Macron, le sionisme et l’antisémitisme

Emmanuel Macron

Photo crédits : https://en.news-front.info

En termes de renforcement de son pouvoir et de ralliement des forces influentes en France et dans le monde, le jeune président français n’y va pas de main morte. En plus de ses lourdes charges présidentielles, M. Emmanuel Macron s’est auto-chargé d’une mission qui consiste à s’attaquer aux antisionistes et à les dénoncer partout où ils se trouvent. Car, assure-t-il, il ne « cèderait rien à l’antisionisme » qui, selon lui, est « la forme réinventée de l’antisémitisme ».

Voilà donc, les antisionistes sont avertis. Macron les a à l’œil et vaines seront leurs tentatives de déguiser leur « antisémitisme » en engagement politique contre le projet sioniste en Palestine. La manœuvre ne peut échapper à la vigilance du fougueux président.

Ces avertissements ont été lancés dimanche dernier en présence du Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, invité personnel du président français à la cérémonie de commémoration du 75e anniversaire de la « Rafle du Vel d’Iv » au cours de laquelle quelque 13000 Juifs français ont été déportés par le gouvernement de Vichy.

Soucieux de faire plaisir à son invité Netanyahu, impatient de montrer son loyalisme sans faille aux milieux sionistes influents dans le monde, Emmanuel Macron n’a pas hésité à remuer le couteau dans la plaie et à relire l’une des pages les plus douloureuses de l’histoire de France qui, durant 75 ans, a été lue et relue ad nauseum : « Je récuse, dit-il, les accommodements et les subtilités de ceux qui prétendent que Vichy ce n’était pas la France. Car Vichy, ce n’était certes pas tous les Français, mais c’était le gouvernement et l’administration de la France. Les 16 et 17 juillet 1942 furent l’œuvre de la police française, obéissant aux ordres du gouvernement de Pierre Laval (…). Pas un seul Allemand n’y prêta la main. »

Emporté par son élan, Macron est allé jusqu’à mettre à l’index les deux grands présidents de la France : « Je récuse aussi, affirme-t-il, ceux qui font acte de relativisme et expliquent qu’exonérer la France de la rafle du Vel d’Hiv serait une bonne chose, serait s’inscrire dans les pas du général de Gaulle et de François Mitterrand, qui sur ce sujet restèrent mutiques. »

On aurait tout imaginé sauf qu’un jour, les deux présidents qui ont marqué le plus l’histoire de France, qui ont contribué à la mise en place d’une politique étrangère équilibrée et digne de la puissance de la France soient malmenés plusieurs années après leur mort par un novice dont l’inexpérience tranche dangereusement avec les réalités dramatiques et complexes d’un monde en ébullition.

On croyait que les attaques contre les antisionistes et leur assimilation aux antisémites est une gymnastique dont le monopole était entre les mains de l’Etat d’Israël et de la puissante machine à son service en Europe et aux Etats-Unis. La « sortie » de Macron le 16 juillet dernier vient confirmer hélas ! que le président d’un pays aussi puissant que la France n’hésite pas à devenir l’un des rouages de cette machine infernale dont le but premier est de travestir la réalité du drame palestinien, c’est-à-dire transformer les résistants palestiniens en terroristes sanguinaires et l’occupant sioniste en pauvre victime du sempiternel antisémitisme.

On peut expliquer cela par deux raisons principales. Tout d’abord, M. Macron, contrairement à De Gaulle et Mitterrand qu’il dénonçait, est encore incapable, de par son jeune âge et son inexpérience, de mettre en place une politique étrangère digne de la puissance française, une politique qui prenne en compte les subtilités et les complexités du conflit israélo-arabe. Ensuite, le jeune président semble plus intéressé par le soutien à sa propre personne des puissants lobbies en France et dans le monde que d’un rôle constructif que pourrait jouer la France au Moyen-Orient.

La Rafle du Vel d’Hiv est certes un drame dans l’histoire de France qui a fait 13000 victimes il y a 75 ans. Et même si le risque est équivalent à zéro qu’un tel drame se reproduise, il est du droit du président français de commémorer un tel drame et d’avoir comme invité d’honneur, Netanyahu,  responsable du malheur non pas de 13000, mais de millions d’êtres humains en Palestine.

Il est du droit de M. Macron de pleurer à chaudes larmes sur le sort de 13000 Juifs injustement déportés par Vichy il y a 75 ans. Mais il est aussi de son devoir de ne pas regarder ailleurs et d’ignorer les drames bibliques qui ont fait et qui continuent de faire des millions de victimes en Palestine, en Irak, en Syrie et ailleurs dans le monde arabe et dont la responsabilité incombe en premier lieu aux milieux sionistes qui ont poussé Bush et Blair à ouvrir les portes de l’enfer sur une large partie du monde. Sans parler de la Libye où la responsabilité de la France sarkoziste dans la destruction de ce pays est évidente pour tous.

