Tunisie : les jeunes au cœur du défi sécuritaire

Jeunes tunisiens

Que ce soit en Tunisie ou ailleurs, le terrorisme est international. Il ne connaît ni de nationalité ni de frontières. Aucun pays ne peut prétendre être à l’abri de ce fléau. Cela dit, pour en savoir plus sur le défi sécuritaire auquel notre pays devra faire face en 2016, l’expert militaire Fayçal Chérif nous dresse un état des lieux.

Il déclare : « Les défis sécuritaires ont de multiples facettes. Nous avons esquissé une stratégie de lutte antiterroriste, mais nous attendons une stratégie globale qui englobera tous les ministères. Nous attendons impatiemment les gros crédits qui ont été débloqués en faveur du ministère de l’Intérieur et celui de la Défense pour les équipements. Cependant, il faudrait prévoir une autre approche basée sur l’implication de la population. Jusque-là nous sommes dans l’expectative. Nous espérons que dans les plus brefs délais, l’on nous dévoilera des mesures plus concrètes sur le terrain. Il faudra aussi impliquer les jeunes, parce que ce sont les premiers concernés, par une approche de proximité avec eux. Vous savez le problème aujourd’hui, c’est que les jeunes ne s’approprient pas leurs propres espaces, que ce soit à l’école, au lycée ou à l’université, c’est pourquoi ils sont facilement récupérés par ces réseaux terroristes malheureusement ».

Et de poursuivre : « Il manque aux jeunes la joie de vivre. Il y a toute une culture de vie qu’il faut créer. On parle d’une tranche d’âge de jeunes qui est ciblée entre 15 ans et 25 ans. La preuve, on ne retrouve plus d’activités extra-scolaires, de compétitions inter-lycées, par exemple. On voit bien qu’il y a un effort de la part de quelques ministères, comme le ministère de l’Enseignement, même si cela n’est pas parfait. Il faut créer une dynamique de sport, de culture. Il faut miser sur la culture, il faut oublier cette tendance à penser que la culture est un luxe ».

Il ajoute : « Le défi majeur ce n’est pas d’être sur le terrain seulement. Le défi est beaucoup plus profond. On peut combattre 3000 à 4000 terroristes, après il y en aura 10 000 voire 15 000 qui vont apparaître du moment qu’on n’a pas touché le fond du problème. Il y a une conscience, il faut aller au plus vite vers des solutions sécuritaires de fond. La loi antiterroriste doit être l’instrument de lutte principal. Il suffit de l’appliquer ».

Et de poursuivre : « Plus de 700 terroristes des zones de conflits sont retournés en Tunisie. La solution réside en la mise en quarantaine de ces derniers. Ont-ils tous commis des actes terroristes? Nul ne le sait parce que la loi antiterroriste n’est pas encore appliquée comme il se doit. En tout état de cause, ce sont des éléments dangereux. Certains parmi eux sont prêts à tout. Il faut donc les neutraliser en les emprisonnant dès leur retour, en attendant d’y voir plus clair ».

Pensez-vous que nous sommes sur la bonne voie en termes de lutte contre le terrorisme lui demande-t-on? La réponse est non. Il ajoute : « Je ne vois que des solutions éphémères. Sur le volet sécuritaire, il y a quelques réussites, et la Garde nationale doit être saluée, car avec peu de moyens elle fournit des efforts considérables ».

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