Attention, le chômage tue

Le chômage est associé à un taux élevé d’accidents cardiovasculaires et plus généralement à une mortalité plus grande, chez les individus d’âge moyen, selon une étude de l’Inserm (Institut français de la santé et de la recherche médicale ).

L’étude publiée dans la revue International Archives of Occupational and Environmental Health, montre en effet une surmortalité environ 3 fois supérieure comparée à celle des non-chômeurs.

Pour ce faire,  une équipe de l’Inserm a analysé l’incidence des accidents cardiovasculaires mortels et non-mortels ainsi que le taux de mortalité (toutes causes confondues), auprès de 5852 volontaires français âgés de 45 à 64 ans , entre 1995 et 2007, soit pendant une période de 12 ans. Les participants étaient, au départ, exempts de maladie cardiovasculaire ou autres.

Un total de 242 accidents cardiovasculaires et 152 décès se sont produits au cours du suivi. Les résultats obtenus montrent ainsi un taux de risque d’accident cardiovasculaire multiplié par 1,84 , tandis que la mortalité globale (toutes causes confondues) est multipliée par 2,79 comparée aux personnes disposant emploi.  Le chômage ayant pour conséquence « des effets majeurs sur la survenue d’accidents cardiovasculaires et de pathologies chroniques ».

Selon Pierre Meneton, auteur de l’étude, cette surmortalité s’explique par le fait que les chômeurs sont plus susceptibles d’adopter des « comportements à risque ».  « Ils consomment plus d’alcool, moins de fruits et légumes, et ont un apport calorique (hors alcool) très significativement plus élevé que la moyenne », indique-t-il.

Ainsi, il ajoute : « Ces effets sont bien liés à la condition de chômeur, parce que les retraités ou les personnes volontairement inactives ne sont pas touchées ».

Toutefois, les résultats obtenus  sont loin de représenter la réalité , car ils se basent sur un échantillon de personnes plus favorisées que la moyenne et ne tiennent pas compte des effets de la crise économique.

De nombreuses études se sont penchées sur le même sujet , mettant en évidence les facteurs expliquant le surcroît de mortalité chez les chômeurs.

La diminution des revenus amène inévitablement celui qui la subit, à changer son mode de vie qui touche à la fois l’alimentation et l’hygiène de vie . De même que l’accès aux soins devient limité, ce qui n’est pas sans conséquence sur la santé.

L’isolement social , la perte d’estime de soi qui résultent souvent d’un chômage qui perdure, peuvent engendrer des troubles psychologiques, qui expliquent les comportements à risque et qui amènent dans certains cas, fort heureusement plus rares, au suicide.

Quels seraient les résultats d’une telle étude en Tunisie ? L’exemple de Mohamed Bouazizi est révélateur sur les les résultats auxquels on risque d’aboutir.

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