Nous sommes défaillants

leconomistemaghrebin.com publie des extraits de l’interview de Chiheb Ben Ahmed, ministre du Transport parue dans notre dernière livraison du magazine du 3 septembre 2014 . 

L’Economiste Maghrébin : Qu’en est-il de la gouvernance des marchés publics, un autre point de votre feuille de route ?

Chiheb Ben Ahmed : A chaque fois, nos appels d’offres s’avèrent infructueux. Ce qui impacte la bonne marche de l’entreprise qui peut alors se trouver en difficulté. Les marchés publics, c’est un véritable problème, dû notamment au laisser-aller. Un exemple parmi d’autres : le matériel est disparate, de différentes marques, comme ce qui se passe au port de Radès.

A l’échelle régionale, chaque société de transport a quatre à cinq différentes marques de bus. Ce qui se répercute sur la qualification du personnel, la gestion et l’achat des pièces de rechange, le risque de hausse du taux d’immobilisation,…

C’est le cas pour la SRT de Kasserine, dont le taux d’immobilisation avoisine les 40%. Heureusement qu’après analyse de la situation, il a été possible de trouver le matériel manquant dans une autre société régionale. Ce qui veut dire aussi qu’il y a un déficit de communication intersectorielle.

Par ailleurs, il nous faut trouver des procédures spécifiques, à la mesure du service que nous rendons au public. Un service qui ne devrait pas s’arrêter. En effet, si l’on doit, à chaque fois qu’il y a un problème, suivre à la lettre la procédure indiquée, avec appels d’offres, ouverture des plis, commissaire aux comptes, contrôleurs d’Etat, vérifications, on ne s’en sortira pas. Nous ne sommes pas une administration. La spécificité de notre activité exige une procédure spécifique.

Il faut reconnaître  qu’avec les méthodes et la structure administrative actuelles, nous sommes défaillants à l’échelle du ministère. Exemple : le secteur des auto-écoles, qui est en partie sous notre tutelle pour ce qui est des lois et de la réglementation. Nous ne veillons pas, comme il se doit, à l’application de la loi au moment où les mauvaises pratiques, pour ne pas dire autre chose, sévissent et mettent en danger la sécurité du citoyen. Des mesures ont été prises à notre niveau et au niveau de la profession pour une meilleure marche du secteur, notre apport étant surtout, comme je viens de le dire, un rôle de régulation et d’application de la loi.

Quelle est votre ambition pour les grandes sociétés qui sont sous votre tutelle et sont exposées à la concurrence internationale comme Tunisair, la CTN… ?

Pour Tunisair, j’estime que la compagnie doit d’abord, avant même de se doter d’un plan de redressement ou autre, se fixer un objectif clair, à savoir être la compagnie la plus performante en Afrique ou dans le monde arabe. Et c’est dans la perspective de réaliser cet objectif que la compagnie va agir, travailler en fonction d’une stratégie, d’un plan adéquat.

La même démarche devrait être adoptée pour le transport maritime et terrestre. Naviguer dans le flou ne mène à rien. Il nous faut des objectifs simples, nets et précis à réaliser.

vous êtes en terrain conquis au regard de votre proximité et de votre fibre syndicale …

Mon expérience en matière syndicale m’a beaucoup aidé. Je ne cesse de le répéter, il faut aider l’Ugtt à nous aider.

Pour réussir le plan de sauvetage de la Stam, il faut conjuguer les efforts de tous et traiter tout le monde, du simple ouvrier au haut responsable, sur un pied d’égalité, mais aussi être transparent et dire toute la vérité sur la situation réelle de la société. Continuité, transparence et confiance, voilà les bases du dialogue avec le syndicat auquel je participe personnellement. Pour moi, il faut faire évoluer le dialogue social, qui ne doit pas se cantonner à la revendication. Revendiquer et recevoir oui, mais en contrepartie d’un programme. Et c’est là l’essence même de la deuxième phase du plan, qui porte sur le dialogue social. Dialogue qui se poursuit lors des réunions de travail pour décider, consigner les décisions et suivre leur concrétisation. C’est pourquoi j’y assiste personnellement pour prendre les décisions qu’il faut, au moment qu’il faut. Et c’est pour cette raison également aussi que les grèves envisagées n’ont pas eu lieu.

