Remaniement ministériel en Tunisie : aucune considération pour la parité

Alors que la constitution tunisienne préconise l’application du principe de parité dans toutes les structures de l’Etat tunisien, après le remaniement ministériel, une seule femme a intégré le gouvernement actuel sur les dix nouvelles nominations de ministres.

Ainsi, seules trois femmes figurent dans le groupe gouvernemental, après le remaniement. Il s’agit de Mesdames Sonia Mbarek, ministre de la Culture et de la sauvegarde du patrimoine, Samira Meraï, ministre de la Femme, de la famille et de l’enfance et Selma Elloumi Rekik, ministre du Tourisme et de l’artisanat.

Ahlem Belhadj, féministe et ex-présidente de l’Association tunisienne des femmes démocrates, a estimé que l’absence de toute parité dans l’équipe gouvernementale est regrettable, surtout que la constitution le stipule. «On maintient la même proportion et chaque remaniement est plus mauvais que le précédent au niveau de la parité», regrette-t-elle. De même, elle a indiqué que les politiciens ne sont pas conscients de l’importance du principe de la parité et n’envisagent même pas de l’appliquer.

D’après la militante de la société civile, rien n’a été fait sur ce point là et les politiciens continuent à ignorer les recommandations de la société civile en matière de parité. L’absence de parité n’est pas nouveau dans les gouvernements de l’après 14 janvier, en effet aucun de ces gouvernements n’a appliqué la parité comme il se doit et le nombre des femmes a souvent été inférieur à celui des hommes.

Avant le remaniement ministériel, le gouvernement d’Habib Essid comptait quatre femmes : deux ministres et deux secrétaires d’Etat. Samira Meraï et Selma Elloumi Rekik sont reconduites à leurs postes, mais Majdouline Cherni, secrétaire d’Etat chargée du dossier des martyrs et blessés de la révolution et Boutheina Ben Yaghlane Ben Slimane, secrétaire d’Etat auprès du ministre des Finances, passent à la trappe de la suppression des postes de secrétaires d’Etat, annoncée dans la foulée par Habib Essid.

Il semble que le chemin demeure encore long pour que les politiciens appliquent le principe de la parité dans l’administration, le gouvernement et les postes clés.

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