Non, M. Macron, l’antisionisme n’est pas « la forme réinventée de l’antisémitisme », mais un engagement pour la justice et la paix dans le monde. Et ce ne sont pas seulement les Arabes qui le disent, mais les Juifs soucieux de la sécurité de leur pays, Israël, et inquiets de la politique de Netanyahu, génératrice d’agressions, de guerres et de destruction. Pour s’en convaincre, il suffit de « googler » Uri Avnery et Gideon Levy, deux grands journalistes israéliens qui ne cessent de dénoncer depuis des années les abus, les injustices et les dangers de la politique sioniste de leur pays. Eux aussi sont classés par la machine de propagande sioniste comme des « antisémites ». Mais des antisémites d’un genre particulier : « self-haters jews » qu’on peut traduire par « des Juifs qui s’auto-détestent ».

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Publié le 17/07/2017 à 20:54

  • Mylene de Jesse

    Emporté par votre diatribe, vous avez dû vous tromper dans cette phrase :  » Mais il est aussi (du) devoir de (Macron) de ne pas regarder ailleurs et d’ignorer les drames bibliques qui ont fait et qui continuent de faire des millions de victimes en Palestine, en Irak, en Syrie et ailleurs dans le monde arabe et dont la responsabilité incombe en premier lieu aux milieux sionistes  »
    Vous vouliez certainement dire l’inverse, à savoir qu’il est du devoir de Macron de regarder ailleurs qu’en France et de faire cas des drames vécus par le monde arabe du fait des sionistes.
    Car c’est bien connu, Macron a été élu Président des Nations de l’univers mais aussi député de la Oumma et janissaire au service des Palestiniens au palais Bourbon et bien sûr, les juifs sont responsables des millions de victimes arabes de par le monde.
    Bravo !

    Non, ce n’est toujours pas de l’antisémitisme sous les traits de l’antisionisme, non non.

    • Hmida Ben Romdhane

      Non je ne veux pas dire l’inverse ; non, Macron n’a pas
      été élu Président des Nations de l’univers ni député de la Oumma et janissaire
      au service des Palestiniens au palais Bourbon ; non je ne veux pas dire
      que Macron doit regarder ailleurs qu’en France, mais plutôt de regarder au fond
      des yeux la France politique de Sarkozy et la France « philosophique »
      de Bernard Henri Levy et le rôle de ces deux France dans la destruction de la
      Libye et la descente aux enfers de son peuple. Macron ne peut ignorer que
      Sarkozy a été élu président de la France grâce entre autres à l’argent de
      Kadhafi, grâce notamment aux valises de cash contenant les millions d’euros que
      le Franco-Libanais Takieddine a reconnu avoir déposé au bureau du ministre de l’Intérieur
      d’alors, un certain Sarkozy. Pour remercier son bienfaiteur, Sarkozy l’a livré
      aux terroristes avec l’encouragement de BHL. Et on connait la suite : Kadhafi
      sodomisé avec une baïonnette avant d’être assassiné. Mais Macron au lieu de
      demander des comptes à Sarkozy pour ses crimes contre le peuple libyen, il préfère
      dîner avec lui.

      Cela dit, comme vous le dites si bien, Macron n’a pas été
      élu Président des Nations de l’univers ni député de la Oumma et janissaire au
      service des Palestiniens. Mais il n’a pas été élu non plus pour servir le
      sionisme, une idéologie abhorrée par la majorité de l’humanité, ni pour
      déterrer des événements qui ont suffisamment divisé les Français, ni pour s’en
      prendre à de grands serviteurs de la France, De Gaulle et Mitterrand auxquels
      il n’arrive pas à la cheville. Il est vrai que la Rafle du Vel d’Hiv avait fait
      quelques milliers de victimes juives. Mais le Nazisme avait fait 60 millions de
      victimes dans le monde dont 25 millions pour la seule Russie…

      • Mylene de Jesse

        Monsieur, vous noyez le poisson dans l’eau avec d’autres plus gros poissons et on ne voit plus votre poisson !
        Peu nous importe ici BHL, Sarkozy, Kadhafi, Takieddine, la valise de billets, la baïonnette sodomite, la Libye, de Gaulle, Mitterrand, le Vel d’hiv, le nazisme, la Russie… ! Ouf ! Vous voyez par où vous avez dû passer (et me faire passer) pour répondre, enfin essayer de répondre à mon post ? C’est ridicule. Et c’est souvent comme ça.

