La Tuniso-Saoudienne d’Investissement (TSI) réunit ses actionnaires le lundi 23 novembre 2026, à son siège du Centre urbain nord à Tunis. Objectif : constater les postes vacants au conseil d’administration, proposer des nominations provisoires, puis nommer de nouveaux dirigeants et recomposer le conseil.
Cette étape intervient après l’un des plus gros scandales financiers de ces dernières années en Tunisie. En effet, en avril 2025, le Conseil du marché financier (CMF) révélait une enquête ouverte depuis janvier, mettant au jour des fonds propres insuffisants et de graves failles de gouvernance. Le commissaire aux comptes alertait lui aussi le régulateur, puis saisissait le procureur.
Le 30 avril 2025, le CMF transmettait le dossier à la justice, en visant la société et son ancien PDG… En mai 2025, un administrateur judiciaire était nommé, puis, le 16 juin, trois mandataires prenaient en charge la gestion de TSI.
Le 5 décembre 2025, le tribunal autorisait une reprise progressive de l’activité, effective le 15 décembre. Mais cette reprise reste encadrée : les anciens comptes sont transférés vers des comptes libres, les retraits y sont interdits et les rachats d’OPCVM comme les transferts de titres demeurent suspendus. De nouveaux comptes offrent bien tous les services habituels, mais cela ne rend pas aux clients la libre disposition de leurs avoirs. Beaucoup d’épargnants attendent donc toujours de récupérer leur argent.
Plusieurs questions restent sans réponse : qui dirigera TSI ? Les actionnaires de référence siégeront-ils au conseil ? Où en sont les poursuites contre les anciens dirigeants ? Et surtout, où en est le recouvrement des fonds ? Et tout porte à croire que les futures nominations ne suffiront pas, et que la confiance ne reviendra qu’avec des réponses concrètes à ces questions pour les clients lésés.