A quand la fin de la grisaille ?

Fallait-t-il organiser une réunion ou un meeting pour parler de l’unité de Nidaa Tounes ? Un point décisif sur lequel le Président de la République a dû intervenir mercredi soir entre le secrétaire général Mohsen Marzouk et  le vice-président du parti Hafedh Caïed Essebsi , et ce, pour tenter de dissiper les différends entre les deux protagonistes. Une crise qui s’explique par la course pour le pouvoir.

On parle d’une remise en question de Mohsen Marzouk et ses nombreux alliés accusés de vouloir changer le mode de fonctionnement du parti ou encore  tancer l’action du Chef du Gouvernement, Habib Essid. Cette agitation aura occupé toute la semaine. Aux dernières nouvelles, la réunion du bureau exécutif de Nidaa Tounes tenue hier à Gammarth, durant laquelle il a été question de la création d’une commission indépendante et impartiale afin de préparer le congrès dont les membres s’engageront à ne pas se présenter en tant que candidats.  Une réunion qui a été marquée par l’absence du vice-président Hafedh Caïed Essebsi lequel présidera le meeting de Djerba les 17 et 18 octobre. Serait-ce un appel à la division ce qu’il  se passe en ce moment, ou  encore la fin de la brouille que vit le parti ?

Pour le comprendre, joint au téléphone le coordinateur régional du parti Nidaa Tounes de Ben Arous, député  à l’ARP, président de l’organisation du meeting de Djerba, Tahar Battikh a fait savoir que le meeting de Djerba a pour objectif de proposer une feuille de route, en vue du  congrès constitutif de Nidaa Tounes, à la mi-décembre.

Les préparatifs pour la tenue conférence de Djerba
Les préparatifs pour la tenue conférence de Djerba

Il déclare: « Nous  nous attendons de voir 45 à 55 membres du bloc parlementaire, y compris  le chef du groupe  Fadhel Ben Omrane, Ridha Bel Hadj,  répondre présent  ainsi que les coordinateurs. Le meeting s’étalera sur deux jours, les 17 et 18 octobre, durant lesquels une séance plénière sera ouverte afin de présenter un projet de réformes. Nous serons un millier de personnes  pour discuter entre autres de la nature du congrès qu’on peut organiser ».

Interrogé sur la présence de deux clans, d’une part celui du secrétaire général Mohsen Marzouk et d’autre part, celui du vice-président Hafedh Caïed Essebsi, il a répondu: “Ce n’est pas une question de clans, nous avons des personnes qui se trouvent en ce moment  à Djerba et qui entretiennent de bons rapports avec ce que vous appelez  le clan Marzouk, et vice-versa. Personnellement, je pense que ce n’est pas une question de clans, mais plutôt d’une polémique concernant le rôle du bureau politique qui a pour tâche d’assurer la gestion du parti et organiser le congrès, dont le mandat lui a été donné jusqu’à mi-juin dernier. Mais la seule instance légitime n’est autre que l’instance constitutive composée de 14 membres. »

Et de poursuivre : “Notre  projet national proposé  au départ  est un congrès constitutif à tenir au mois de décembre 2015. Or durant la réunion du  bureau exécutif  d’hier à Gammarth, il a été question d’organiser un congrès électoral à tenir au mois d’avril 2016  :  élire des structures de base, locales  et régionales.  Chose impensable vu que 70% de ces structures (autrement dit la base)  ont quitté le parti « . 

L’unité du parti !

« 95 à 98% ont répondu tous présent au meeting de Djerba parce que la réconciliation tient à coeur à tout le monde.  S’il y a instabilité c’est parce qu’il s’agit d’un grand parti qui est né rapidement, et tant qu’il n’y aura pas un congrès électoral fondé sur des bases claires, il y aura toujours quelques couacs. Cela dit, Nidaa Tounes est secoué par des divergences d’opinion, des  courants différents propres aux deux clans comme vous dites. On y trouve de tout, surtout une alliance de personnes, certains font plus confiance  à l’un ou à l’autre. »

Peut-on parler d’une compétition entre le secrétaire général du parti et le vice-président ?

Les deux ne sont pas intéressés par la présidence du parti. En tout cas pour les deux ans à venir, la tendance actuelle est de conserver le président du parti et le secrétaire général mais plutôt élire un bureau exécutif et un bureau politique ”, a-t-il conclu.

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