Trois ans après, L. Gbagbo…en Tunisie !

Le président sortant et candidat à la présidentielle, Moncef Marzouki, était ce matin, jeudi 20 novembre, l’invité de la radio Express FM, et ce, dans le cadre de sa campagne électorale. Au micro, Moncef Marzouki a déclaré qu’en cas d’ échec  à la présidentielle, il tournerait définitivement la page de la politique. « Si jamais je ne réussissais pas cette élection, je retournerais m’occuper des droits de l’Homme,  je reprendrais surtout l’écriture et le travail médical,  je ne ferais plus de politique ».

De plus, s’il reconnaît des erreurs au cours des trois ans passés au pouvoir, il ne se considère pas responsable du taux élevé de chômage car, à ses dires, la création d’emplois ne peut se faire qu’après la phase transitoire. Et de renchérir qu’il se considère comme le candidat le mieux placé pour mener à bon port les dossiers cruciaux du pays qu’il a d’ailleurs déjà commencé à travailler. Il lui suffit donc d’un autre mandat pour qu’il puisse continuer ce qu’il a déjà commencé, ajoute-t-il.

Marzouki accepterait-il le jeu démocratique et la passation pacifique du pouvoir ? Difficile à croire, surtout avec ses sorties lors de sa campagne électorale : d’Imed Dghij et Rekoba qui le soutiennent-membres violents des ex-Ligues de la protection de la Révolution– en passant par ses discours où des propos incitant à la haine comme ‘Taghout’ qui ont été employés à maintes reprises, et pour couronner le tout son slogan électoral « On gagne … ou on gagne ».

Un slogan emprunté à l’ex-président de la Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo, qui, signalons-le, sera, dans quelques mois, le premier ancien chef d’Etat africain à être jugé par la CPI ( la Cour pénale internationale ) pour crimes contre l’humanité lors de la crise post-électorale de 2010-2011. Gbagbo avait été arrêté en avril 2011 par les forces de son adversaire Alassane Ouattara, qui l’avait battu à l’élection présidentielle.

gbagboBref, avec  un slogan électoral ayant des racines pas très rassurantes (“On gagne… ou on gagne“), nous nous permettons d’avoir quelques doutes sur la sincérité de ses propos.

Pour revenir à ses déclarations à la radio, à travers lesquelles il a tenu à préciser que, même s’il a commis quelques erreurs au cours de son mandat, il n’était pas responsable de l’envolée du taux de chômage en Tunisie, nous avons quelques objections à cette affirmation.

En effet, Moncef Marzouki, n’ayant pas beaucoup de prérogatives, aurait pu s’occuper de notre diplomatie, et surtout, de notre diplomatie économique. Il aurait pu aller rencontrer les dirigeants des pays susceptibles d’investir en Tunisie, les rassurer sur le climat des affaires, leur proposer de mener quelques négociations avec le gouvernement dans le but de faciliter leurs investissements… Mais non, MMM a choisi une autre ligne éditoriale pour ‘sa’ diplomatie : écrire des articles pour le site d’Al-Jazira, détruire les relations syrio-tunisiennes, critiquer ‘le coup d’Etat’ égyptien, et se rapprocher le maximum des Qataris. J’accuse, Monsieur le Président…

Pour finir, cerise sur le gâteau, M. le Président sortant a tenu à déclarer qu’il faisait l’exception parmi les 22 candidats, après les démissions de quatre d’entre eux. Oui, pour être exceptionnel, on en convient, vous l’êtes Monsieur le Président. Vous êtes exceptionnel dans vos discours divisant le peuple, vous êtes exceptionnel dans vos promesses non tenues, vous êtes exceptionnel dans votre populisme digne d’un redoublant en communication, vous êtes exceptionnel dans votre arrogance politique, et vous êtes, surtout, exceptionnel dans votre autisme politique dans lequel vous baignez depuis voilà maintenant trois ans !

Monsieur le Président continue à nous étaler tous ses talents dans cette campagne qui prend fin, Dieu merci, demain, vendredi 21 novembre 2014, une campagne qui a eu pour slogan officieux ‘la fin justifie les moyens’, et cette fin n’est autre que le fabuleux Palais de Carthage.

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