        Macron « n’a pas été élu pour servir le sionisme » ? Certes mais il a été élu pour maintenir la fraternité frappée sur notre devise, dont l’antisémitisme ne peut pas faire partie. Et puis, on a des lois qui interdisent le racisme caractérisé, que voulez-vous ! Maintenant, on ne pourrait pas les abroger sans paraître suspect.
        Vous le savez très bien, M. Malliet (que je ne connais pas) et moi-même essayons de vous montrer et si vous êtes aveugle, de vous faire palper la réalité de ce parallèle. Antisionisme = antisémitisme.

        Vous avez raison quand vous dites que le sionisme est abhorré par la majorité de l’humanité (dont je ne fais pas partie). Hier, c’était les juifs qui étaient abhorrés par la majorité de l’humanité. A votre avis, quel est le point commun entre sionisme et juif ? Réponse : la haine.
        Et comme je le disais précédemment à notre ami, il existe sur la planète d’autres causes nationalistes avec contestation de territoires qui ne font pas tout ce foin international. Pourquoi ? Sont-elles moins légitimes, moins graves ? Parce que dans ces conflits, aucun des protagonistes n’est juif.
        Arafat disait : « Nous avons de la chance que nos ennemis soient des juifs car cela nous garantit le soutien des nations du monde ». On ne peut mieux dire.
        Allez, si je ne peux vous convaincre, Arafat le devrait.

        • Hmida Ben Romdhane

          Calmez-vous Madame, votre hystérie pro-sioniste pourrait se répercuter gravement sur votre santé. Googlez un peu les juifs « antisémites » Jacob Cohen, Uri Avnery ou encore Gideon Levy. Ce qu’ils écrivent, si jamais vous arrivez à le comprendre, pourra peut-être vous aider à dépasser votre fanatisme sioniste et à soigner votre cécité politique.

          • Mylene de Jesse

            « Hystérie » parce que je suis une femme ? Merci le sexisme.
            Et à fanatisme, fanatisme et demi, Monsieur. D’autant que je ne me définis pas comme « pro-sioniste » mais une chose est sûre : je ne suis pas antisioniste.

            En fait, les gens comme vous (et la majorité de l’humanité) ne m’en donnent même pas l’occasion. Impossible pour moi de critiquer la politique d’Israël (sur laquelle j’aurais p-être eu des bricoles à dire) puisque la majorité de l’humanité s’en charge – et avec quelle conviction, quelle rage ! C’en est tellement ridicule que je le leur laisse. Aboyer avec les loups, je laisse cela aux loups.

            Et peu m’importe les juifs antisionistes que vous citez, ils sont si peu nombreux. Pendant que vous y êtes, évoquez les rabbins antisionistes aussi qui portent le keffieh.

            Mais comme précédemment, vous ne répondez pas aux arguments précis ; vous noyez le poisson ou changez légèrement de sujet.

    • Martin Malliet

      Mylène de Jesse – Votre difficulté de compréhension montre que vous n’êtes pas antisioniste. Et que vous avez encore du mal à adopter le point de vue de l’antisioniste, qui voit en Macron un serviteur d’Israël s’ayant attiré le devoir de fermer les yeux sur toutes ses turpitudes (dont les victimes se comptent bien sûr par millions). Hmida Ben Romdhane est un journaliste de talent, et de toutes les réfutations de Macron que j’ai regardées, la sienne est de loin la meilleure. Tout en étant complètement fausse. Et devenant ainsi une démonstration pour le bien-fondé de l’équivalence antisionisme = antisémitisme mise en avant par Macron. A la longue, même un antisioniste finira par être rattrapé par la vérité. Mais c’est souvent long. Et toujours trop long pour les victimes de l’antisionisme.

