A. Juppé : «La solidarité s’exprime par la relance des partenariats commerciaux et des IDE»

Serait-ce par une stratégie de séduction auprès des binationaux et des Français en Tunisie, que le candidat à la Primaire des Républicains pour la présidentielle de 2017, Alain Juppé, a entamé sa visite en Tunisie , les 28 et 29 février?

Il n’en est pas à son premier voyage au Maghreb, pour séduire les électeurs. Il y a deux semaines, il était en Algérie. Et c’est à l’Institut des Hautes études à Carthage que l’ancien ministre des Affaires étrangères a voulu donner une conférence devant une foule de jeunes étudiants.

Au niveau de la communication, a-t-il cartonné quant à son image de présidentiable? En tout cas, sa rencontre avec le Chef du gouvernement et le Président de la République tunisienne lui confère indubitablement une stature de Chef d’Etat.

Lors de son discours, il a rappelé que les relations entre la Tunisie et la France ne datent pas d’hier, « il y a plus d’une histoire qui lie ces deux peuples, non pas par la géographie, mais par les liens humains qui se sont tissés au fil des années », a-t-il ajouté.

Qu’ils soient binationaux en France ou en Tunisie, ils représentent un véritable atout pour le développement économique, a-t-il précisé, en mettant l’accent sur le fait qu’ils seraient plus de 400 000 d’origine tunisienne vivant en France et 22000 Français résideraient en Tunisie.

Concernant le volet économique, il a insisté sur le fait qu’il fallait relancer l’économie tunisienne à travers l’esprit de solidarité, en soulignant: « La solidarité c’est de continuer à mobiliser les moyens financiers bilatéraux et multilatéraux, pour que l’économie tunisienne redémarre et dire aussi que la Tunisie a besoin de ses partenaires sur le plan commercial comme sur le plan des investissements à l’étranger, afin qu’ils soient à ses côtés. »

Abordant la question de l’intérêt de l’accord de l’ALECA, il a répondu: « Il faut que les règles du jeu soient bien ficelées, notamment les règles d’investissement, les procédures administratives, les procédures douanières, mais aussi que les règles financières soient bien établies. »

La révolution arabe?

Pour lui, ce fut la surprise: « Je me souviens avoir dit, lors d’une conférence à l’Institut du monde arabe, qu’il fallait bien reconnaître que le Printemps arabe a pris de court le monde entier, parce que personne n’avait vu ce bouleversement venir, ni la France, ni d’ailleurs d’autres pays. »

Il ajoute: « Tout ce qui se passe en Tunisie a un impact qui va au-delà de ses frontières parce que cela touche de près des pays comme la France. En fait, l’intérêt de la Tunisie, c’est aussi celui de la France. Vous avez tous les atouts et tous les talents pour que la révolution tunisienne soit en plus un succès politique et démocratique, mais cela passe par une réussite économique et sociale. »

Concernant la situation en Libye, il déclare: « Aujourd’hui, effectivement, nous sommes dans une situation de chaos que nous devons de résoudre à travers une résolution des Nations Unies et non par une initiative unilatérale de telle ou telle puissance. »

Il poursuit: « Vous avez en Libye, un immense territoire sans Etat livré à des bandes armées venues d’autres théâtres de conflit de l’Afrique subsaharienne et du Proche- Orient. C’est la raison pour laquelle il est primordial de mettre en place un gouvernement d’union nationale capable de reprendre en main ce pays martyrisé par les affrontements entre les groupes armés, sous l’égide des Nations Unies. Vous savez, les espoirs se succèdent et échouent, mais il n’y a pas d’autre option si on veut que la Libye s’en sorte. »

Sur la crise en Syrie, M. Juppé déclare: « La crise syrienne a causé près de 300 000 morts. La situation humanitaire sur place empire de jour en jour… L’intervention militaire en Syrie, comme chacun le sait, ne réglera pas tout, si ce n’est affaiblir Daech, bien sûr. »

Il conclut: « En 2011, il n’y avait pas Daech dans les rues de Damas. C’étaient de jeunes Syriens qui revendiquaient un peu de liberté et de démocratie. Et le régime a répondu par la répression qui s’est transformée en guerre sanglante, ce qui a favorisé la montée de Daech. »

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