Financement des partis politiques : là où le bât blesse

De gauche à droite : E. Fekhfekh, M. Abbou et Adel kadri

Au moment où la société civile, partis politiques et observateurs commencent à se pencher sur les prochaines élections, les alliances politiques et le faible taux des inscrits sur les listes électorales, d’autres partis politiques ont préféré, le 3 juillet, débattre à Tunis du financement des partis politiques et des associations durant la campagne électorale.
Elyès Fakhfakh, ancien ministre des Finances et dirigeant au sein d’Ettakatol, a axé son intervention sur son expérience personnelle au sein du gouvernement de la Troïka. Pesant ses mots, il a adressé des reproches aux médias « qui n’ont pas abordé ce sujet malgré son importance capitale ». Sans les citer nommément, il a rappelé à son auditoire les agissements de plusieurs partis politiques. A en croire M. Fakhfakh, le décret relatif à l’organisation de la vie politique « devrait être révisé. Cependant, cela ne justifie pas les dépassements de certains partis politiques ».

Toujours est-il que d’après le même décret, le suivi du financement des partis politiques ainsi que la validation de leurs comptes passent par plusieurs intervenants : un comité constitué du premier président du Tribunal administratif, le premier président de la Cour d’appel et le président de l’Ordre des experts-comptables de Tunisie (OECT) pour enfin arriver à l’étape de la publication au large public des sources de financement des partis, après validation du Premier ministre.

Au-delà de la problématique du financement, un autre problème se pose, à savoir celui de la relation entre les médias et les partis politiques pendant la campagne électorale :  «  Le rôle des médias dans l’orientation de l’opinion publique est fondamental », précise Adel Kadri, activiste au Mouvement unitaire progressiste (MUP). Selon lui, les médias tunisiens n’appliquent pas le principe de la neutralité :«  Je ne veux pas citer de noms, mais plusieurs médias tunisiens sont le porte-étendard d’un parti politique ».

M. Kadri poursuit ses critiques des médias tunisiens en insinuant que leur ligne éditoriale a pris une autre direction après le départ du gouvernement de la Troïka. Pour être honnête, il a rappelé que la situation est la même dans plusieurs pays. Il a, dans ce sens, cité l’exemple de Berlusconi et de Nicolas Sarkozy « dont la sulfureuse réputation a été créée par certains médias », dit-il.

La situation se complique notamment avec les hommes politiques qui disposent de leur propre chaîne de télévision, «  chose qui leur facilite la propagande politique au détriment des autres partis », a-t-il ajouté. Pour conclure son intervention, il a plaidé pour une intervention de la Haute autorité indépendante de la communication audiovisuelle (HAICA).

Qu’en est-il du rôle de la société civile ?

De son côté, Mme Leïla Bahria, présidente de l’Observatoire Chahed, affirme qu’ il existe une relation étroite et directe, contrairement à ce qu’on peut croire, entre le financement des associations et celui des partis politiques. Selon elle, les associations peuvent omettre de déclarer une partie d’un budget d’un parti politique donné d’où la nécessité de contrôler et auditer les comptes des associations.

Après les trois communications, la parole a été cédée à Mohamed Abbou, secrétaire général du Courant démocratique, qui est revenu, lors de son intervention, sur le contrôle du financement des partis politiques. M. Abbou a proposé de trouver d’abord des solutions provisoires, en attendant l’élaboration d’une nouvelle loi sur le financement des partis.

Il propose, à cet effet, la création d’un comité spécial ayant pour tâche le contrôle de tous les volets liés aux élections. Il a, à la fin de son intervention, appelé à renforcer «  l’indépendance » du président de la Cour des comptes.

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