Ces milliardaires qui rechignent à mettre la main à la poche !

Sur nos hommes d’affaires, on pourra tout dire, à la fois une chose et son contraire, qu’ils aient versé dans la corruption ou montré patte blanche. Mais une image semble leur coller à la peau : leur frilosité et leur peu d’empressement à aider leur prochain, tant il est vrai que la générosité est une culture avant tout, et ce n’est pas le projet de loi sur la réconciliation dans les domaines économique et financier, que certains veulent très vite enterrer, qui va changer les comportements, aussi bien du côté de ceux qui n’ont rien à se reprocher, que de ce qui veulent se refaire une virginité sans nécessairement rendre des comptes.

Mais que voulez-vous, quand on veut rester près de ses sous, rien à faire, même si l’exemple peut venir d’ailleurs, et qu’il est une Altesse royale, j’ai nommé le prince Al Walid Ibn Talal, neveu du roi Salmane Ibn Abdelaziz Ibn Saoud, excusez du peu, et qui, dans un élan de générosité, vient de décider à la manière d’un Bill Gates ou d’un Warren Buffet, de consacrer toute sa fortune, et elle est colossale, à des oeuvres philanthropiques.

Citez-moi un seul milliardaire arabe qui a fait de même. A mon avis, aucun. Des Crésus qui se découvrent une âme de philanthrope, cela ne court pas nos rues. On préfère savourer un statut de nouveau chat gras, plus que tout autre chose. Cela dit, sous nos cieux, les milliardaires n’ont pas pignon sur rue, et sont plutôt discrets. On peut les comprendre. Selon le dernier rapport du cabinet britannique New World Wealth, ils seraient soixante-dix à avoir décroché le Graal.

Soixante-dix fortunes qui détiendraient 37 fois le budget de l’Etat. Impressionnant. Les experts disent même que si l’économie tunisienne ne s’est pas totalement effondrée, c’est bien grâce à eux et aux six mille cinq cents millionnaires que compte le pays. Et si leur nombre a augmenté depuis la révolution, c’est bien la faute à l’instabilité, à la contrebande et au commerce parallèle. A notre prince philanthrope et à ceux qui, j’espère, ne manqueront pas de suivre son exemple, je rappellerais que charité bien ordonnée commence… par les proches, et ce n’est pas moi qui le dis. Sans sectarisme bien évidemment .

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