1 COMMENTAIRE

  1. Lettre ouverte à Monsieur le Ministre des Transports

    Monsieur le Ministre,

    Je suis un cadre fonctionnaire dévoué et patriote de l’OACA, et il est de mon devoir national de vous alerter.

    Comme vous l’avez dit lors de la conférence de presse du 90e anniversaire de l’OACA en ce qui concerne l’appel d’offre des Duty Free, « l’Etat doit préserver tous ses droits, et tout sera annulé si une opération suspecte est détectée ».

    Voici donc les cas suspects, Monsieur le Ministre, ils sont pour la plupart déjà dans le domaine public :

    Cas suspect #1 :

    Comme vous le savez
    peut être, le jour du dépouillement de l’appel d’offre, un employé de
    l’ambassade Turque a fait le forcing pour rentrer dans la salle et en a par la
    suite été expulsé. N’est pas déjà une opération suspecte ? Comme la diplomatie
    d’un pays tiers peut-elle s’immiscer de la sorte dans un appel d’offre Tunisien
    en jouant de son influence ?

    Cas suspect #2 :

    Le fait que les
    offres de prix soient de plus de 45%, n’est pas suspect ? Cela ne montre-t-il
    pas que ce sont des offres pour nous allécher et qu’elles seront revues le
    lendemain par le gagnant ? La moyenne mondiale est autour de 30%. On se moque
    de nous Monsieur le Ministre, ce dossier a été mal monté par votre prédecesseur
    et l’ancien PDG de l’OACA

    Cas suspect #3 :

    Pourquoi les Turcs
    ont il créé une nouvelle structure avec Hmila pour répondre a l’appel d’offre?
    Car ils n’arrivent même pas a payer la redevance minimum sur laquelle ils se
    sont engagés pour Enfidha et Monastir… Rien de pro Tunisien ici, juste une
    magouille suspecte pour faire oublier leur manque de sérieux et leur permettre
    de postuler avec une feuille blanche.

    Cas suspect #4 :

    Vous le vivez tous
    les jours, la pression pour que cet appel d’offre soit vite attribué avant les
    élections, n’est ce pas la aussi un acte suspect ? Dans quel pays du monde un
    appel d’offre de cet ampleur est il précipité avant les élections ?

    Cas suspect #5 :

    Toutes les rumeurs de
    valises et de corruption, qui si seulement 1% d’entre elles sont vraies sont
    plus que suspectes ! Vous avez d’ailleurs viré et je vous en remercie Salah
    Gharsallah un Nahdhaoui connu et incompétent et mis Si Lassaad Mrabet pour qu’il
    corrige le tir et rectifie le tir. Sans compter l’inspection qui a été mise en
    place par le Permier Ministre pour comprendre les agissements de Gharsalah…
    Faut-il rappeler que Gharsallah était conseiller économique de Hamadi Jbeli a
    La Kasbah ? Plus suspect que cela, ce n’est pas possible.

    Je sais que vous avez
    une tache plus que difficile, je sais que ce n’est pas facile pour vous de
    gérer toutes ses pressions. Mais c’est notre devoir national. Et c’est mon
    devoir en tant qu’employé de l’OACA depuis plus de 15 ans de vous tenir au
    courant de ce genre de choses et de vous conseiller de mon mieux.

    Bien entendu, vu les
    pressions diverses et variées et ce que l’on vit aujourd’hui vous comprendrez
    que je veuille garder l’anonymat.

    Cet appel d’offre est
    un fiasco qui peut coûter très cher a notre office, notre ministère, notre
    économie et surtout notre Pays.

    En espérant Si Chiheb
    que vous annuliez cette mascarade, car cela fait partie de vos prérogatives, et
    vous avez aussi donné votre parole.

    Très respectueusement,

    Un fonctionnaire patriote et dévoué

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