Politiques sectorielles et développement économique

«Le plan stratégique du développement quinquennal 2016-2020, qui sera fin prêt d’ici la fin 2015, sera basé sur deux axes, dont un ensemble de grandes réformes économiques dans divers secteurs d’activités. Cette batterie de réformes peut prendre du temps, exigeant beaucoup de patience pour aboutir au développement souhaité», a annoncé Habib Essid, chef du Gouvernement, à l’ouverture d’une conférence scientifique sur la note d’orientation du plan de développement.

Il a précisé que parmi les secteurs d’activité concernés par ces réformes s’affichent le secteur bancaire, l’enseignement et la recherche scientifique, la fiscalité, la douane, ainsi que l’administration…   L’autre axe concerne, selon le chef du Gouvernement, les programmes et les projets nationaux et régionaux à réaliser. Sachant que la valeur des projets bloqués a été évaluée à 10 000 millions de dinars.

De ce fait, une récupération progressive de l’activité économique durant les deux premières années est prévue, pour atteindre le décollage économique à partir de l’année 2018.  Dans ce sens, il est prévu que l’économie tunisienne enregistrera un accroissement, malgré un taux d’investissement de l’ordre de 25% du PIB à l’horizon 2020, contre 18,5% en 2015, soit un volume des investissements estimé à 125 milliards de dinars durant les cinq prochaines années.

Ces investissements seront répartis entre 45 milliards de dinars d’investissements publics (+ 50% par rapport à 2015), 65 milliards de dinars d’investissements privés locaux (+65%) et 18 milliards de dinars d’investissements directs étranger IDE (+80%).

Ainsi, la note prévoit une maîtrise des équilibres financiers avec un recul de déficit courant, pour enregistrer 6,8% du PIB en 2020 contre 8,5% en 2015.
Sur un autre plan, Habib Essid a souligné, dans une déclaration aux médias, que le remaniement ministériel fait partie de ses prérogatives, indiquant que si les circonstances l’exigent, c’est à lui seul de procéder à ce remaniement.

Revenant sur la note d’orientation, Taoufik Rajhi, conseiller auprès de chef du gouvernement chargé de la présidence du Conseil des analyses économiques et de suivi des grandes réformes, a estimé, dans une déclaration aux médias, qu’il s’agit d’une première note d’orientation après la naissance de la deuxième République, visant à mettre fin à l’ancien modèle de développement et d’adopter un nouveau modèle plus participatif, basé sur la bonne gouvernance économique, la dynamisation de l’économie nationale, l’intégration sociale, le développement régional, ainsi que le développement durable.

«Ce nouveau modèle de développement ne peut se réaliser qu’en misant sur les grandes réformes, les programmes et les projets, qui sont le fondement principal pour renforcer ces choix stratégiques», dixit M. Rajhi ajoutant que le citoyen jouera un rôle primordial dans la réussite de ce nouveau modèle qui va faire sortir le pays de sa crise économique.

Les politiques sectorielles s’imposent…

L’universitaire et économiste Abdeljelil Bedoui a, pour sa part, mis l’accent sur l’importance de cette note d’orientation qui vise l’élaboration d’un nouveau modèle de développement dans une période marquée par plus de défis que d’atouts.

Néanmoins, «dans cette note, il est à constater que le diagnostic de la situation a été très limité et axé sur les résultats des anciens plans de développement sans aucun rapport avec les nouveaux choix stratégiques cités. Cela s’explique par le recours à une régulation marchande au lieu d’une régulation basée sur des politiques sectorielles», a affirmé M. Bedoui.

Par ailleurs, le nouveau modèle de développement s’inscrit, selon ses propos, dans les mêmes choix stratégiques et les mêmes politiques de développement, répartis entre un rôle stratégique de l’Etat et un secteur privé basé sur des encouragements et des subventions, sans aucune politique sectorielle.
Outre ces lacunes, l’économiste a tenu à dévoiler les autres faiblesses de cette note, citant l’absence d’une stratégie agricole, de plan de restructuration des entreprises publiques, la marginalisation de l’économie et de l’intégration sociales ainsi que de l’économie verte.

En conclusion, pour réussir un nouveau modèle de développement, il a recommandé d’opter pour des politiques sectorielles, répartir les ressources par priorité, restructurer les entreprises publiques et les banques, ainsi qu’améliorer la politique de partenariat…

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