Afrique : pour un meilleur positionnement de l’entreprise tunisienne

Ce n’est certainement pas un hasard si l’année 2014 a été déclarée par l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (UTICA), année de l’Afrique, dans son plan d’action à l’international. C’est dans ce cadre, et pour aider les entreprises tunisiennes à se repositionner sur le marché africain, que l’UTICA a organisé aujourd’hui une table ronde autour du thème « Pour un meilleur positionnement de l’entreprise tunisienne sur le marché africain ».

En effet, contrairement aux autres continents, l’Afrique affiche depuis quelques années des indicateurs positifs dans la plupart des domaines, comme le confirment aussi bien les chiffres publiés par la Banque Africaine de Développement (BAD), ou ceux annoncés dans les rapports des différentes instances internationales, d’autant que depuis 2000, la taille de l’économie africaine a plus que triplé.

C’est ainsi qu’en 2012 et contrairement à la tendance mondiale, les investissements directs étrangers (IDE) ont augmenté de 5% en Afrique, selon le rapport annuel de la CNUCED. En effet, alors que ces IDE ont chuté de 18 % au niveau mondial, les flux financiers vers les pays africains ont connu une croissance de 5 % et ont atteint 50 milliards de dollars en 2012 contre 47 milliards en 2011. De même, les sorties d’IDE des pays africains ont presque triplé en 2012, atteignant un record de 14 milliards de dollars, en augmentant dans toutes les parties du continent.

Tels son les chiffres qui expliquent l’intérêt que les entreprises tunisiennes portent au marché africain et les raisons de  discuter de cette problématique autour de la table ronde organisée par l’UTICA.

Ouvrant les travaux de la table ronde, Wided Bouchemaoui, présidente de l’UTICA, a déclaré que le marché africain présente un potentiel important, que les entreprises tunisiennes se doivent de saisir, ajoutant que ces entreprises malgré les risques spécifiques et des informations insuffisantes ont enregistré des success stories dignes d’être prises en exemple.

Prenant ensuite la parole, Najla Harrouch, ministre du Commerce et de l’Artisanat, a déclaré que la Tunisie jouit d’une bonne image de marque sur ce marché, ajoutant que la Tunisie est décidée à être plus présente en Afrique et que son ministère en collaboration avec le CEPEX œuvrent dans ce sens, à travers un redéploiement des moyens disponibles pour ouvrir de nouveaux bureaux CEPEX en 2014 et en programmer d’autres pour les années à venir, dans le cadre d’une stratégie de promotion des exportations.

Les représentations du CEPEX passeront d’une seule à cinq en 2014. De même, a ajouté la ministre, le Foprodex sera revu dans le sens de plus d’efficacité et d’efficience dans son activité d’appui (qu’il s’agisse de l’approbation des projets ou du déblocage des fonds) aux entreprises désirant s’implanter en Afrique.

Concernant les priorités, la ministre a déclaré que les secteurs d’ores et déjà identifiés sont ceux de l’enseignement ( 6000 étudiants africains poursuivent leurs études en Tunisie), des produits pharmaceutiques et du tourisme médical.

Taoufik Mlayah, responsable de l’Afrique à l’UTICA, a pris ensuite la parole pour présenter le programme de la centrale patronale qui vise à promouvoir la présence de l’entreprise tunisienne en Afrique. Outre la mission de prospection au Cameroun, au Gabon, en Côte d’Ivoire en 2014, l’UTICA organisera en 2014 un grand forum sur l’Afrique avec la participation des partenaires africains.

De même, la centrale patronale associera à cette action Afrique, outre le CEPEX, les chambres de commerce et d’industrie, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

Après avoir été pionnière, a-t-il ajouté, la Tunisie a depuis de nombreuses années perdu cette position de leader, rappelant que la Tunisie a été la première à ouvrir une banque en Afrique subsaharienne (au Sénégal) et la première à ouvrir une ligne aérienne Tunis-Dakar.

Actuellement, les données ont changé et la Tunisie a cumulé quelques handicaps. Ainsi par exemple, le port de Radès, qui était le moins cher de la Méditerranée, est devenu le plus cher à cause des longs stationnements en rade (quatre mouvements par heure contre 20 mouvements pour le port de Tanger).

De même, le pays ne dispose que de sept représentations diplomatiques en Afrique, à quoi s’ajoute l’absence de réunions depuis trois ans des commissions mixtes. En conclusion, l’intervenant a déclaré qu’il n’est jamais trop tard et que c’est la volonté politique qui manque.

Le directeur général du CEPEX, Abdellatif Hammam, a ensuite fait une présentation chiffrée du marché africain qui met en relief ses potentialités considérables. L’Afrique a enregistré 16% de croissance entre 2000 et 2011, dispose des réserves de change les plus importantes après l’Asie (500 milliards de dollars US environ) et sa capitalisation boursière a été multipliée par neuf depuis 2000. Volet investissement, a ajouté l’intervenant,72 millions de US dollars d’IDE sont attendus en Afrique pour cette année et les pays du continent enregistrent un taux de croissance de 6 à 13 %.

Le conférencier a relevé un fait marquant, à savoir les regroupements régionaux tels la COMESA, la SEDAO ou la SADC, qui jouent un rôle économique de plus en plus important.

Après la présentation d’Ernest and Young Tunisie qui a porté sur l’attractivité de l’Afrique, deux entreprises tunisiennes travaillant en Afrique (Tuninvest et CIC-relais consult group) ont présenté leurs témoignages, puis Mme Mupotola Moona, de la division manager de la BAD, a clôturé les interventions avant les débats.

En clôture de la table ronde, les participants ont recommandé l’élaboration d’une stratégie Afrique impliquant outre les entreprises, toutes les parties prenantes. Une telle stratégie devra traiter des entraves à l’implantation de l’entreprise tunisienne en Afrique, de la facilitation des échanges à travers notamment :

  • Une redynamisation des conseils d’affaires mixtes;
  • Un meilleur branding de l’image de la Tunisie;
  • Unemeilleure souplesse dans la délivrance des visas;
  • Une révision des accords douaniers.

L’objectif étant de réaliser des concertations et de travailler en groupe, à travers la mise en place d’un team Afrique.

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