Une prise de sang pour mieux arrêter de fumer

L’arrêt du tabac est un défi à part entière. Il sous-entend un engagement et une volonté mise à l’épreuve des tentations. D’un point de vue médical, le sevrage tabagique pose la question essentielle de la réponse au traitement, qui dépend d’une personne à une autre. Du fait de cette variabilité, et afin d’optimiser les chances de réussite, des scientifiques ont utilisé pour la première fois un marqueur biologique, qui détermine la vitesse avec laquelle l’organisme élimine la nicotine, permettant d’orienter le choix du traitement qui aille le mieux avec le patient.

Dans  l’expérience, dont les résultats ont été publiés dans la revue The Lancet Respiratory Medicine, 1246 participants ont été répartis en trois groupes : l’un où les patients ont reçu un placebo, un autre où les patients ont reçu des patchs de nicotine, et un troisième où les patients ont été traités par varénicline (médicament indiqué dans la désaccoutumance tabagique chez l’adulte) durant 11 semaines.

L’équipe de chercheurs de l’Université de Pennsylvanie à  Philadelphie a déterminé par la suite la réponse au traitement, selon la manière dont l’organisme dégrade la nicotine chez les patients, grâce à un marqueur biologique par analyse de sang. En effet, on distingue deux groupes de personnes : ceux qui dégradent la nicotine de manière normale ( ou métaboliseurs « normaux ») et ceux qui dégradent la nicotine de manière lente ( dits métaboliseurs lents) .

Les résultats ont montré que pour la catégorie des participants qui dégradent la nicotine à une vitesse normale, ceux qui avaient été traités par  la varénicline étaient deux fois plus nombreux à avoir réussis à arrêter de fumer que ceux qui avaient reçu des patchs nicotiniques. Pour les participants qui dégradent la nicotine de manière plus lente, la réponse était équivalente que ce soit pour les patchs nicotiniques ou la varénicline. Cependant, pour cette catégorie de patients la prise de varénicline était suivie de plus d’effets indésirables.

Au final, traiter les patients qui dégradent normalement la nicotine avec la varénicline et les métaboliseurs lents avec les patchs de nicotine pourrait optimiser la réussite dans le sevrage tabagique, tout en minimisant le risque d’effets secondaires.

« Ces résultats permettront d’envisager le suivi des patients qui souhaitent arrêter de fumer d’une manière différente. Un simple test sanguin pourrait donc aider les médecins à choisir le bon traitement pour leurs patients voulant arrêter de fumer », affirment les chercheurs.

Personnaliser le traitement en fonction de chaque fumeur désireux d’en finir avec la cigarette, grâce à un test sanguin simple à réaliser, pourrait peut-être entrer un jour  dans la prise en charge multidisciplinaire du sevrage tabagique, une mesure qui pourrait réduire, considérablement si bien menée, le risque de rechute en cours de traitement.

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