      • Mylene de Jesse

        Bjr.
        Evidemment que je ne suis pas antisioniste : cela n’a pas d’importance pour moi, si je puis dire, c’en est même un peu ridicule. Parce que dans mon esprit, le sionisme est le « droit » aux juifs de retourner légitimement dans leur pays d’origine après les affres millénaires de leur histoire et pour certains, puisqu’ils n’ont que ce pays d’origine, de pouvoir y vivre paisiblement comme tout un chacun. Rien d’autre.
        Dans votre esprit, le sionisme doit être l’accaparement de terres, la spoliation et destruction de maisons, le meurtre d’enfants palestiniens voire la destitution d’un peuple souverain pacifique par des usurpateurs et des meurtriers.
        Dans la réalité, il n’en est rien et je pense que vous devez le savoir.
        Tout le monde sait que l’antisionisme = l’antisémitisme. Pour preuve : on ne voit nulle part sur la planète de « cause nationaliste » (et pourtant, il y en a entre Chypre, le Tibet, le Sahara, etc.) qui soit prise autant à coeur par autant de monde sur tous les continents.
        Les antisémites sont bien contents de pouvoir se conformer à la doxa antiraciste tout en étant vigoureusement et visiblement antisioniste, et il se peut que leur antisémitisme caché soit si profondément enfoui sous l’épaisse couche de l’antisionisme, qu’ils l’aient un peu oublié.
        Bien sûr, il existe peut-être quelques personnes qui ne sont peut-être pas antisémites a priori mais se sont laissées manipuler par la puissante propagande pro-arabe, et convaincues de la situation misérable des Palestiniens, « damnés de la terre » (comme s’ils étaient les pires), et pensent ce faisant combattre la politique israélienne.
        Mais vous conviendrez avec moi que ce n’est pas à Macron de faire la psychanalyse des gens.
        Et ne vous inquiétez pas : la real politique a fait en sorte que Macron, quelques jours après sa déclaration d’équivalence à la commémoration du Vel d’hiv, a lui-même confondu les agresseurs palestiniens tués avec les victimes agressées israéliennes tuées et demandé à Netanyahu de ne pas mettre d’huile sur le feu avec ses portiques magnétiques pouvant garantir la sécurité de tous, ou quelque chose de la sorte Vous voyez, rien n’est toujours perdu !

  • Martin Malliet

    Quand j’ai appris la déclaration du Président Macron sur l’antisionisme ‘réinvention de l’antisémitisme’, ma première réaction était de me dire: mais sait-il seulement ce qu’il a pris sur lui en disant cela? Ne jamais rien céder à l’antisionisme? Sait-il qu’il va devoir être beaucoup plus clair s’il ne veut pas que cela reste des paroles en l’air?

    Votre article est une très bonne illustration de ce que je voyais venir. Car les antisionistes sont comme les antisémites, ils ne comprennent jamais en quoi ils sont antisémites. S’ils le comprenaient, ils ne le seraient pas!

    Les subtilités du genre antisionisme = antisémitisme ne suffisent donc pas: le Président Macron va devoir parler beaucoup plus clairement aux antisionistes pour être entendu. En disant à peu près ceci:

    Non, ce n’est pas la propagande sioniste qui travestit la réalité du drame palestinien. C’est bien la propagande palestinienne qui est mensongère sur toute la ligne! Non, les terroristes palestiniens ne sont pas des victimes qui opposent une résistance à l’agression sioniste. Ils sont bel et bien les moudjahidin faisant la ‘guerre sainte’ aux Juifs d’Israël, une guerre antisémite qui a commencé avec la révolte arabe de 1936-39 dirigée à la fois contre la puissance mandataire britannique en Palestine et contre la communauté juive en Palestine.

    Certes, cette ‘guerre sainte’ était motivée par le projet sioniste de fonder un état en Palestine. Un état qui deviendrait juif par l’immigration des Juifs persécutés un peu partout dans le monde, y compris dans le monde arabe. Et dans lequel les Arabes musulmans et chrétiens deviendraient une minorité.

    Certes, on peut comprendre que cette perspective n’enchantait pas la population arabe de Palestine. Et qu’ils auraient préféré que les Juifs fondent leur état ailleurs qu’en Palestine.

    Mais, mais: on ne pourra jamais comprendre que leurs leaders aient simplement refusé d’entrer en négociation avec les sionistes pour trouver un compromis honorable. On ne pourra jamais accepter qu’ils se soient comportés comme s’ils étaient en droit de rejeter purement et simplement le projet sioniste de leurs concitoyens juifs. On ne pourra jamais admettre la mauvaise foi antisémite dont ils ont fait montre en accusant les sionistes de vouloir déposséder et expulser la population arabe de Palestine, quand au contraire le projet sioniste et le mandat britannique prévoyaient tous les deux expressément le respect du droit de toutes les populations présentes en Palestine.

    Et pourtant, c’est exactement comme cela que les leaders arabes se sont comportés: en plaçant leur droit au-dessus du droit de tous les autres, et au-dessus du droit des Juifs sionistes tout particulièrement. En défendant ensuite leur droit à la suprématie par la violence et la guerre. Et en ayant le culot de prétendre jusqu’aujourd’hui que cette ‘guerre sainte’ fût une guerre juste, et non pas une guerre antisémite injuste et criminelle!

    Voilà la réalité du drame palestinien: il est la conséquence d’une guerre injuste et criminelle menée par les leaders arabes et palestiniens contre Israël. Il est la conséquence de la guerre antisioniste.

