La cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, a prononcé, le jeudi 29 octobre 2026, le discours de la Tunisie lors de l’ouverture du 3e Sommet Russie-Afrique, organisé au Kremlin, sous la présidence de Vladimir Poutine.
Dans son intervention, la cheffe du gouvernement a souligné que les relations entre la Tunisie et la Russie reposent sur des liens historiques, culturels et humains profonds entre les deux peuples. Elle a évoqué notamment la commémoration du centenaire du hissage du drapeau de la flotte maritime russe à Bizerte, en octobre 1924. Elle a rappelé le rôle important joué par l’Union soviétique dans l’appui au développement de la Tunisie, notamment à travers la formation d’ingénieurs tunisiens, la réalisation de projets scientifiques et de développement, ainsi que la coopération dans le secteur de la santé et d’autres domaines essentiels. Mme Zaâfrani a salué au passage le niveau des relations bilatérales et réaffirmé la volonté de la Tunisie de les renforcer sur la base de l’intérêt commun et du respect mutuel.
Abordant le contexte international, elle a estimé que le Sommet se tient dans une période marquée par des crises multiples, des tensions, des conflits armés, des perturbations économiques et énergétiques, des menaces sanitaires et les effets du changement climatique. Selon elle, ces défis ne sont plus confinés à un espace géographique déterminé, mais présentent des dimensions mondiales interconnectées qui exigent des réponses globales et une solidarité internationale effective.
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Dans ce cadre, la cheffe du gouvernement a présenté la vision tunisienne du partenariat russo-africain, fondée sur la conviction que les défis du continent africain nécessitent davantage de solidarité, de concertation et de coordination entre les pays africains. Elle a appelé à faire évoluer les cadres de coopération vers des partenariats pratiques, durables et capables de répondre aux priorités de développement et de sécurité de l’Afrique.
Elle estime que l’instauration de la paix et de la sécurité constitue une condition fondamentale pour réaliser le développement sur le continent. De ce fait, la prévention des conflits reste plus efficace et moins coûteuse que la gestion de leurs conséquences, assure la cheffe du gouvernement. Et de plaider, par conséquent, pour le renforcement de la diplomatie préventive et le soutien aux mécanismes de l’Union africaine relatifs à l’alerte précoce, à la médiation et au règlement pacifique des différends, insistant aussi sur la nécessité de traiter les causes profondes des tensions, notamment la vulnérabilité économique et sociale, la marginalisation et l’exclusion.
Plaidoyer pour une sécurité alimentaire en Afrique
Concernant la sécurité alimentaire, la cheffe du gouvernement l’a présentée comme l’un des défis stratégiques majeurs de l’Afrique, en raison du changement climatique, de l’instabilité des marchés mondiaux, des perturbations des chaînes d’approvisionnement et de la pression croissante sur les ressources naturelles. D’où son appel au renforcement de la coopération dans l’agriculture et les industries agroalimentaires, à l’encouragement de l’investissement dans la production agricole, à l’amélioration de la gestion de l’eau et au développement des technologies, du stockage, de la transformation et de la distribution.
Sur le plan sanitaire, Mme Zaâfrani soulignera l’importance de renforcer les capacités des systèmes de santé africains en matière de prévention et de réponse aux crises. Dans ce sens, elle appelle à une coopération régionale accrue face aux épidémies transfrontalières, notamment la récente épidémie d’Ebola, et plaide également pour le renforcement de la recherche scientifique, de la formation médicale, de la production locale de médicaments et de vaccins…
Le domaine de l’énergie n’est pas en reste. La cheffe du gouvernement estime nécessaire d’encourager les investissements conjoints dans les infrastructures énergétiques, d’échanger les expertises en matière de technologies et d’efficacité énergétique, de soutenir l’innovation et de faciliter le financement des projets. Elle a défendu un accès élargi à une énergie moderne, fiable et abordable, fondé sur la justice et l’équité, ainsi qu’une transition énergétique juste tenant compte des priorités africaines…
Dans cette optique, Sarra Zaâfrani Zenzri a salué le plan d’action du partenariat Afrique–Russie 2027–2029, couvrant notamment le commerce, l’investissement, la santé, l’énergie, les ressources naturelles, la technologie, l’économie numérique, l’éducation et la culture. Elle a appelé à l’élaboration de programmes opérationnels pour sa mise en œuvre, réaffirmant la disponibilité de la Tunisie à y contribuer activement.
Enfin, elle a réaffirmé l’attachement de la Tunisie au multilatéralisme et à la coopération internationale, dénonçant au passage la crise de confiance qui affecte le système international, l’application sélective du droit international et l’incapacité à mettre fin à ce qu’elle a qualifié d’ »injustice historique et de génocide contre le peuple palestinien ». En outre, elle appelle à une réforme profonde des Nations unies, à une représentation équitable de l’Afrique et des pays en développement, et au respect du principe des « solutions africaines aux problèmes africains »…