Dans notre société, à l’approche du mois de novembre, les violences faites aux femmes restent trop souvent invisibles, dissimulées derrière des discours culpabilisants, des stéréotypes persistants ou des statistiques qui peinent à rendre compte de la réalité vécue par les victimes. Pourtant, derrière chaque chiffre, il y a une histoire, une voix qui mérite d’être entendue. Une chose est sûre : la persistance de ces violences se manifeste à travers deux drames récents, à savoir le meurtre d’une jeune mère à Jbel Jelloud et l’accident survenu à Jendouba, qui a blessé onze ouvrières agricoles transportées dans un camion. Encore une fois, la violence a frappé.
L’association tunisienne des Femmes démocrates ATFD estime que ces événements ne sont pas des faits isolés, mais révèlent des défaillances structurelles : application insuffisante des lois, absence de textes d’application, manque de données fiables et faible protection sociale des travailleuses agricoles. Elle rappelle notamment la loi de 2017 contre les violences faites aux femmes et le cadre légal relatif au transport des travailleurs agricoles.
L’ATFD souligne que 19 accidents liés au transport agricole ont été recensés depuis 2024, causant dix morts et près de 190 blessés. Elle demande une enquête transparente sur l’accident de Jendouba, la prise en charge complète des victimes, des transports sûrs, une protection sociale effective et l’accélération de la publication des textes réglementaires nécessaires.
Concernant les violences conjugales et les féminicides, l’ATFD réclame des moyens humains et financiers suffisants, des unités spécialisées renforcées, des procédures de protection plus rapides et une reconnaissance juridique spécifique des féminicides dans le droit pénal tunisien. Son message central est que les lois existent, mais que leur application concrète reste décisive pour protéger efficacement les femmes.