Les produits agricoles tunisiens ne sont pas encore prêts pour l’ALECA

financement agricole

Le vice-président de l’Union Tunisienne de l’Agriculture et de la Pêche (UTAP) Adel Messaoudi a déclaré à leconomistemaghrebin.com que l’Accord de libre-échange complet et approfondi (ALECA) ne doit pas être considéré uniquement en tant que suppression des mesures douanière sinon ses conséquences seront graves.

Le vice-président de l’UTAP a indiqué que les clauses de l’accord ne sont pas encore nettes et toutes les données ne sont pas disponibles afin que nous puissions comprendre les perspectives de cet accord. Par ailleurs, il a estimé que les consultations qui ont été faites avec la société civile et les organisations nationales étaient uniquement symboliques.

« Face au contexte actuel et à l’opacité de l’accord, nous avons des craintes à l’égard de  cet accord surtout que le secteur agricole souffre actuellement de précarité et manque de rentabilité. Le problème unique est l’absence de volonté politique pour résoudre tous ces problèmes », dit-il.

Adel Messaoudi a rappelé « l’influence négative de l’accord de 1995 sur l’industrie tunisienne surtout que 48% du tissu industriel a été altéré à cause de cet accord, d’après les experts» et de continuer :  » Nous craignons que le même scénario ne se reproduise avec le secteur agricole« ,  dit-il.

D’après notre interlocuteur si l’ALECA est appliqué uniquement en tant que suppression des taxes douanières, la production et l’employabilité risquent d’en pâtir, et ce, dans les secteurs suivants : la viande, le poulet, la pomme de terre, les pommes et le lait. D’après ses dires : « La vision pour l’ALECA doit être l’exploitation du positionnement géographique de la Tunisie et des avantages démographiques de la jeunesse tunisienne afin de faire de la Tunisie une grande plate-forme pour les échanges commerciaux et agricoles. Cela peut changer le visage du pays », précise-t-il.

À notre question si les produits agricoles tunisiens sont prêts pour l’ALECA, notre interlocuteur a répondu :  » Il s’agit de toute façon d’une concurrence déloyale : nous avons d’un côté des entreprises étrangères dont la production est entourée de conditions favorables à l’essor et une production tunisienne qui souffre de plusieurs problèmes chroniques ».

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