    Cette guerre antisioniste n’est pas terminée. Mais elle n’est pas encore gagnée non plus. Les Palestiniens ont donc le choix entre la poursuite de la guerre antisioniste, ou la paix. Sachant bien que la paix avec les sionistes suppose que les Palestiniens prennent sur eux la culpabilité pour une guerre antisémite injuste et criminelle menée depuis 80 ans. Et qu’ils acceptent toutes les conséquences d’une telle culpabilité. Comme par exemple la forfaiture du ‘droit au retour’ des réfugiés de guerre. Parmi tant d’autres conséquences.

    Ce n’est pas facile pour l’honneur arabe et palestinien. Mais c’est nécessaire. Et c’est possible. Les Allemands l’ont fait. (Et il est temps que les Palestiniens échangent leur admiration pour l’Allemagne nazie contre une admiration pour l’Allemagne démocratique d’aujourd’hui.)

  • Martin Malliet

    Restaurez mon commentaire, svp. Ce n’était pas du spam! Juste une opinion diamétralement opposée à la vôtre. Et nettement mieux fondée que la vôtre, à mon avis. D’accord: c’est au lecteur d’en juger, et non à moi. Mais pour cela il devrait pouvoir le lire d’abord!

  • Martin Malliet

    Quand j’ai appris la déclaration du Président Macron sur l’antisionisme ‘réinvention de l’antisémitisme’, ma première réaction était de me dire: mais sait-il seulement ce qu’il a pris sur lui en disant cela? Ne jamais rien céder à l’antisionisme? Sait-il qu’il va devoir être beaucoup plus clair s’il ne veut pas que cela reste des paroles en l’air?

    Votre article est une très bonne illustration de ce que je voyais venir. Car les antisionistes sont comme les antisémites, ils ne comprennent jamais en quoi ils sont antisémites. S’ils le comprenaient, ils ne le seraient pas!

    Les subtilités du genre antisionisme = antisémitisme ne suffisent donc pas: le Président Macron va devoir parler beaucoup plus clairement aux antisionistes pour être entendu. En disant à peu près ceci:

    Non, ce n’est pas la propagande sioniste qui travestit la réalité du drame palestinien. C’est bien la propagande palestinienne qui est mensongère sur toute la ligne! Non, les terroristes palestiniens ne sont pas des victimes qui opposent une résistance à l’agression sioniste. Ils sont bel et bien les moudjahidin faisant la ‘guerre sainte’ aux Juifs d’Israël, une guerre antisémite qui a commencé avec la révolte arabe de 1936-39 dirigée à la fois contre la puissance mandataire britannique en Palestine et contre la communauté juive en Palestine.

    Certes, cette ‘guerre sainte’ était motivée par le projet sioniste de fonder un état en Palestine. Un état qui deviendrait juif par l’immigration des Juifs persécutés un peu partout dans le monde, y compris dans le monde arabe. Et dans lequel les Arabes musulmans et chrétiens deviendraient une minorité.

    Certes, on peut comprendre que cette perspective n’enchantait pas la population arabe de Palestine. Et qu’ils auraient préféré que les Juifs fondent leur état ailleurs qu’en Palestine.

    Mais, mais: on ne pourra jamais comprendre que leurs leaders aient simplement refusé d’entrer en négociation avec les sionistes pour trouver un compromis honorable. On ne pourra jamais accepter qu’ils se soient comportés comme s’ils étaient en droit de rejeter purement et simplement le projet sioniste de leurs concitoyens juifs. On ne pourra jamais admettre la mauvaise foi antisémite dont ils ont fait montre en accusant les sionistes de vouloir déposséder et expulser la population arabe de Palestine, quand au contraire le projet sioniste et le mandat britannique prévoyaient tous les deux expressément le respect du droit de toutes les populations présentes en Palestine.

    Et pourtant, c’est exactement comme cela que les leaders arabes se sont comportés: en plaçant leur droit au-dessus du droit de tous les autres, et au-dessus du droit des Juifs sionistes tout particulièrement. En défendant ensuite leur droit à la suprématie par la violence et la guerre. Et en ayant le culot de prétendre jusqu’aujourd’hui que cette ‘guerre sainte’ fût une guerre juste, et non pas une guerre antisémite injuste et criminelle!

    Voilà la réalité du drame palestinien: il est la conséquence d’une guerre injuste et criminelle menée par les leaders arabes et palestiniens contre Israël. Il est la conséquence de la guerre antisioniste.

    Cette guerre antisioniste n’est pas terminée. Mais elle n’est pas encore gagnée non plus. Les Palestiniens ont donc le choix entre la poursuite de la guerre antisioniste, ou la paix. Sachant bien que la paix avec les sionistes suppose que les Palestiniens prennent sur eux la culpabilité pour une guerre antisémite injuste et criminelle menée depuis 80 ans. Et qu’ils acceptent toutes les conséquences d’une telle culpabilité. Comme par exemple la forfaiture du ‘droit au retour’ des réfugiés de guerre. Parmi tant d’autres conséquences.

