Tunisie : libérer la compétitivité

compétivité des entreprises

En présence des cadres de l’Institut tunisien de la compétitivité et des études quantitatives ( ITCEQ ), de l’Institut national des statistiques ( INS ) et des représentants des médias, Mohamed Habib Zitouna, Directeur général de l’ITCEQ a présenté, lors d’un point de presse organisé ce matin, les résultats de l’enquête compétitive sur le climat des affaires en 2015.

Evaluant la qualité du climat des affaires et la compétitivité des entreprises en Tunisie, et ce, du 1er octobre au 15 novembre 2015, auprès de 1200 entreprises privées réparties sur tout le territoire tunisien, opérant dans l’industrie et les services et employant six employés ou plus, cette enquête vise à identifier les principales contraintes auxquelles se heurtent les entreprises dans l’exercice de leurs activités, et recueillir les anticipations des chefs d’entreprise quant à l’évolution de l’activité, d’investissement et de l’emploi.

Cette enquête a été basée sur la perception que portent les chefs d’entreprise sur le climat des affaires en Tunisie, en se focalisant sur plusieurs facteurs, notamment, l’infrastructure, le cadre macroéconomique et réglementaire, le financement bancaire, la fiscalité et les charges sociales, la situation sécuritaire, les ressources humaines, les procédures administratives et le système judiciaire, les pratiques dans le marché, la corruption et la situation politique.

En effet, les résultats ont fait ressortir que l’indicateur de perception du climat des affaires ( IPCA ) a enregistré un net recul, passant de 0,629/1 en 2014 à 0,627 en 2015, et ce, à cause des contraintes les plus sévères, à savoir la situation politique et sécuritaire, le financement bancaire, la corruption et la fiscalité.

Concernant la situation politique, bien qu’en 2014 la Tunisie ait réalisé avec succès des élections législatives et présidentielles, la situation politique est le facteur le plus défavorablement perçu. 53% des entreprises soumises à l’enquête ont déclaré que l’instabilité politique constitue une contrainte majeure pour l’investissement et le développement de leur activité. Synonyme d’un manque de visibilité, la situation politique a été présentée comme raison de non investissement par le tiers des entreprises concernées.

Quant à la situation sécuritaire, suite aux différents attentats terroristes qu’a connus la Tunisie en 2015, les appréciations des entreprises sur ce volet sont devenues plus négatives : ainsi 49% de ces entreprises la considère une contrainte majeure.

En plus du terrorisme en Tunisie, 47% des entreprises ont révélé que la situation de la Libye nuit au climat des affaires et freine leurs activités. De ce fait, l’enquête a démontré que 22% des entreprises se sont abstenues d’investir en 2015, contre 3% qui ont suspendu leurs activités.

En ce qui concerne la corruption, l’indicateur de perception a accusé une baisse substantielle entre 2014 et 2015, passant de 0,643 à 0,582. Une telle évolution dénote l’amplification de ce phénomène dans le cadre institutionnel. De ce fait, seuls 9% des entreprises interrogées ont déclaré que la corruption a diminué alors que 49%  estiment qu’elle s’est accentuée et 42% ont annoncé qu’elle s’est maintenue.

Dans le même sillage, 29% des entreprises questionnées ont dévoilé qu’elles ont été contraintes d’effectuer des payements informels dans le cadre de leurs opérations avec des institutions publiques.

D’autres contraintes à caractère structurel impactent l’environnement des affaires. Il s’agit essentiellement du financement bancaire surtout pour les PME (38% des entreprises souffrent du coût des crédits bancaires et 23% souffrent de l’accréditation des crédits), des pratiques dans le marché telles que la concurrence déloyale (37%) et les pratiques anticoncurrentielles (31%), ainsi que le système fiscal (27%) dont la réforme tant attendue devrait privilégier la simplification des procédures, la transparence, l’équité fiscale et la globalité.

D’autre part, l’enquête s’est focalisée sur le facteur de l’infrastructure, notamment, l’infrastructure du transport qui a été considérée comme une contrainte majeure pour 29% des interrogées.

Au final, il a été constaté que les chefs d’entreprise sont de plus en plus pessimistes quant à l’évolution future de leur activité. La fréquence des entreprises anticipant une hausse de leur activité a diminué, passant de 41% en 2014 à 33% en 2015, au profit de celles qui prévoient une baisse passant de 8 à 17%.

Dans un contexte instable, les chefs d’entreprise deviennent plus incertains au niveau de l’embauche et de l’investissement. Les résultats ont montré une augmentation des entreprises déclarant qu’elles sont incertaines quant aux perspectives d’emploi (42%) aussi bien des diplômés du supérieur (45%) que des autres catégories. Cette incertitude croissante est aussi relevée pour l’investissement en 2016 (43%) et à moyen et long termes (52%).

Pour les entreprises optimistes qui envisagent d’investir (35%), que ce soit à court ou à moyen et long termes (34%), elles comptent dans leur majorité (87%) le réaliser dans le même gouvernorat où elles sont actuellement implantées.

Pour celles qui prévoient d’investir dans d’autres gouvernorats, elles ne comptent pas, pour la plupart (76%), s’installer dans les régions en développement.

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