Beaucoup reste à faire pour une meilleure pénétration des marchés européens !

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La troisième matinale de l’export du CEPEX organisée, aujourd’hui, sous le thème «Mieux exporter vers l’Union Européenne», a été une occasion pour les experts, universitaires et hommes d’affaires tunisiens et européens de partager leurs expériences sur le marché européen, en tant que marché porteur.

Y ont pris part Abdellatif Hamam, PDG du CEPEX, Radhi Meddeb, Expert en économie et fondateur de l’association «Action et développement solidaire», Michaela Dodini, chef de la section commerciale à la délégation de l’UE en Tunisie, Corinne Salinas, attachée pour le secteur privé au sein de la Délégation de l’UE, Bassem Jelalia, sous-directeur à l’Agence de Promotion de l’Industrie et de l’Innovation (APII), Khalil Dinguizli, banquier principal à la BERD, Anis El Fahem, directeur de l’assistance technique à la BERD…

La Tunisie et l’UE sont liées par une zone de libre-échange pour les produits industriels grâce à l’Accord d’Association signé en 1995 et entré en vigueur en 1998. En vertu de cet accord, les produits industriels ont été libéralisés et des concessions réciproques pour les produits agricoles et les produits agricoles transformés ont été accordés. Néanmoins, le potentiel de l’accord d’Association n’a pas été totalement exploité et la majorité des exportations tunisiennes vers l’UE s’orientent vers seulement trois pays européens, à savoir la France, l’Italie et l’Allemagne.

A cet égard, Michaela Dodini, chef de la section commerciale à la délégation de l’UE en Tunisie, a précisé qu’une meilleure connaissance des conditions d’accès au marché européen devrait renforcer la diversification des marchés de destination pour les produits tunisiens à l’intérieur de l’UE.

Afin de permettre aux opérateurs de connaître facilement toutes les conditions d’exportation de leurs produits vers l’UE, un outil en ligne et gratuit appelé «Export Helpdesk de l’UE» a été mis à disposition par la Commission européenne.

«Il existe aussi de grandes opportunités de promotion des exportations tunisiennes grâce à une plus grande intégration dans l’espace euro-méditerranéen, et ce, à travers la libéralisation des secteurs encore fermés tels que le commerce des services, des produits agricoles, transformés et de la pêche et la réduction des barrières non tarifaires au commerce. C’est justement sur ces domaines que porte l’offre de l’UE à la Tunisie de négocier un accord de libre-échange complet et approfondi (ALECA) constituant l’un des principaux piliers du Partenariat Privilégié», a indiqué Mme Dodini.

Les opérateurs tunisiens peuvent, également, bénéficier des services en ligne gratuits du plus grand réseau d’entreprises au monde, l’Europe Enterprise Network (EEN). Cette plateforme, à laquelle la Tunisie participe depuis 2010, héberge plus de 600 organisations partenaires regroupées autour d’une centaine de coordinations nationales et régionales dans plus de 50 pays.

«L’EEN est un outil de réseautage qui offre un guichet unique pour les PME et diffuse en temps réel des informations sur des domaines, tels que l’accès au financement, les partenariats commerciaux et de recherche, les transferts de technologies, ainsi que  des évènements sectoriels ciblés sur plus de 17 thématiques spécialisées», ont affirmé Corinne Salinas, attachée pour le secteur privé au sein de la Délégation de l’UE et Bassem Jelalia, sous-directeur à l’APII.

Au cours de l’année 2015, un nouveau consortium sera mis en place en Tunisie sous la coordination de l’APII.

D’autre part, les exportateurs tunisiens peuvent avoir accès aux prestations de la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement (BERD), présente en Tunisie depuis 2012.

«En plus d’une vaste gamme de services financiers destinés aux entreprises tunisiennes, sous forme de crédits ou de participation en capital dans les sociétés, la BERD a mis en place un programme spécifique de financement des opérations du commerce international», a souligné Khalil Dinguizli, banquier principal à la BERD.

De par ce programme, un autre programme baptisé «Small Business Support»  et financé par l’UE et d’autres donateurs, offre, de même, des services de conseils personnalisés dans le but de rehausser la performance et la compétitivité des PME tunisiennes et d’accroître leur capacité à pénétrer les marchés européens et internationaux.

En dépit de ces moyens de facilitation, la faiblesse de la Tunisie réside, selon les propos de Radhi Meddeb, Expert en économie, dans le fait qu’elle n’exporte que ce qu’elle produit et n’essaie pas de diversifier les produits mondialement demandés.

Par ailleurs, la collaboration de la Tunisie avec les 500 millions de consommateurs européens ne représente que 2% de leurs importations.

De ce fait, M. Meddeb a recommandé d’établir une stratégie permettant d’entrer sur les marchés européens.

Partenariat Tunisie – UE en chiffres

L’UE est le premier partenaire commercial de la Tunisie. En 2014, 74.3% des exportations tunisiennes ont été dirigées vers l’UE, et 52.8% des importations provenaient de l’UE.

Les exportations en valeur ont enregistré une hausse de 6.85%, pour atteindre 21 096 MDT. Les importations ont, quant à elles, augmenté de 1.14%.

Les échanges commerciaux de la Tunisie avec l’UE (27) ont atteint, courant 2014, 43 300 millions de dinars (MDT).

Le déficit commercial s’est atténué de 50.18%, pour s’établir à 1094MDT.

S’agissant du taux de couverture, il s’est amélioré de 5.1 points.

L’UE est, également, la première source d’Investissement Direct Etranger en Tunisie, avec plus de 3.000 entreprises européennes installées en Tunisie, employant plus de 300.000 personnes.

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