    Ce n’est pas facile pour l’honneur arabe et palestinien. Mais c’est nécessaire. Et c’est possible. Les Allemands l’ont fait. (Et il est temps que les Palestiniens échangent leur admiration pour l’Allemagne nazie contre une admiration pour l’Allemagne démocratique d’aujourd’hui.)

  • Martin Malliet

    Le sionisme est abhorré par la majorité de l’humanité? Bien entendu! Et c’est justement ce qui prouve le bien-fondé de l’équivalence antisionisme = antisémitisme que le Président Macron a mise en avant. Car la majorité de l’humanité est probablement antisémite. C.à.d. elle hait les Juifs. Ou en tout cas elle hait les Juifs d’Israël. Plus les Juifs pro-israéliens. Surtout quand ils vivent aux Etats-Unis. Et encore plus quand ils sont riches. Les seuls Juifs qu’elle veut bien ne pas haïr, cette majorité de l’humanité, ce sont les Juifs antisionistes: parce qu’ils l’aident à maintenir la prétention que leur haine n’est pas pour les Juifs, mais pour l’idéologie sioniste seulement. – J’accepterais volontiers que cette prétention soit vraie dans 35% des cas (par exemple), si dorénavant tous les antisionistes qui ne sont pas antisémites acceptaient de limiter leur combat à la seule idéologie sioniste, et défendaient en même temps les Juifs, en Israël ou ailleurs, contre les agressions venant des antisionistes qui sont vraiment antisémites. Comme ça on pourrait vérifier si l’équivalence antisionisme = antisémitisme est toujours vraie à 100% ou seulement dans 65% des cas (dans le même exemple). – Mais d’ici là je reste avec les 100% (non pas de l’humanité, mais des antisionistes qui sont antisémites). Car la simple négation ne suffit jamais comme preuve dans cette affaire. Je n’ai pas encore rencontré un seul antisémite qui se reconnaissait antisémite. C’est même le propre de l’antisémite qu’il ne se reconnaît pas du tout antisémite, mais se croit amplement justifié dans sa haine des Juifs par tous les préjugés qu’il nourrit à leur encontre. Préjugés qui pour lui ne sont pas des préjugés du tout, mais des faits universellement reconnus! Ou tout au moins reconnus par la majorité de l’humanité qui est antisémite. Et la boucle est bouclée.

    • Mylene de Jesse

      Très intéressant votre commentaire « Le sionisme est abhorré… boucle est bouclée ».
      Si je peux, je le replacerai, avec votre permission.

      • Martin Malliet

        Mylène de Jesse – Mais bien sûr, c’est pourquoi je l’ai posté après tout! J’ai essayé aussi de poster le lien vers ma page facebook, où je suis en train de rassembler des liens utiles sur la question antisionisme = antisémitisme avec mes commentaires, mais le site a supprimé ce commentaire. Les liens sont prohibés, je crois.

      • Martin Malliet

        Fofana et consorts, tout comme Dieudonné et ses fanatiques, représentent pour moi l’antisémitisme d’en bas, qui ne pourra être contrôlé tant que l’antisémitisme d’en haut ne cesse pas. Comment voulez-vous que comprenne Dieudonné Mbala Mbala cet appel de Jean Daniel à ne pas confondre l’antisionisme acceptable des uns et l’antisémitisme inacceptable des autres? (Dans le Nouvel Obs: « M. Macron, ne confondez pas antisionisme et antisémitisme. ») – C’est pourquoi je pense qu’il est important de ne pas se laisser aller à vouloir trop expliquer, mais de se concentrer vraiment sur l’essentiel: l’antisionisme d’en haut. Je suis ainsi assez content de ma démonstration (sur ma page facebook) de l’antisémitisme implicite chez le Général de Gaulle dans sa fameuse conférence de presse sur Israël en 1967, car elle est tellement simple. On finit alors par comprendre à quel point cet antisémitisme implicite est un trou noir qui engloutit toute raison politique pour ne plus la laisser réapparaître. Prenons la crise actuelle des portiques, où le Conseil de Sécurité est encore une fois convoqué pour discuter du problème. Etant donné que le seul problème qui vaudrait d’être discuté est la disparition de la raison politique, la disparition de cette raison empêche évidemment le Conseil de Sécurité d’en discuter. Avec les résultats que l’on connaît. – Il est possible que la ‘déclaration de Macron’ restera suspendue en l’air et qu’il oubliera d’en tirer les conséquences. Mais il se peut aussi qu’il se réserve à préparer dans le calme une action avec quelque chance de réussite dans la durée. Et ne veut pas se laisser distraire entretemps par les ‘soubresauts du temps court’. C’est en tout cas ce que j’espère.

