué “ avec ce qui s’est passé à Ben Guerdane, nous avons réalisé de grandes avancées si on compare le bilan depuis les trois dernières années. Mais ce qui est d’autant plus important, c’est qu’il faut que la justice soit réactive, or en ce moment, on compte 1700 dossiers transmis devant la justice. Mais aussi, il faut penser aux volets pédagogique, l’éducation, la culture, entre autres ».

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