Tunisie : « Privatiser les terres collectives mettrait le feu aux poudres »

Terres domaniales agricoles

Commentant l’efficacité des dernières décisions du gouvernement, Omar Sifaoui, le vice-président du Forum de la loi, la justice et la sécurité, a déclaré que « de par l’expérience des négociations précédentes avec le gouvernement, les protestataires n’ont pas une idée bien claire de l’action gouvernementale ».

Revenant sur la décision relative aux terres collectives (terres en indivision) annoncée par le gouvernement, Omar Sifaoui a déclaré: « Je suis surpris de voir que le gouvernement annonce qu’une mesure sera prise très rapidement pour la résolution d’un problème qui date d’un siècle ».

Pour lui, ceux qui ont pris la décision de changer la nature des terres collectives en des terres privées n’ont pas compris l’ampleur du problème et n’ont aucune connaissance de la situation sur le terrain. « Changer la nature de ces terres engendrera des batailles sanglantes entre les différentes tribus de la région et les plus fort arriveront à dominer les terres, ce qui pourrait causer des conflits très violents », s’alarme-t-il. Il ajoute que si ces terres ne sont plus gérées dans le cadre collectif, le gouvernement n’aura plus le droit d’intervenir. Or, à l’heure actuelle, l’Etat a un droit de tutelle sur ces terres puisqu’elles sont encore à vocation collective. « En plus, 71% des terres de Kasserine sont des terres collectives », précise-t-il.

Ces terres collectives sont des terres qui sont en propriété collective (en indivision). Et « normalement l’octroi, la cession de ces terres doit se faire par le biais de commissions spécialisées et qu’il existe des comités de gestion élus ». Et de continuer : « Sous les régimes précédents, ce sujet a été politisé et les membres de ce conseil devaient être partisans d’un certain parti politique; cependant les membres de ce conseil réglaient les problèmes liés à ces terres et faisaient de l’arbitrage quand il le fallait ».

Notons que les décisions en question ont été annoncées suite à des protestations sociales survenues à Kasserine.

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