      • Martin Malliet

        Sur le sionisme comme ‘droit des Juifs de retourner dans leur pays d’origine’ je suis quand-même d’un avis assez différent. Car contrairement au droit naturel des gens (et leur propriété privé en particulier, leurs terres, leurs maisons, leur vie), le ‘droit à l’autodétermination des peuples’ est une idée assez idéologique et difficile à objectiver. Etant donné que les dirigeants arabes et palestiniens ont toujours semblé confondre les deux, comme si le projet politique de fonder un état juif en Palestine signifiait ipso facto l’expropriation et l’expulsion de la population arabe (et la fondation d’un état palestinien l’expropriation et l’expulsion des colons juifs), je préfère ne pas parler d’un droit sioniste à fonder un état juif en Palestine, mais d’une simple prétention (appuyées par toute une série de raisons plus ou moins compréhensibles). Une prétention qui entrait alors en conflit avec la prétention opposée des dirigeants arabes. Jusque-là rien d’anormal, les conflits d’intérêts sont l’essence même de la vie sociale et politique. Ce que l’on doit juger en revanche, c’est la manière dont les parties s’y prennent pour les résoudre. Par la négociation de bonne foi en vue d’un compromis, en y mettant un minimum de bonne volonté? Ou par la violence et la guerre? Et là, le jugement devient dévastateur pour les antisionistes arabes et palestiniens, et pour leurs complices occidentaux.

      • https://www.facebook.com/martin.malliet Martin J. Malliet

        [2/2] Cette ambiguïté occidentale ne peut pas être comprise autrement que comme de la faiblesse. Par les criminels tout d’abord et les islamistes en particulier. Mais aussi par les Musulmans respectueux du droit et tolérants envers l’Occident. Qui sont les premiers à devoir mener ce combat contre les islamistes, là-bas comme ici. Mais qui ne reçoivent donc pas l’assurance qu’ils ont des alliés en Occident. Des alliés qui voient clair et ne se trompent pas d’ennemi. Des alliés qui sont courageux et prêts à tout faire pour vaincre. Mais avant tout des alliés qui ne sont pas hypocrites et sur lesquels ils peuvent compter. – Winston Churchill avait le courage d’insister pour boire du champagne dans la présence d’Abulaziz ibn Saud. Mais avait-il le courage d’aller plus loin? On ne sait pas en tout cas comment il a répondu à la demande d’Abdulaziz: « Ne me demande pas d’aimer les Juifs, ce serait contraire à ma religion. » Et on peut donc craindre qu’il ait choisi d’éviter la confrontation. Exactement comme on le fait encore aujourd’hui.

  • Martin Malliet

    [5me partie sur 5] Cette guerre antisioniste n’est pas terminée. Mais elle n’est pas encore gagnée non plus. Les Palestiniens ont donc le choix entre la poursuite de la guerre antisioniste, ou la paix. Sachant bien que la paix avec les sionistes suppose que les Palestiniens prennent sur eux la culpabilité pour une guerre antisémite injuste et criminelle menée depuis 80 ans. Et qu’ils acceptent toutes les conséquences d’une telle culpabilité. Comme par exemple la forfaiture du ‘droit au retour’ des réfugiés de guerre. Parmi tant d’autres conséquences.

    Ce n’est pas facile pour l’honneur arabe et palestinien. Mais c’est nécessaire. Et c’est possible. Les Allemands l’ont fait. Et il est temps que les Palestiniens échangent leur admiration pour l’Allemagne nazie du passé contre une admiration pour l’Allemagne démocratique d’aujourd’hui.

  • Martin Malliet

    [4me partie sur 5] Et pourtant, c’est exactement comme cela que les leaders arabes se sont comportés: en plaçant leur droit au-dessus du droit de tous les autres, et au-dessus du droit des Juifs sionistes tout particulièrement. En défendant ensuite leur droit à la suprématie par la violence et la guerre. Et en ayant l’outrecuidance de prétendre jusqu’aujourd’hui que cette ‘guerre sainte’ fût une guerre juste, et non pas une guerre antisémite injuste et criminelle!

    Voilà la réalité du drame palestinien: il est la conséquence d’une guerre injuste et criminelle menée par les leaders arabes et palestiniens contre Israël. Il est la conséquence de la guerre antisioniste.

  • Martin Malliet

    [3me partie sur 5] Certes, on peut comprendre que cette perspective n’enchantait pas la population arabe de Palestine. Et qu’ils auraient préféré que les Juifs fondent leur état ailleurs qu’en Palestine.

