Tunis : la CGTT déterminée plus que jamais à se faire entendre

CGTT

Les journées des 3 et  4 décembre  ont été l’occasion de la commémoration du 90e anniversaire de la création de la Confédération Générale des Travailleurs Tunisiens (CGTT) et la tenue de son troisième congrès national depuis sa création en 2011. Un événement dont a profité M. Habib Guiza, secrétaire général, pour lancer un appel de soutien au mouvement syndical tunisien,  et  pour souligner la nécessité de respecter le principe de la pluralité syndicale en Tunisie.

Lancée en février 2011, par Habib Guiza, ancien membre de l’UGTT , la CGTT compte bien s’imposer dans le  paysage social  du pays, comme composante essentielle du pluralisme syndical en Tunisie. Un principe dont la concrétisation pourrait permettre de créer une nouvelle dynamique dans le secteur.

Les acteurs syndicaux n’ont pas manqué de dénoncer  les diverses tentatives d’exclusion à l’encontre de la CGTT depuis 2011, et d’affirmer la détermination de leur syndicat à défendre le pluralisme syndical, ainsi que la liberté syndicale en dépit  des pressions.  La  commémoration du 90e anniversaire de la création de la Confédération Générale des Travailleurs Tunisiens a été  également l’occasion de lancer un appel à la solidarité syndicale, un message essentiellement adressé à l’UGTT , comme en témoignent les déclarations de M. Habib Guiza qui affirme : « Nous devons travailler conjointement » ,  invitant l’UGTT à réviser ses comptes, et le gouvernement à s’engager à entendre d’autres voix syndicales.

« Sinon, on ne cédera jamais. On est là, on y reste« , poursuit-il dans son allocution, montrant que son organisation compte se  faire entendre non pas par  des déclarations, mais par l’action :  » Nous sommes déterminés à aller encore plus loin... », déclare-t-il. Le ton est donné…

Habib Guiza montre la détermination de son syndicat de rompre avec le passé , en déclarant: « Qu’on en finisse, alors, avec le parti unique et le syndicat unique. On pensait avoir définitivement rompu avec l’autoritarisme et la politique des deux poids deux mesures ».

Le secrétaire général de la CGTT a insisté sur l’engagement de son syndicat à accorder la priorité aux préoccupations des travailleurs tunisiens et de continuer à militer pour le maintien et la continuité du pluralisme syndical malgré l’absence de soutien financier de l’Etat.
Par ce message fort, la CGTT montre sa détermination à gagner  du terrain, se présentant comme une alternative, et jouant  la carte de la concurrence  pour attirer des adhérents souvent déçus par d’autres syndicats.

La commémoration a également été l’occasion de rappeler que le pluralisme syndical ne date pas d’hier en Tunisie. Il remonte en effet à la période du Protectorat français.

Le militant Mohamed Ali Hammi,  père du mouvement syndical tunisien, avait fondé en effet en 1925  la première organisation syndicale tunisienne qu’il baptisa du nom de  » Confédération Générale Tunisienne du Travail », dans le but de fédérer les syndicats qui commençaient à émerger dans le pays à cette époque, mais celle-ci est rapidement dissoute par les autorités occupantes françaises.

En 1937, l’organisation retrouve un nouveau souffle  à l’initiative de Belgacem Gnaoui, avant de disparaître peu de temps après en 1939. Reprenant cet héritage, la Confédération Générale Tunisienne du Travail a vu le jour après la révolution de 2011 , donnant un nouveau souffle au mouvement syndical tunisien, à l’image des changements qu’a connus depuis le pays.

Verrons-nous, dans cette pluralité, une potentialisation des efforts pour défendre les droits des travailleurs, ou bien des luttes intestines entre syndicats?

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