Le SNJT dénonce l’interventionnisme du gouvernement en matière de liberté d’expression

liberté de la presse - l'économiste maghrébin

Le Syndicat national des journalistes tunisiens ( SNJT) critique la décision du ministère de la Justice d’engager des poursuites à l’encontre des journalistes, en vertu de l’article 31 de la loi relative à la lutte contre le terrorisme et le blanchiment d’argent.

Pour rappel, l’article 31 stipule que : « Est coupable d’infraction terroriste et puni de six à douze ans d’emprisonnement et d’une amende de vingt à cinquante mille dinars quiconque : adhère, sciemment, sur le territoire ou hors du territoire de la République, à quelque titre que ce soit, à un groupe organisé ou entente terroriste en relation avec des infractions terroristes, dans le but de commettre une des infractions terroristes prévues par la présente loi ; reçoit, à quelque titre que ce soit, sur le territoire ou hors du territoire de la République, un entraînement militaire, en vue de commettre l’une des infractions terroristes prévues par la présente loi. La peine encourue est de dix à vingt ans de réclusion et d’une amende de cinquante à cent mille dinars pour les initiateurs des organisations et des ententes indiquées ».

Par ailleurs, le communiqué du SNJT a fait savoir que le jugement des journalistes en dehors du décret 115 relatif à la liberté de la presse menace la liberté d’expression.

Pour Zied Dabbar , membre du SNJT, il s’agit non seulement d’une menace à la liberté de la presse, mais aussi à la liberté d’expression, en vertu de l’article 26.

 Article 26. – Les libertés d’opinion, d’expression, d’information et de création sont garanties

Il déclare: « Il se trouve qu’on applique pour la première fois la loi anti-terroriste apparemment sur des journalistes, ce qui pose une réelle question. Cela dit, nous aurons une réunion aujourd’hui avec les conseillers juridiques du syndicat, pour voir ce que nous pouvons entamer comme procédure sur le plan juridique. Nous comptons aussi promouvoir une campagne de sensibilisation sur le plan national et international ».

Et de poursuivre: « Aujourd’hui, il est évident qu’on parle d’une mainmise sur la liberté de la presse, dans la mesure où on ne réagit pas. En ce moment, la Présidence de la République n’est pas satisfaite des services publics de l’audiovisuel et considère selon elle que le média public est là pour embellir son image, ce qui est totalement faux. Ce qui nous conduit à défendre nos principes, à savoir un média libre et indépendant. Mais ce que je constate malheureusement- et l’histoire récente de lobbying médiatique, comme Nebil Karoui le prouve- c’est que le gouvernement veut limier les travaux et le rôle de la HAICA, idem pour le SNJT ».

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