    Mais, mais: on ne pourra jamais comprendre que leurs leaders aient simplement refusé d’entrer en négociation avec les sionistes pour trouver un compromis honorable. On ne pourra jamais accepter qu’ils se soient comportés comme s’ils étaient en droit de rejeter purement et simplement le projet sioniste de leurs concitoyens juifs. On ne pourra jamais admettre la mauvaise foi antisémite dont ils ont fait montre en accusant les sionistes de vouloir déposséder et expulser la population arabe de Palestine, quand au contraire le projet sioniste et le mandat britannique prévoyaient tous les deux expressément le respect du droit de toutes les populations présentes en Palestine.

  • Martin Malliet

    [2me partie sur 5] Non, ce n’est pas la propagande sioniste qui travestit la réalité du drame palestinien. C’est bien la propagande palestinienne qui est mensongère sur toute la ligne! Non, les terroristes palestiniens ne sont pas des victimes qui opposent une résistance à l’agression sioniste. Ils sont bel et bien les moudjahidin faisant la ‘guerre sainte’ aux Juifs d’Israël, une guerre antisémite qui a commencé avec la révolte arabe de 1936-39 dirigée à la fois contre la puissance mandataire britannique en Palestine et contre la communauté juive en Palestine.

    Certes, cette ‘guerre sainte’ était motivée par le projet sioniste de fonder un état en Palestine. Un état qui deviendrait juif par l’immigration des Juifs persécutés un peu partout dans le monde, y compris dans le monde arabe. Et dans lequel les Arabes musulmans et chrétiens deviendraient une minorité.

  • Martin Malliet

    [1re partie sur 5] Quand j’ai appris la déclaration du Président Macron sur l’antisionisme ‘réinvention de l’antisémitisme’, ma première réaction était de me dire: mais sait-il seulement ce qu’il a pris sur lui en disant cela? Ne jamais rien céder à l’antisionisme? Sait-il qu’il va devoir être beaucoup plus clair s’il ne veut pas que cela reste des paroles en l’air?

    Votre article est une très bonne illustration de ce que je voyais venir. Car les antisionistes sont comme les antisémites, ils ne comprennent jamais en quoi ils sont antisémites. S’ils le comprenaient, ils ne le seraient pas!

    Les subtilités du genre antisionisme = antisémitisme ne suffisent donc pas: le Président Macron va devoir parler beaucoup plus clairement aux antisionistes pour être entendu. En disant à peu près ceci:

  • Martin Malliet

    [2/2] Les choses sont pourtant claires. A force de vous victimiser, vous vous condamnez à tourner en rond et à rester l’éternel victime des criminels politiques qui dans votre propre société passent à l’action. En tant que journaliste vous avez pourtant le devoir d’armer la société civile (ou le peuple) dans sa tâche quotidienne de contrôler le gouvernement politique: pour faire en sorte qu’il reste à tout instant représentatif des intérêts du peuple et respectueux de ses droits. En ce moment et depuis un certain temps déjà, les criminels politiques qui menacent le plus la représentativité du gouvernement dans le monde arabo-musulmans sont les islamistes. Les islamistes sont dans l’ensemble aussi des antisionistes et antisémites invétérés. Je ne comprends donc pas pourquoi vous ne voulez pas vous ranger du côté du Président Macron pour les combattre. En commençant par expliquer à vos lecteurs que leur engagement antisioniste est tout sauf un ‘engagement pour la justice et la paix dans le monde’.

  • Martin Malliet

    [1/2] Libye et Sarkozy (ou: Irak et Bush) – Vous devez quand-même vous rendre compte que vous raisonnez comme un ‘colonisé naturel’ quand vous attribuez ‘la destruction de la Libye et la descente aux enfers de son peuple’ aux seuls crimes de Sarkozy contre le peuple libyen inspirés par BHL! Comme si le peuple libyen et ses hommes politiques étaient complètement étrangers à l’affaire, n’existaient en somme pas en tant qu’acteurs, mais ne faisaient que subir les interventions de l’ancienne puissance coloniale. – Entretemps votre point de vue a gagné des adhérents même en Occident, qui considèrent que la guerre en Irak (2003) était sinon un crime, du moins une erreur qui a conduit à la déstabilisation de toute la région. Comme si l’on pouvait être certain qu’en l’absence de toute intervention occidentale, la région serait restée stable et pacifique grâce à la dictature de Saddam Hussein! Une dictature bien plus brutale encore que celle de la famille Assad. Que les ‘colonisés naturels’ comme vous ne manqueraient pas de reprocher aux anciennes puissances coloniales de soutenir d’une manière ou d’une autre.

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