Municipales tunisiennes : « Les élections les plus difficiles de la transition »

Mourakiboun

« Les élections municipales seront beaucoup plus difficiles à organiser  et à gérer par rapport aux élections législatives », a reconnu Rafik Haloueni, président du réseau Mourakiboun à leconomistemaghrebin.com

Il a rappelé que l’ISIE a géré 27 circonscriptions à l’intérieur du pays et des circonscriptions à l’étranger. « Toutefois, au cours des élections municipales l’ISIE se trouvera obligée de gérer 305 municipalités voire 320 municipalités, soit 320 proclamations de résultats », dit-il.

Et d’indiquer que la concurrence sera encore plus rude que celle enregistrée lors des élections législatives de 2014 et cela se traduit, d’après notre interlocuteur, par plusieurs facteurs déterminants dans le vote comme par exemple le facteur régional qui jouera un rôle  important : «  Chacun va voter pour ses cousins et ses proches », dit-il.

Au niveau technique, Rafik Haloueni indique qu’elles seront plus compliquées à gérer par rapport aux élections législatives. Cependant « le véritable problème c’est le texte de loi qui tarde à être adopté. Déjà un projet de loi commence à voir le jour à l’initiative du ministère de l’Intérieur en partenariat avec des académiciens tunisiens ». Et de poursuivre : «  On ne sait pas quel sera le découpage des circonscriptions  et on pense à la municipalité comme à une délégation  puisque selon la Constitution la municipalité doit couvrir tout le territoire », dit-il.

Dans le même contexte, notre interlocuteur a estimé que la loi qui prendra beaucoup de temps est celle relative aux municipalités et non pas la loi électorale : «  Quelles sont les prérogatives des municipalités ? » s’interroge-t-il et de souligner que : «  La Constitution tunisienne parle de décentralisation mais elle ne dit pas comment elle va être appliquée. Donc avant d’élire un maire, les habitants d’une région donnée  doivent pouvoir connaître quelles sont ses prérogatives et ses pouvoirs » .

Répondant à notre question sur le bon moment pour tenir les élections municipales, Rafik Haloueni répond : «  En anglais on dit ‘as soon as possible’. Pour être réaliste je dirais octobre /  novembre 2016 parce qu’avant on doit avoir une loi électorale qui précise les prérogatives des maires », conclut-il.

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