Tunisie – ISIE : le projet de loi des élections municipales sous la loupe

Dans toute démocratie, les élections sont le seul moyen d’avancer. Avec les élections municipales, on parle volontiers de droit de vote, du mode de scrutin, des conseils régionaux, mais le flou artistique demeure sur le registre des électeurs, le mode de financement public, la parité homme-femme…

Rencontré lors d’un débat organisé, par l’Instance supérieure indépendante pour les élections ( ISIE ), son président Chafik Sarsar, a indiqué « qu’aujourd’hui, nous voulons lancer un débat avec les médias autour de dix questions fondamentales, telles que le registre des électeurs, le financement accordé aux candidats »… Et de poursuivre : « Les élections municipales seront beaucoup plus importantes. Nous aurons un nombre beaucoup plus important de listes candidates que lors des législatives (entre 5000 et 6000 le nombre de listes) ».

Interrogé sur le respect des délais quant à la tenue des élections, il a répondu: « Nous avons présenté une feuille de route dans laquelle le 4 avril 2016 a été fixé comme date limite pour la publication de cette loi, mais tout dépend de la détermination des acteurs politiques. J’ajouterais qu’en cas du non-respect du délai, à ce moment, nous nous trouverons face à un délai hypothétique ».

De son côté, Lamia Zargouni, membre du conseil de l’ISIE, a indiqué, quant à la disposition de la parité à l’échelle verticale et horizontale, qu’elle doit garantir une bonne représentativité de la femme dans les conseils régionaux ( le principe de 50% 50%).

Comment fonctionne la parité horizontale et verticale?

Pour la parité horizontale, on doit respecter le même nombre de présidents de listes homme-femme : prenons l’exemple d’une circonscription de 30 listes de candidats, il devrait y avoir 15 listes où le candidat président est une femme, et 15 autres listes où le candidat est un homme. En cas d’un déséquilibre, on ne parle pas de sanction. Mais pour la parité verticale on parle d’une sanction.

Et de conclure: « La question qui se pose est de savoir si on aura vraiment ce même nombre de présidents de listes homme et femme, et dans le cas contraire que fera-t-on? C’est pour cela qu’il faut enrichir le débat ».

Les élections municipales seront-elles parfaitement paritaires, ou plus encore, les femmes resteront-elles condamnées à jouer les seconds rôles. C’est en partie la grande question que la plupart des Tunisiens se posent. D’où l’importance de lever cette ambiguïté pour comprendre ce dont il s’agit.

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