Please, help me if you can, I am falling down*

(*S’il vous plait, aidez moi, si vous le pouvez, je coule). Les Beatles ou ce qu’il en reste, apprécieront sûrement. Et si dans ce pays rien n’avait changé? Voilà une bonne question que chacun d’entre vous s’est sans doute posé au moins une fois. Propos abusifs, diront certains. Je n’en suis pas si sûr. Coup de spleen passager? Peut-être. Mais qui n’a pas, en ce moment, le cafard comme on dit? Les préoccupations sociales ne sont-elles pas toujours les mêmes?

Les préoccupations existentielles ne continuent-elles pas à en remuer plus d’un? Et je ne parle pas bien sûr des préoccupations spirituelles, qui nourrissent et amplifient tout ce gâchis auquel nous assistons, même si tout ceci peut paraître comme coulant de source, puisque découlant d’une révolution. Quelle révolution? Celle qui entretient un vécu fait de clair-obscur qui interpelle, autant qu’il déroute? Celle qui est rythmée par les élucubrations d’une classe politique tiraillée entre ceux qui caressent dans le sens du poil et ceux qui caressent à rebrousse-poil? Tout cela sent l’hypocrisie. Et tous ces secrets, toutes ces intrigues, tous ces déballages plus ou moins sordides qui empoisonnent le climat ambiant et qui empêchent ceux qui cherchent la vérité de faire leur travail? Et toutes ces querelles qui mettent aux prises fanatiques, intolérants, dogmatiques enragés, personnalités sensées ou supposées telles… La liste est longue croyez-moi.

On voit bien où tout cela peut mener. Toute cette confusion, toute cette cacophonie, tous ces antagonismes qui nourrissent la violence : on dirait un mauvais rêve dont on attend désespérément la fin. Que peut-on espérer, quand une personnalité publique respectée et député de la Nation de surcroît, échappe de justesse à un attentat? A quoi peut-on s’attendre, quand tous les caps sont franchis? Je suis même tenté de dire, un peu à la manière d’un Barack Obama s’adressant à un Vladimir Poutine affaibli par la crise ukrainienne, mais relancé par son audace dans le conflit en cours en Syrie, « No change »; même si, et là j’ouvre une parenthèse, l’on sait que le président américain et ses alliés de la coalition montée pour combattre Daech, vont devoir se résigner d’une manière ou d’une autre à envisager ce qui était pour eux impensable, il n’y a pas si longtemps : la remise en selle de leur ennemi déclaré, le président Bachar Al Assad.

Un « No change » sorti de la bouche du président américain qui sonne faux, mais qui, dans le contexte tunisien, sonne juste. En effet, comment peut-il en être autrement, quand je vois qu’en dépit de toutes les tentatives de réanimation, l’économie tunisienne est toujours au plus mal, que la contrebande et le commerce parallèle ne se sont jamais aussi bien portés et que le discours politique est toujours aussi creux? Comment peut-il en être autrement, quand une polémique orchestrée par les tenants de l’islam politique, et portant sur un projet de loi relatif à la création d’une Cour constitutionnelle, vient nous rappeler que l’Etat républicain est toujours en danger de mort? Comment peut-il en être autrement, quand un ministre du parti au pouvoir quitte le gouvernement en claquant la porte et que c’est le principal allié de ce même gouvernement qui tire les ficelles? Comment envisager une sortie de crise, quand nos amis syndicalistes, dont je salue en passant l’engagement, nous annoncent, en guise de première, une grève générale dans le secteur privé?

Et ce ne sont là que quelques exemples d’incohérences que l’on pourrait multiplier à l’infini. Et je ne veux pas occulter tous ces faux-semblants à propos de certains comportements sexuels qui mettraient en danger la cohésion du tissu social en plus de s’inscrire en faux avec les préceptes religieux ; tout cela sent le soufre et tombe au mauvais moment, même si un débat approfondi et dépassionné dans ce sens est plus que nécessaire. Attention, « be carreful », même si la Tunisie à travers le Quartet vient d’être distinguée par le Prix Nobel de la Paix.

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